Le départ de Nausicaa

C’est un matin d’hiver comme celui ci que j’ai senti qu’il fallait que je me rende plus tôt à mon travail. J’avais laissé ma petite chatte de 22 ans chez le vétérinaire à coté de l’atelier que j’occupais à l’époque. La doctoresse avait été sympa elle m’avait annoncé la chose en douceur, les reins étaient bloqués, ils allaient la maintenir en dialyse, mais il ne fallait pas que j’espère de trop, elle ne passerait sans doute pas la nuit.

J’avais passé une nuit agitée, et j’avais conduit rapidement pour me rendre là bas. Par chance j’avais trouvé une place juste devant la clinique et je m’étais garé un peu n’importe comment, au moment où je poussais la porte ma culpabilité était extrême.

On ne sait pas comment c’est possible mais elle est toujours là m’avait dit la secrétaire médicale et elle m’avait tout de suite conduit à la petite pièce où Nausicaa se reposait dans une petite cage proprette. Quand nous entrâmes dans la pièce je vis sa petite tête se redresser avec peine et les yeux dans les yeux je m’approchais doucement d’elle comme un enfant.

J’avais du mal à retenir mes larmes, la secrétaire du le voir, elle nous laissa

Ce fut un moment d’éternité.

Les yeux jaunes verts de la chatte dans les miens et les miens dans les siens nous ne nous quittâmes pas du regard. Elle ne semblait pas effrayée, une dignité extraordinaire et je ne pu alors retenir mes larmes, j’ouvrais la porte de la cage pour la caresser et poser mon front contre le sien. 22 ans de compagnonnage valait bien cela. Elle ronronnait et râlait alternativement comme rassérénée par ma présence , elle avait traversé sa dernière nuit pour attendre ma venue, je le sentais, je le sentais tellement, j’en étais dingue d’admiration et de douleur en même temps.

Elle s’éteignit tout doucement toujours digne en me fixant du regard, ce regard à l’apparence si froide qu’ont les chats tandis que je lui parlais doucement, je lui disais tu peux y aller maintenant je suis là. Et tout fut terminé d’un coup, j’entendis le tic tac de la pendule de la pièce grossir jusqu’à remplir toute la pièce, toute ma tête et tout mon coeur en même temps.

Ce jour là je donnais des cours à l’atelier tout à coté. La secrétaire m’avait promis que la clinique s’occuperait de tout. Je n’ai pas regardé à la dépense bien sur, mais c’était une assez grosse somme , il y avait une urne et puis en prime un sachet de graines à planter là où déciderai de déposer les cendres. Ce fut une des plus difficiles journées de mon existence.

Nous étions locataires et je ne m’imaginais pas la laisser là seule dans le jardin qu’un jour surement nous devrions quitter mon épouse et moi.

Alors j’ai emporté l’urne dans notre nouvelle maison quelques mois plus tard. Elle est sur le rebord des fenêtres de l’atelier, nous n’avons plus de jardin. De temps en temps quand je donne mes cours dans mon nouvel atelier, je glisse un regard par delà la verrière et je l’aperçois . Oh je ne vois pas l’urne bien sur, je vois ses beaux yeux verts jaunes qui me fixent pour toujours au travers des vitres toujours un peu sales.

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