Le petit sentier #9

Comment s’organiser sans avoir la sensation de se trahir.

C’est une forme de trahison qui me vient immédiatement à l’esprit lorsque je pense à m’organiser. Cela signifierait qu’en m’organisant, je me conférerait une fonction, un rôle qui ne m’appartiennent pas. Que je toucherais à quelque chose de sacré, que je considère sacré. A un ensemble insécable dont la vie, le destin, la fatalité, Dieu ou le diable m’auraient désigné comme dépositaire. Jusqu’à tardivement dans mon existence, j’ai mis de coté une possibilité importante sur laquelle je pouvais avoir la main. Le libre arbitre.

Ainsi on peut partir d’une impression d’orgueil et de prétention formidable pour parvenir aux fondements mêmes de celles ci. Une humilité qui ne se laisse pas attraper facilement.

Dans ce refus, cette croyance, les choix que j’ai du effectuer pour orienter ma vie tout d’abord puis mon travail de peintre, j’ai toujours préféré les reléguer au hasard, à l’inconscience. Ce fut une sorte de pari, un peu à la façon de Kafka qui écrivait dans son journal « qu’entre le monde et lui, il faudrait toujours que ce soit le monde qui gagne. »

Il y a dans le fondement de ma personnalité, de ma pensée une origine qui prend sa source dans une forme très ancienne de chamanisme, de rabbinisme, et de clownerie aussi, dont j’ignore tout des raisons véritables et d’ailleurs peu importe le pourquoi et le comment. Aujourd’hui je me penche sur la notion d’information, de tri, de rangement,de classement, d’ordre et de paix car toutes ces notions me paraissent indispensables désormais pour progresser plus avant dans la peinture, dans la vie.

Le mot de trahison peu paraître à première vue exagéré, mais il n’en est rien. Ce que j’ai voulu inscrire comme titre à la façon d’une accroche publicitaire, d’une boutade, dans le fond n’a pas surgit « pour rien ».

La trahison dont je veux parler se situe toujours dans cet interstice étroit que je ne cesse de surveiller, entre la justesse et l’écart, afin d’accueillir enfin la note parfaite. La trahison peut être cette volonté d’attente, de patience, comme d’insister sur cette position au détriment de toutes les autres.

Dans cet article je vais évoquer plusieurs notions auxquelles je donnerai ma propre définition en me basant sur mes connaissances et mon expérience. Je vais parler d’information, de sa raison d’être, puis de la dispersion de celle ci pour arriver à sa dévalorisation actuelle.

Ensuite à l’appui de cette somme de constats, je me poserai la question du retour. Comment revenir à la maison, revenir vers soi et montrer que finalement la nécessité de règles, de rituels que l’on doit construire par soi même est importante, vitale. Comment aussi on peut changer de point de vue, et s’éloigner du drame, de la sensation de trahison pour parvenir à un point de vue plus ludique plus apaisé en matière d’organisation.

Je suis peintre donc mon filtre est mon travail de peintre, mais il me semble que l’on pourrait lire ce texte tout aussi bien si l’on pratique une autre activité. Toutes les activités que nous pratiquons ne sont que des prétextes, des supports pour apprendre quelque chose qu’on le veuille ou non, que l’on en soit conscient ou pas. Dans le mot activité, à peine dissimulé se trouve le mot action. Dans le fond ce texte parle aussi d’action.

Seulement, et comment pourrait il en être autrement ? comment agir pour obtenir un résultat qui nous convienne personnellement, qui ne soit pas soumis à des généralités, à des poncifs, à l’effrayante idée de « faire comme tout le monde » quand on se rend bien compte que « tout le monde » ne veut rien dire, que « tout le monde », ça n’existe pas.

Alors en se découvrant seul au monde, et si l’on poursuit son raisonnement jusqu’à son terme, on découvre que chacun de nous sans exception est une île. Cela n’est pas triste, cela n’est pas dramatique ni tragique, et il est même possible d’en rire et d’en sourire.

