Qu’est ce que l’art aujourd’hui ? Tout le monde a sa petite définition de ce qu’est l’art, mais aucune ne fonctionne vraiment. Il semble bien qu’il y ait autant d’arts que de personnes qui se mêlent de vouloir en parler.

Je crois que c’est vraiment un faux problème, une tarte à la crème monumentale. Plutôt que de parler d’art il serait bien mieux de parler des artistes et des intentions qu’ils ont cru déposer dans leurs œuvres, parfois de façon juste, mais aussi parfois aussi en s’égarant totalement.

Ce qui reste de tout cela ce sont les « chefs d’œuvres  » ce sont des jalons tous plus ou moins précieux de l’histoire de l’art. Il y a ceux que l’on nomme « majeurs » et puis toute la kyrielle des œuvres dites « mineures » et ce qui est drôle c’est que ce classement peut changer avec le temps, certains chef d’œuvres de naguère n’intéresse plus grand monde alors que soudain il suffit qu’un curator quelconque redécouvre un peintre et organise un événement autour de celui ci pour le remettre à la mode du temps.

L’art subit les vicissitudes de la mode, et du temps, de l’air du temps pour le public au sens large tout simplement parce qu’on ne cesse de lui indiquer ce que doit être l’art, et les artistes.

Il est difficile de s’extirper de ce bourbier de la rumeur et se faire une opinion personnelle dans le domaine de l’art prend du temps, demande une forme de solitude particulière comme aussi des mentors pour apprendre la raison d’une oeuvre, la raison d’un tableau.

Cela demande un effort évidemment, et nous sommes désormais dans un univers pressé et ou le « tout tout de suite » prime. Cette rapidité, cette vitesse à laquelle les choses mutent et se transforme, l’art n’y échappe pas dans sa définition de marchandise uniquement et heureusement.

L’art reste un mystère insondable et c’est très bien comme cela. En pratiquant la peinture moi-même je me sens proche de mes frères et sœurs qui s’enfonçaient dans le ventre de la terre pour s’éclairer chichement d’une chandelle et peindre des merveilles sur les parois des grottes.

Il y a quelque chose de sacré dans la relation de tout artiste à l’art et ce qu’il se l’avoue ou pas. Ce qui est sacré ce n’est pas du domaine du surnaturel quand j’y réfléchis, mais du domaine de l’humain. Se sentir dans une grande filiation avec tous les peintres quelqu’ils aient pu être dans le passé, me rapproche quant à moi de leurs préoccupations, de leurs doutes et de leurs joies, dans un sens d’une fraternité, bien sur imaginaire que je n’ai jamais voulu trouver avec les autres peintres vivants autour de moi vraiment car je sais bien qu’elle n’est que fantasme. Que les peintres restent aussi des être humains avec leurs qualités et leurs défauts.

L’art est un support de rêve et de liberté en ce qui me concerne mais j’aurais tendance à tempérer mon opinion sur les artistes qui ne sont que des femmes et des hommes soumis à la pulsion, au mensonge, à la fourberie parfois bien plus que le quidam moyen. C’est sans doute parce qu’il faut passer par la démesure de l’ego pour s’engager dans une voix artistique. Même si à terme, cet ego n’a plus d’importance et qu’il ne reste au final que la trace d’un passage, une oeuvre et c’est toujours à une postérité d’inventer sa propre définition de l’art, pas vraiment aux artistes dont le regard reste hypnotisé par un reflet dans un tableau.

prof d'arts plastiques, fabriquant de tableaux. @patrickblanchon38550 http://patrickblanchon.com

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