Visualisation

On ne va pas se mentir, l’une des raisons sinon La raison principale pour laquelle certains d’entre nous ne parviennent pas à peindre une oeuvre nouvelle, originale, qui ressemblerait vraiment à ce que nous sommes à l’intérieur, c’est que nous ne savons pas visualiser ce qu’elle pourrait être.

C’est à mon avis le premier stade de l’humilité en matière de créativité. Prendre vraiment conscience de cette incompétence.

La plupart du temps nous bottons en touche en disant, « je ne sais pas », « je n’y arrive pas », « je ne sais pas trop où je vais » où encore  » faisons confiance au hasard »,  » partons à l’aventure on verra bien » et le résultat a toujours plus ou moins quelque chose de décevant si nous sommes vraiment honnêtes avec nous mêmes, car ce n’est pas nous qui avons réalisé l’oeuvre vraiment, c’est plus un coup de chance, un hasard justement et nous nous sentons « dépossédé » de quelque chose.

En même temps dans mon expérience de peintre qui a énormément compté sur le hasard j’ai énormément appris de choses sur le hasard lui même et sur la façon de se connecter à celui ci au plus près. Mais cela je ne l’ai pas fait en quelques jours, il m’aura fallu des années de travail.

Et s’il m’a fallu tant de temps je crois que la raison principale est une forme d’ignorance, de prétention ou d’orgueil avec son pendant immédiat, sa source, le manque de confiance en moi et la sensation perpétuelle d’avoir à affronter un vide mal déterminé, illimité.

Pour m’en sortir j’ai utilisé tout un tas de trucs de stratégies plus ou moins foireuses mais cela ne changeait rien à l’essentiel, d’où venait ce manque de confiance et comment le regarder dans le blanc des yeux vraiment.

Car c’est très facile aussi de dire « je n’ai pas confiance en moi » que ce soit à voix haute ou dans un continuel monologue intérieur, ça ne permet nullement de l’accepter vraiment, profondément. Donc la première chose à faire à mon avis c’est cela c’est prendre conscience vraiment de son incompétence, non pas comme un drame, une tragédie, quelque chose de honteux, de culpabilisant, mais plutôt comme un état de fait, un point de départ.

Une fois que l’on sait vraiment d’où l’on part il faut aussi se demander où on veut aller.

Cette question aussi prend parfois un temps dingue. En ce qui me concerne j’ai eu envie d’aller partout dans le domaine de la peinture, j’ai testé tout un tas de manières, de styles, de techniques, sans jamais me poser cette question essentielle de savoir où je désirais vraiment aller dans mon art.

Il s’en est suivi des quantités incroyables de tableaux, de dessins, de travaux plus ou moins aboutis qui sont restés longtemps dans les tiroirs ou sur les étagères de la pièce dans laquelle je stock mes tableaux.

Quand on ne sait pas d’où on part et qu’on ne sait pas où aller, dans n’importe quel domaine que ce soit, il est certain que l’on courre à la catastrophe.

Cette catastrophe elle est arrivée plusieurs fois sous la forme de dépression, de colère, de rage, toutes les manifestations de l’impuissance en somme.

Et puis à un moment donné la répétition devient fatigante alors on est obligé de se calmer de se poser et de réfléchir un peu différemment.

Une des clefs que j’ai pu trouver pour commencer à devenir constructif en peinture c’est la visualisation.

C’est à dire commencer à imaginer une oeuvre dans ses grandes lignes tout d’abord, selon un format, une gamme de couleurs chaudes ou froides, et puis peu à peu comme on tourne la bague de mise au point d’un objectif d’appareil photographique accroitre la netteté, la précision, le détail.

C’est quelque chose que tout le monde peut faire, que tout le monde fait même sans s’en apercevoir la plupart du temps, mais souvent hélas pour les choses négatives.

Nous sommes tout à fait habitués à visualiser les pires choses qui pourraient nous arriver, et c’est d’ailleurs sur cette faculté d’imagination que se fondent les assurances de tout poil pour nous attirer.

Au besoin les scénarisations de tragédie hypothétique peuvent aussi être employées à des fins de prévention dans le domaine de la sécurité routière, dans la sécurité des centrales nucléaires , dans le domaine bactériologique, dans le domaine politique également quand on veut nous faire peur par exemple avec « l’invasion des migrants » et ainsi obtenir plus d’électeurs en faveur de la « fermeture des frontières » etc, etc.

La visualisation n’est donc pas un outil qui nous est étranger. Cependant que nous ne savons pas le contrôler en notre faveur, à notre avantage.

Visualiser de mieux en mieux et à notre profit cela s’apprend, il y a des techniques de visualisation bien sur et l’on peut encore perdre un bon bout de temps à tenter d’aller chercher chez les autres ce que nous ne voulons pas chercher en nous-mêmes.