N’est ce pas de la solitude de chacun finalement qu’une grande fraternité peut surgir comme cette note parfaite que je ne cesse de guetter entre doutes et certitudes.

Encore faut il s’entendre sur ce que chacun considère être sa propre solitude. Mais n’anticipons pas, ce sera l’objet d’un autre texte à venir.

1 L’information ne vaut rien.

Si l’information valait vraiment quelque chose de nos jours, vu la quantité d’informations à laquelle nous avons désormais accès, nous passerions notre temps à en tirer partie, nous serions infiniment savants dans de nombreux domaines, et nous réaliserions tout un tas de choses extraordinaires.

Cependant lorsque je regarde autour de moi, que j’effectue un vaste et rapide tour d’horizon, ce n’est pas le cas. Lorsque je regarde la somme de mes activités réelles pas celles que je fantasme la plupart du temps, je me rends bien compte du hiatus.

Nous avons accès à un potentiel de savoirs, de connaissances énormes dont nous ne cessons de nous empiffrer afin de tenter de combler un vide et, la plupart du temps nous ne savons pas quoi en faire, nous n’en faisons d’ailleurs rien.

Si je transpose ces quelques observations dans mon domaine, celui de l’art, de la peinture, je me rends compte du poids insupportable de toute l’histoire de l’art et de la peinture, quand je me connecte aux réseaux sociaux, et au web en général, je suis hébété par la foule incommensurable d’images de tableaux que je vois défiler. Le résultat principal de cette observation qui n’en est pas une, il s’agit plus d’une sidération c’est une forme d’hypnose. Je pourrais vite me sentir oppressé, découragé par la masse d’informations que je décide d’amasser sur les œuvres du passé et contemporaine et me dire que tout ayant déjà été fait, à quoi bon m’en mêler ?

2 Partir dans tous les sens

Il y a sans doute un rapport entre l’usage de la télécommande, et celle de la souris qui nous encourage à « zapper » sans relâche d’une chaîne de télévision à l’autre, d’un site internet à l’autre dans une sorte d’hébétude compulsive. Et pour mon compte le mot qui me vient tout de suite à l’esprit pour illustrer ce mouvement c’est la distraction. Nous cherchons à nous enfuir de quelque chose par la distraction. Chacun pourra trouver un terme personnel à ce que j’appelle « quelque chose ». Cela peut être aussi bien, les soucis professionnels familiaux que d’une fatigue psychique ou physique à la fin d’une journée de travail éreintante, cela peut aussi être une trop grande pression crée par le désir que l’on n’arrive jamais à satisfaire, comme un peintre qui voudrait peindre par exemple et qui n’y parvient pas.

Zapper, ou partir dans tous les sens, s’éparpiller me fait aussitôt penser à l’histoire d’Osiris assassiné par son frère Seth, puis dont la dépouille sera cachée par sa sœur et épouse Isis, pour être un peu plus tard redécouverte par Seth et démembrée. L’histoire se termine par une sorte de ligue de différents personnages de la mythologie Égyptienne autour de la figure d’Isis pour retrouver les morceaux éparpillés du cadavre.

Enfin une fois le corps d’Osiris reconstitué, il sera momifié, et son âme partira dans l’au delà où il deviendra le souverain et le garant des lois de Maat que l’on pourrait résumer par l’harmonie et l’ordre.

Il y a certainement comme dans tout conte, toute légende plusieurs niveaux de lecture à cette histoire et je ne vais bien sur pas tous les explorer ici. Mais, ce que j’en retiens d’important dans le contexte de mon article c’est cette notion d’assassinat, puis de démembrement, d’éparpillement qui forme le premier volet de cette histoire.

