Comment construire sa démarche artistique #2

C’est long pour faire court !

Pour un texte final ( et provisoire) tu vas comprendre pourquoi, un petit texte de quelques lignes à peine, il va falloir que tu sues sang et eau… je ne rigole pas, je suis moi-même passé par là.

Il faut savoir à qui tu t’adresses pour envoyer cette fameuse « démarche artistique » et selon à qui tu t’adresses, il faut faire attention aux mots que tu vas employer. On ne s’adresse pas de la même façon au patron du restaurant que tu veux solliciter pour exposer quelques toiles sur ses murs comme à un galeriste sérieux, d’autant qu’il n’en reste plus beaucoup.

Ça veut dire que la forme peut changer mais pas le fond attention.

ça veut aussi dire que tu n’est pas obligé de crée ce document nommé « démarche artistique » pour l’ensemble de ton travail, cela peut très bien n’être un texte que tu vas proposer pour une collection particulière que tu veux montrer.

Tu comprends, il faut être stratégique et pour cela il faut régulièrement que tu t’imagines à la place de celle ou celui qui va recevoir ce texte.

Pour cela bien sur il va falloir te renseigner un peu. Chercher sur internet pour comprendre à qui tu envoies ton dossier, avec ce texte…

Généralement ce n’est pas bien difficile, tout le monde est sur internet désormais, par les réseaux sociaux, par google sur trouves et là tu regardes si tu le peux qui a exposé ici, tu cherches encore pour voir le travail des artistes, c’est toujours intéressant ça te donnera des infos sur la ligne éditoriale d’un lieu par exemple.

Tu comprends bien que si tu t’adresses à une galerie qui n’expose que du figuratif et que toi tu fais de l’abstraction ça ne sert pas forcément à grand chose de s’acharner.

Bon alors tu en es où de cette recherche d’idées dont je te parlais hier ???

ça avance ?

Pas de stress il te reste encore plusieurs jours pour amasser les idées dont je t’ai parlé et les ranger dans le logiciel que tu as choisi.

En attendant je t’explique un peu plus pourquoi tu vas en baver.

La plupart du temps nous restons en surface, nous nous disons tiens une idée

Par exemple aller c’est la mode j’ai envie de peindre un « truc engagé » des tableaux qui vont exprimer ce que je pense du mouvement des Gilets Jaunes.

Ok

du coup une question bête mais es tu allé manifester avec eux, as tu pris des croquis éventuellement pendant qu’ils poireautaient sur les ronds points près de chez toi, des photos ? Es tu allé près d’eux par sympathie politique, ou tout simplement parce que c’était un événement que tu jugeais important et tu t’es dit je vais aller voir ça va peut être m’inspirer… et oui l’inspiration peut se cacher un peu partout …

Donc voilà une idée, faire une collection par exemple sur le mouvement des gilets jaunes.

C’est très bien, c’est encore mieux si tu adhères à leurs idées mais si tu n’y adhères pas ce n’est pas grave non plus. Dans le second cas ce sera plus difficile de dire pourquoi tu as crée cette collection, tu auras plus de difficultés. tu ne peux pas te contenter de dire, que tu es fasciné par les manifestation, que tu aimes la couleur jaune, et que le symbole du rond point évoque pour toi un carrefour dans ta peinture… ça je te le déconseille vraiment.

Il vaut mieux être congruent

C’est un mot que j’ai appris lorsque je me formais à la PNL en Belgique à l’institut Ressources . Dans les années 95 jusqu’à 2000 c’était les balbutiements d’internet encore et il fallait s’engager vraiment physiquement pour se former, prendre une semaine de congés, se rendre à la gare, prendre un train etc … Il valait mieux alors réfléchir au bien fondé de telles actions car cela prenait du temps, coûtait de l’argent.

Aujourd’hui avec cet accès formidable à tout, il arrive souvent que cela mène à rien.

Pourquoi ?

Parce qu’on a tendance bien souvent à partir dans tous les sens, à surfer, à errer, à se distraire.

Etre congruent demande un gros travail si on ne l’a pas déjà fait en amont.c’est à dire que tes pensées tes actions, tes propos soient alignés tous dans un même but, une même intention. Et là je vais te parler de valeurs.

Avoir une intention c’est aussi regarder ce que sont tes valeurs.

alors là si tu le veux bien tu peux ouvrir une nouvelle note sur ton logiciel et inscrire en quelques mots, un par valeur si tu veux, ce qui pourrait être à la fois le fondement et la base de ta pensée et de tes actions

Par exemple si je reprends l’exemple des GJ

tu peux imaginer que c’est la justice sociale qui est importante pour toi dans ce cas de figure, et cela peut te donner des pistes sur ta propre relation au mot « justice »

Quels ont été tes rapports avec ce mot, avec cette valeur, tu as peut être souffert toi aussi de l’injustice à un autre niveau , dans ton enfance, dans ton travail … et peut être même as tu du refuser bien des choses dans ta vie parce que cela ne correspondait pas avec cette valeur. Parce que ça t’aurait rendu malade d’accepter certaines choses, ce n’aurait pas été CONGRUENT avec ton « moi » profond pour parler comme un psychologue de comptoir.