A mon avis si nous arrivons à comprendre la moindre ligne d’un livre c’est que nous avons déjà la connaissance de ce dont ce livre parle. Une connaissance intuitive la plupart du temps non analysée par la pensée, par le décorticage, et lire un livre nous permet alors d’effectuer comme une vérification et une synthèse de cette intuition première, une actualisation d’une très ancienne connaissance et qui peut désormais être verbalisée, utilisée.

Donc on peut avoir besoin de livres, de vidéos, de podcasts sur la visualisation pour tenter d’actualiser toutes nos connaissances dans la matière. Cela évidemment nous apportera une foule d’informations plus ou moins contradictoires les unes les autres et nous resterons encore bloqués. Car recueillir l’information ne suffit pas, encore faut-il savoir la trier, la classer, prioriser l’important l’essentiel, de l’inutile et ce non d’un point de vue général, mais de notre propre point de vue.

Cela demande d’avoir évidemment un point de vue sur la question… et comment en obtenir un fiable sinon en passant à l’action, en expérimentant ce que l’on croit avoir compris pour décider déjà si on a bien comprit et si cela nous apporte vraiment quelque chose.

Ainsi en écrivant le mot visualisation tout en haut de cet article, je n’avais pas du tout d’idée générale, je ne visualisais pas l’ensemble des idées de cet article, je n’ai pas fait de plan, j’ai fait comme d’habitude, en écrivant au fur et à mesure ce qui me passe par la tête.

Je vous l’avoue j’adore écrire comme ça, c’est la partie la plus facile en fait.

Mais quelle serait la forme de cet article si tout à coup je tentais d’en organiser les idées par ordre d’importance personnelle ? En cherchant quelques références sur le net sur ce qu’est la visualisation, en l’illustrant de photographies, de graphiques, de chiffres … en détachant chaque sous partie avec une police grasse qui attire l’oeil et révèle ainsi l’essentiel à celui qui a un regard exercé?

Est ce que vous le voyez cet article lorsque je vous en parle de cette façon ?

Bravo alors tu viens de comprendre ce que je voulais dire par visualisation.

Oui bon d’accord, mais concrètement comme s’y prendre pour peindre ?

Ok il y a plein de portes d’entrées et je ne vais pas les citer ici pour ne pas alourdir de trop cet article.

Je vais juste proposer un exemple.

Les poètes et la poésie en général est un très bon vecteur de visualisation pour peindre des œuvres d’imagination, il suffit d’ouvrir un livre ou de chercher un peu sur internet et trouver un texte qui nous fait vibrer et le lire à haute voix plusieurs fois, nul doute qu’ainsi ne se forme dans votre esprit des images, et mêmes des sons, comme une musique, qui pourraient alors devenir le support d’un tableau à venir.

Dans cet exemple le critère de réussite personnelle que vous pourriez alors décider c’est que le tableau vous procure le même type d’émotion que le poème, ou plus simplement si vous le placer à coté de celui ci relisez à nouveau à voix haute, et sentez si ça matche …

La visualisation est comme le sport il ne faut pas espérer courir un marathon quand vous n’avez jamais courru. Il faut s’y prendre progressivement, doucement, petit pas après petit pas. Le choix des formats sur lesquels vous désirerez de vous entraîner peu s’avérer aussi important pour ne pas vous « essoufler » et ainsi obtenir des résultats en accord avec le temps dont vous disposerez.

Si vous éprouvez des difficultés vous pouvez par exemple aussi commencer par placer un objet, un fruit, un légume que vous appréciez devant vous, le dessiner une première fois et le peindre en vous appuyant sur ce que vous voyiez. Cela vous permettra de réaliser une étude.

Puis ensuite prenez une nouvelle feuille, retirez l’objet et dessinez le de mémoire. vous verrez qu’il y a des liens entre mémoire et visualisation auxquels on ne pense pas toujours.

Une autre possibilité

En prenant un tableau d’un peintre que vous appréciez comme modèle vous le regardez attentivement puis vous créer un autre tableau personnel celui ci avec le meme jeu de couleurs que celui du modèle.. Et ensuite vous mettez les deux cote à cote avec un logiciel de montage

En espérant que ce petit article à propos de la visualisation vous apporte un peu de grain à votre moulin. Belle journée !

quelques sites parlant de l’union poésie peinture https://www.lesatamanes.com/article/peinture-et-poesie-jolie-histoire-d-une-relation-amoureuse

Celui de Christine, une de mes collègues peintre https://christine-nova-larue.art/

Celui de Laurence https://wordpress.com/read/blogs/61917905/posts/14552

Celui de Francine https://wordpress.com/read/blogs/22398941/posts/4894

prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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