Le fratricide ne se satisfait nullement d’avoir tué son frère. Encore faut-il qu’il le démembre.On pourrait se contenter d’une explication facile en se disant que c’est la rage et la colère contre ISIS qui l’amène à réaliser un tel acte. Mais aussi on peut penser que disperser tous les morceaux de ce corps c’est délibérément décider de mettre une fin à l’unité, anéantir la notion de tout dont le corps d’Osiris comme son âme pourrait être une sorte de métaphore.

Le fait qu’une fois la somme de toutes les péripéties de cette histoire achevées Osiris devienne l’incarnation du souverain de l’ordre, de la paix et de l’harmonie indique donc un mouvement qui part d’un point A pour aller à un point B

Désordre, chaos, dans un premier temps « éparpillement » puis reconstruction des différentes parties pour créer l’ordre.

Dans cette histoire nous en serions à nouveau revenu, notre société dite « moderne » à cette histoire d’assassinat et de démembrement en ce qui concerne l’information.

Quelque chose peu à peu aura éprouvé cette nécessité, cette violence de commettre un meurtre, d’éradiquer une certaine façon de considérer l’information, de détruire son image, puis de la disperser aux quatre vents afin qu’on ne retrouve jamais son bien fondé originel.

3 Revenir au centre

Mais revenons au centre revenons à l’information. Qu’est ce que l’information ? si l’on s’en réfère au dictionnaire c’est « ce qui donne une forme à l’esprit ». ( du latin informare, qui donne forme)

Nul doute que l’information à l’origine ne soit un réceptacle sacré, et que ce « contenant »de l’esprit soit tenu aussi loin que possible à l’écart du profane, c’est à dire de tout le monde pour n’être que l’apanage d’un petit nombre d’initiés.

Cette notion de dissimulation de l’information , la création de cercles d’initiés, de cercles de « Mystères » a certainement une bonne raison d’exister et sans parler du pouvoir que cela confère à ses instigateurs comme à ses membres, il doit exister de très bonnes raisons, et même une forme d’altruisme à la base de cette dissimulation. Les choses ne sont jamais complètement blanches ou noires.

Sans doute est ce pour préserver la communauté du chaos, du désordre, finalement qu’on lui cache l’information. On lui cache aussi une révélation importante dont on pourrait faire à peu près tout et n’importe quoi, c’est que l’esprit a besoin de formes pour s’incarner, et il pourrait alors en exister autant que d’individus ce qui flanquerait une jolie pagaille dans la société.

Au contraire la société pour se perpétrer a besoin de formes stables, de tradition, de rituels, d’une continuité mais surement pas de dispersion. Il faut donner au peuple la plus stricte collection d’informations nécessaires, des lois, des règles.

4 trier jeter

Comment trier l’information, les textes, les œuvres ? qu’est ce qui fait que l’on va conserver ceci et jeter cela ? Le plus grand problème ce n’est pas conserver, mais c’est jeter. En ce qui me concerne j’ai un mal fou à jeter, à détruire, à me séparer. Et pourtant toute ma vie n’aura été vécu que pour cela lorsque j’y pense. Cette peur animale d’avoir à me séparer de quoi que ce soit, de jeter, m’a conduit sans doute à vouloir l’explorer de fond en comble, aussi moi qui voulait tout garder, tout conserver, j’ai tout perdu.

C’est dans le fond qu’il fallait que je m’extirpe d’un chaos personnel, un chaos mental qui ne connaissait pas le mot catégorie, ni le mot étiquette, sans ces deux mots impossible de classer, impossible de ranger.

Comment ranger les choses par « famille » quand on ne comprend pas ce qu’est une famille ?

Quand la famille est le lieu le plus représentatif du désordre et du chaos ?

Quand la famille est le territoire de la violence, du mensonge

Cette impossibilité de me référer au mot famille pour classer les objets et les êtres est un des handicaps majeurs de ma pensée, aussi bien celle de tous les jours, quotidienne, que ma pensée « d’artiste » ou plus modestement de peintre.

Aussi avant de ranger les choses par famille, leur trouver des affinités, faut il en finir avec le doute temporairement.