Ce que j’appelle en baver sang et eau c’est que bien souvent on agit sans réfléchir dans le domaine artistique. Et c’est tout à fait normal pour la plupart d’entre nous puisqu’on cherche avant tout à exprimer des émotions, des sensations, des sentiments.

La sphére des émotions n’est pas tout à fait la même que la sphère intellectuelle mais les deux se rejoignent malgré tout dans les décisions conscientes ou inconscientes ( et oui ça s’appelle l’impulsivité, mais c’est un choix aussi ) lorsque nous nous mettons à l’oeuvre.

J’ai eu énormément de mal avec cette évidence et je peux vraiment t’en parler.

Pendant des années je n’ai peint qu’ainsi, sous le coup de l’émotion et de l’impulsion. Peindre me permettait surtout de m’évader de tout un tas de tracas, c’était ma façon de botter en touche si tu veux.

Alors je peignais ce qui me traversait au moment où je peignais et il s’en est suivi toute une quantité de tableaux bizarres au dire de la plupart de mes proches. Bien sur il y avait de belles couleurs, bien sur je travaillais sur l’aspect esthétique de mes toiles, mais du sens il n’y en avait guère puisque justement tout ce que je cherchais justement c’était à fuir un certain nombre de choses qui pour moi en recelait trop du sens.

un de mes premiers tableaux réalisé en chambre d’hôtel. A l’époque je peignais à l’huile sur des doubles feuilles de papier journal que je récupérais dans les rues de Paris. Je me prenais pour Modigliani, Van Gogh, bref ce n’était pas moi.

La peinture pour moi était une sorte de récréation et en même temps une obsession.

Deux forces antagonistes ne cessaient d’être à l’oeuvre.

D’une part l’envie de fuir ce qui ne m’intéressait pas dans le monde qui m’entourait, et peut -être aussi à l’intérieur de moi pour être tout à fait honnête.

bon, au tout début, enfant, je n’avais aucune velléité artistique, je peignais pour m’amuser, (m’âme user) me distraire, me consoler aussi.

Plus tard j’ai continué et il m’aura fallu bien des événements pas toujours agréables pour que je me penche enfin sur les raisons pour lesquelles je peignais.

Et là j’en ai bavé quand j’ai découvert que c’était une façon de vouloir être accepté, aimé que c’était en gros pour des motivations narcissiques. Pour moi cela a été terrible parce que je pensais que ces raisons ne pouvaient pas être suffisantes pour devenir un jour un véritable artiste. je ne serais jamais qu’un barbouilleur malheureux qui n’avait pas réglé ses différents avec ses parents, ses ex compagnes, la vie et le monde tout entier.

Je suis passé par plusieurs dépressions assez graves et puis j’ai peu à peu remis de l’ordre dans les choses.

La peur d’être con, la peur d’être immature, la peur de n’être qu’un égoïste, la peur de mourir sans avoir rien fait de vraiment important dans ma vie, toutes ces peurs je les ai bien regardées en face et j’ai dit ça suffit , je ne suis pas que ce misérable trouillard qui ne cesse de trembler tout de même ! et là j’ai commencé à avancer différemment.

J’ai accepté que le monde entier ne reposait pas sur mes épaules.

Atlas qui soutient le monde, quel drame sur les épaules même d’un demi dieu.

J’ai accepté le fait que j’avais commis des erreurs par ignorance plus que par méchanceté ou par calcul.

J’ai accepté que je n’étais pas cet être exceptionnel que je ne cessais de vouloir dissimuler sous un costard de miséreux à seule fin qu’on le découvre enfin.

Oui j’en ai bien bavé mais je ne le regrette pas, c’était vraiment le seul choix que j’avais quand j’y repense. Sinon j’aurais pu continué encore bien des années à me leurrer.

Dans le fond ce qu’il est urgent d’accepter c’est ta vulnérabilité, tes faiblesses, tes maladresses, ce sont elles qui vont te mener à qui tu es vraiment et jamais les qualités que tu penses avoir cultivées parce que ces qualités proviennent la plupart du temps de modèles extérieurs que l’on suit aveuglement sans les remettre en question.

Suivant ton parcours, suivant ta volonté, suivant ton honnêteté envers toi même le chemin peut être plus ou moins long comme tu peux déjà l’imaginer.

Pour réussir ce texte de quelques lignes qui va vraiment expliquer pourquoi tu fais telle oeuvre il faut que tu empreintes une tenue, des bottes, un casque avec sa petite loupiote, il faut que tu te transformes en mineur de fond, pour pénétrer au plus profond de toi.

Système d’éclairage d’un ancien casque de mineur

Tant que tu n’auras pas effectuer ce travail vraiment tu auras des doutes, des malaises, des moments de blues dont la plupart sont issus d’une sorte de difficulté vague sur laquelle tu n’arrives pas à mettre un nom.

Je ne dis pas qu’après ce travail tu seras débarrassé à tout jamais des doutes attention. Mais peut-être alors comprendras tu qu’à chaque fois qu’un doute arrive il est le signe avant coureur d’un nouveau pallier que tu es train d’atteindre.

aller je te laisse réfléchir à tout cela, je ne suis pas loin et si tu veux être un peu plus proche encore n’oublie pas de t’inscrire à mes contacts privés https://urlz.fr/8OuV

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