J’écris »temporairement » car on peut se tromper et recommencer. En peinture, en dessin, la gomme existe, et on peut imbiber un chiffon de diluant pour effacer ce qui ne fonctionne pas en peinture à l’huile, ou bien laver à grande eau si on travaille à l’acrylique.

Si le dessin ou la peinture ne servaient qu’à se rendre compte qu’on peut choisir de conserver ou d’effacer ce que l’on fait ce serait déjà extraordinaire. Je veux dire consciemment, profondément. Mais la plupart du temps évidemment toutes ces opérations sont effectuées depuis une couche de surface, une couche émotionnelle si je puis dire. On « sent » bien si cela tient debout ou pas, alors on gomme ou on essuie à l’appui de la seule sensation.

Dans la vie de tous les jours cette couche superficielle on ne cesse jamais non plus de l’utiliser, que ce soit pour conduire, boire, manger, respirer tout simplement. La notion de choix s’effectue inconsciemment, on sent que c’est le moment, on sent que c’est bon ou pas, on sent que l’on s’endort au volant.. ou pas.

D’ailleurs c’est lorsqu’on ne sent plus rien que les choses se compliquent. Qu’il faut faire appel à une autre couche, à un autre point de vue que celui de la sensation seule. Ou bien inversement ce peut être pour fuir la gravité, le traumatisme que l’on se réfugie dans la quête des souvenirs, des moments uniquement fondés sur une atmosphère sensorielle.

Dans le roman « L’heure de la sensation vraie » Le narrateur rêve qu’il a assassiné une vieille femme et se réveille à une toute autre vie que celle qu’il connait habituellement. ce qui est remarquable dans ce livre et sans doute pourquoi il fut récompensé par le prix Nobel de littérature c’est qu’il montre le personnage en train de traverser des événements que l’on pourrait considérer importants, ou dramatiques comme un divorce ou la perte d’une enfant, mais cela ne semble plus attirer son attention vraiment. Il se perd dans l’évocation de moments qui peuvent paraître insignifiants au lecteur; La raison véritable de cette errance, de cette obsession sensorielle est bien sur la fuite, se retrouver « hors d’atteinte » des bouleversements possibles provoqués par les événements considérés comme « graves ».

5 se donner des objectifs

L’idée de se donner des objectif est le leit motiv de tous les beaux parleurs en matière de développement personnel, il suffit de s’intéresser un tant soit peu à des vidéos ayant pour thème l’organisation, la gestion du temps, pour tomber pratiquement systématiquement sur ce slogan. Ce que je reproche la plupart du temps à ces gurus du webmarketing, car dans le fond il ne choisissent cette thématique que pour vous vendre des formations, c’est qu’il ne vous demande jamais vraiment de réfléchir « en profondeur » à ce qu’est un objectif.

Pour m’être moi aussi formé à la PNL (programmation neuro linguistique) j’ai pu remarqué que la majeure partie des objectifs que l’on se fixe pour atteindre quelque chose ne nous appartiennent pas en propre mais proviennent plus du désir inconscient de posséder ce qui appartient à quelqu’un d’autre.

La première opération avant même de fabriquer un plan d’action pour atteindre un objectif, c’est de vérifier si cet objectif vous appartient en propre. Combien de personnes s’égarent ainsi en se mariant, en trouvant un emploi, en exerçant une activité artistique, tout simplement parce qu’il se sont emparé d’un objectif sur la seule base du désir d’être autre et non d’être eux-mêmes.

Parfois on peut s’en rendre compte assez vite, mais quand cela prend des années suivant notre volonté d’aveuglement, d’obstination.. les conséquences peuvent être catastrophiques.

6 mesurer sa progression

Si vous désirez savoir si vous avez choisi un objectif qui fonctionne pour vous, il vous faudra un système de mesure, une analyse de vos progrès vers cet objectif et décider le cas échéant de l’abandonner rapidement si vous comprenez qu’il ne mène à rien.

Pour cela la notion de temps doit évidemment s’associer à chaque objectif. Je veux obtenir ça ok mais en combien de temps?

Cela fonctionne pour certains objectifs. Mais pas pour tous évidemment.

Si je me fixe comme objectif d’être un peintre reconnu et que je me donne un an pour le devenir croyez vous que c’est censé et que cela fonctionnera ? Et ce même si je décortique mon plan d’action en tout un tas d’étapes, d’actions à mener, même si j’ai profondément réfléchi à tout, ça ne fonctionnera pas bien sur. Et c’est normal. Nous n’avons le contrôle qu’en petite partie sur le temps. Nous en ignorons la plupart du temps toute la profondeur.

Comment mesurer sa progression alors si on ne peut se fier totalement au temps ?

Quelques questions sur la notion de progrès de façon générale, puis plus particulièrement sur la peinture.

Qu’est ce qu’on appelle progrès dans une activité quelle qu’elle soit ?

Est ce de notre propre ressort ?

Faut il guetter le progrès voir finir par en devenir obsédé ?

Progresser ne finit il pas par devenir l’objectif principal, ou plutot comprendre ce qu’est la progression ?

En peinture il y a des périodes où l’on croit progresser, et puis il y a celle où l’on comprend que c’est l’inverse que l’on régresse. Au début ces période de régression font peur et désarçonnent. Et puis on finit par comprendre que c’est une sorte de constante naturelle, c’est sans doute une façon de revenir à la source, à l’enfance de l’art si l’on veut.

Sans entrer trop avant dans le détail je crois que le cheminement en art, dans la peinture notamment ne suis pas une courbe régulière ascendante mais plutôt prend la forme d’une spirale que nous avons tous plus ou moins connue dans notre enfance, celle du jeu de l’oie, où parfois on avance de deux cases pour reculer bientôt de quatre, et on recommence.

Le « progrès » en peinture ne peut pas ressembler au progrès d’une entreprise, quoique … peut etre que bon nombre d’entrepreneurs ne veulent pas regarder en face ces moments de régression de leur entreprise, où alors ils la considèrent comme une anomalie, et ils cherchent rapidement à redresser la barre en conséquence. Les enjeux ne sont sans doute pas les mêmes évidemment. Perdre de l’argent pour une entreprise ne peut pas vraiment se comparer à perdre du temps pour un artiste. Encore qu’il faudrait se demander ce que signifie vraiment perdre du temps ? Comme si le temps était une sorte de capital…. Cela fonctionne dans une vision basée sur l’obtention, l’obsession d’un profit. Mais quel profit pourrait bien m’apporter l’art, la peinture ?

7 savoir qu’on y est parvenu.

Quand est ce qu’on sait qu’on est arrivé quelque part en art , en peinture ? quelle idée d’ailleurs se fait-on de ce « quelque part » ? est ce une vision nette ? est ce quelque chose de flou ? à chacun de le décider pour soi.

Mais le fait de penser arriver à un but particulier risque de ne pas faire prendre à celui qui se hâte vers ce but, le temps de regarder autour de lui comme en lui.

C’est comme ces pèlerins qui veulent se rendre à Compostelle et qui au final y parviennent et découvrent une ville comme une autre. De retour dans leurs foyer ce n’est pas de Compostelle dont ils se souviendront le plus, mais du chemin parcouru, de toutes les péripéties, de cette attente, de cet espoir aussi qu’ils caressait patiemment tout au long du chemin. Je ne crois pas que l’on puisse parvenir quelque part en art véritablement. En ce qui me concerne je n’y crois plus vraiment, je sais juste qu’à chaque jour suffit sa peine comme ses joies.

8 Modèliser ce que l’on a compris

A l’appui de toutes ces informations sur la notion d’organisation il reste encore à faire un tri et comprendre ce qui est bon pour soi et rejeter le reste comme inutile. Dans le fond l’art ne réclame pas tant de choses qu’on pourrait l’imaginer au début. Il faut juste s’aménager un espace et un temps dans lesquels on ne sera pas dérangé, s’y installer tous les jours quelque soit son humeur et le climat intérieur ou extérieur et se mettre au travail sans tirer trop de plans sur la comète. Faire de son mieux est déjà bien suffisant pour se casser la tête avec le superflu.Il faut tester des choses, voir ce qui fonctionne, s’y accrocher et puis au bout du compte ne pas oublier de se dire que l’on a une grande chance d’avoir la possibilité de s’exprimer. Se contenter de cela déjà, le reste, la reconnaissance, les louanges, la fortune, tout cela n’est que parasitage et mondanités.

9 répéter et innover

Il y a dans la répétition du même, au sein même de cette répétition une sorte de puissance mystérieuse, que l’on pourrait nommer compassion et qui introduit après que l’on ait remis l’ouvrage sur le métier 100 fois, 1000 fois, une toute petite différence qui modifie parfois toute la structure de ce que l’on a fait jusque là. Je suis persuadé que cette volonté est là depuis l’origine, mais que nous n’avons ni la vue, ni l’ouïe suffisamment exercés, ni la fatigue, ni l’ennui nécessaires, pour la repérer la première fois qu’elle se présente.

Il faut une attention proche de celle des enfants qui se penchent sur les brindilles sur la boue et les insectes pour la percevoir lorsqu’elle se montre timidement.

L’ego e l’orgueil ne permettent pas de la déceler.

Il faut attendre parfois longtemps que le temps et la vie fassent leurs œuvres.

Alors on peut saisir le petit fil ténu qui mènera vers ce que tout le monde d’emblée appellerai la nouveauté mais qui dans le fond n’est rien d’autre que la force étonnante de la vie qui cherche toujours à se perpétrer par tous les moyens par tous les interstices possibles.

10 Conclusion.

Il suffit parfois et j’en suis de plus en plus convaincu, de se pencher sur un mot devenu tellement banal qu’on ne le regarde même plus pour saisir peu à peu que la définition des dictionnaires n’est là que pour une entité fantasmée qu’on appelle le peuple, les gens, les citoyens, vous et moi.

Si l’on prenait, chacun de nous ces mots et qu’on les regarde attentivement avec nos souvenirs, nos pensées, nos joies et nos peines personnelles, alors ces mots seraient comme des cœurs battants, des pulsars projetant leurs petites lueurs du plus profond de nos existences solitaires. Il faudrait bien plus qu’un dictionnaire pour renfermer l’ensemble de toutes les définitions d’un seul mot si chacun décidait de lui apporter sa modeste contribution.

Cet article est très long j’en suis bien conscient et il n’est pour le moment qu’à l’état d’ébauche. J’ai listé 9 points que j’ai voulu développer un peu mais sans doute faudra t’il que j’y revienne patiemment pour corriger les fautes, et les passages sans doute obscurs que l’urgence ne m’a permis aujourd’hui de le faire.

D’ailleurs tout est peut-être très bien comme ça au final, peut-être ne me suis je rêvé en état d’urgence que pour laisser jaillir spontanément tout ce qui me passait par la tête en matière d’organisation, sans trop me trahir évidemment, en tentant toujours d »être au plus juste de ce que je suis.

Je n’ai pas égayé non plus cet article de photographies ni de peinture. Peut-être le reprendrais je aussi pour cela, afin de l’aérer.

En attendant j’ai fait comme en peinture du mieux que je pouvais avec ce que j’avais pour ce jour et nous verrons bien demain si tout cela tient encore ou s’il faut à nouveau rouler son rocher, et tout recommencer.

La photographie qui illustre cet article a été prise il y a quelques jour chez mon ami Thierry Lambert alors qu’il se penchait sur la réalisation d’un livre d’artiste en collaboration avec Sandrine Bouchard Delbeck, artiste peintre.

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