La vie, l’art, les femmes.

J’écris ces trois mots aujourd’hui parce que je considère qu’il est temps de leur adresser un hommage.

J’ai passé une grande partie de ma vie à tenter de m’expliquer à moi-même ces mots, à chercher une définition qui tienne la route et qui me convienne vraiment et désormais après toutes ces recherches, et toutes les expériences qui leurs sont associées, parce que je suis aussi un homme d’action et que j’ai besoin d’expérimenter ce que je pense, et dis, aujourd’hui le synonyme qui me vient tout de suite à l’esprit et qui rassemble ces trois mots c’est le mot mystère.

J’ai hésité un moment avec le mot « grâce » mais j’ai laissé tombé car il s’entoure d’une aura spirituelle ou religieuse et je ne voudrais pas non plus vous fourvoyer.

Aujourd’hui je reste devant ces trois mots toujours autant désemparé que dans ma jeunesse. C’est à dire que je ne peux pas leur donner de définition vraiment, ces mots ne se laissent pas attraper facilement et continuent de m’échapper et c’est très bien ainsi aussi.

Ce sont trois mots qui voltigent dans ma tête ce matin comme des hirondelles dans un ciel printanier. Il n’y a pas à réfléchir de trop, juste être là et les regarder virevolter sur un fond bleu profond.

On pourrait s’arrêter à la couleur sombre de ces oiseaux et décider qu’ils sont inquiétants tout de même et ce au cœur du printemps ce ne serait pas impossible.

Une fois, lorsque j’étais gamin et pêcheur j’ai lancé ma ligne et j’ai attrapé une de ces hirondelles. Elle volait bas et mon hameçon s’est accroché à elle ou bien elle s’est accroché par hasard ou par malchance à celui ci.

J’en ai été littéralement terrifié.

Ce n’était pas le fait de pêcher un oiseau qui me terrifiait à bien y penser.

je crois bien plus que c’est la valeur symbolique que j’entrevoyais déjà, une intuition de ce que pourrait être mon avenir au travers de cette étrange expérience.

En péchant un oiseau j’avais découvert ce jour là une étrange capacité à inverser les choses, à aller attraper je ne sais toujours pas comment des choses inouies , mais bon plu modestement aussi à me tenir présent, témoin et observateur du fait que les choses pouvaient toujours et à n’importe quel moment s’inverser.

J’en ai éprouver un effroi formidable car je sentais bien que la vie me murmurait quelque chose au travers de cette expérience, et comme je n’étais absolument pas apte encore à décider si cela était une bonne ou une mauvaise nouvelle, je me suis penché sur l’oiseau pour tenter de le décrocher de mon hameçon.

Comme c’était bizarre de voir un oiseau de si près, de voir son corps se débattre, de le sentir respirer, de comprendre son affolement, sa panique. Lui non plus ne devait rien comprendre de ce qui s’était passé, il vivait sa vie d’oiseau et soudain il s’est retrouvé au sol cloué par le geste innocent d’un gamin.

Nous étions tous les deux aussi affolés et dépités l’un et l’autre je crois bien.

Son oeil rond tournait en boucle afin de trouver une issue au problème…moi je ne savais comment le prendre sans le blesser, sans qu’il s’affole encore plus et que son coeur explose ou que mon cœur explose.. nous nous tenions ainsi véritablement sur le bord de la tragédie, et du drame.

Enfin, je ne sais comment dans une hésitation mutuelle qui finit par payer, il parvint à se décrocher et il s’envola à tire d’aile bien loin derrière les collines proches.

Je revins à la maison de mes grand-parents dans un état de fatigue extraordinaire et je crois qu’après le déjeuner je m’allongeais pour dormir jusqu’au moment du repas du soir.

Cette histoire d’oiseau pourrait s’arrêter comme ça, on ne m’en voudrait pas mais, pour être vraiment honnête avec vous, il faut que je la relie à un autre événement qui se déroula quelques mois plus tard.

C’était l’hiver et j’étais désœuvré, mon adolescence commençait et j’étais empêtré dans mes soucis d’acné, et comme c’était la mode à l’époque je me rendais souvent à la salle de bain pour regarder si mes cheveux avaient poussé, je les portais longs et cela agaçait beaucoup mon père, ancien militaire de carrière, fanatique de l’ordre et de la propreté.

La neige tombait à gros flocon par delà les carreaux de la cuisine quand il arriva, énervé par tout un tas de choses et qu’il considéra à la fois ma tenue, et ma coiffure. Il s’empara des gros ciseaux de couture que ma mère avait laissé sur la table de la cuisine et m’agrippant soudain il entreprit de me couper le toupet que j’arborais fièrement sur le sommet de la tête. Je sentais son odeur de transpiration en même temps qu’il commettait l’irréparable et cette odeur, je me souviens comme m’elle m’enivrait tandis que je vivais quelque chose d’effroyable pour moi à l’époque.

Quelques jours plus tard mes cheveux commencèrent à tomber par poignées et peu à peu je vis naître une affreuse calvitie dans les glaces que je pouvais orienter afin de me regarder sous toutes les coutures.

Je crois que c’est quelques jours après que je me suis construit un lance pierre et que j’ai visé un oiseau noir qui marchait sur la neige dans le jardin, un petit merle.

Je pensais évidemment ne jamais parvenir à l’atteindre, étant un débutant total avec cet engin mais la pierre qui l’atteignit le tua d’un coup net et je restais comme un con devant ce que je venais de réaliser.

je venais de tuer un être vivant par jeu par inadvertance et quand j’en pris soudain conscience, je ne pu retenir mes sanglots et je demandais pardon à tout ce qui m’entourait alors, que ce soit les arbres, les herbes gelées, les nuages là haut, le vent faible qui faisait tomber de petits paquets de neige sur le sol.

Non seulement j’étais devenu presque chauve, mais en plus j’étais devenu un assassin, je ne valais pas mieux que tous les adultes dans l’inconscience que je leur reprochais finalement du haut de mes 15 ans.

Encore un fois je m’apitoyais sur moi-même et j’écartais l’essentiel, ce message encore une fois que le hasard, la vie me proposait d’entendre.

Cette intention que j’avais eu en visant un être vivant par jeu, tout à ce moment là semblait s’être concerté pour m’indiquer l’absurdité terrifiante d’un tel acte.

Dans le fond j’avais tué un oiseau tout autant inconsciemment que mon père par agacement avait été à l’origine de ma calvitie.

Dans le fond j’avais plutôt été initié à quelque chose d’important sans vraiment y faire bien attention, c’était le rôle essentiel des intentions.

tout petit déjà j’avais tenté de trouver des astuces en comprenant que viser avec mes arcs et mes fleches directement la cible, c’est à dire en voulant l’atteindre offrait plus de chances de la rater que de l’atteindre.

J’en avais peu à peu déduis que le problème pouvait se résoudre dans le mot vouloir, il était nécessaire de vouloir, certes, mais pas trop, ne pas s’y accrocher tout entier, il fallait avoir l’intention d’obtenir en même temps que d’accepter de ne pas obtenir. les deux en même temps semblait provoquer sur l’objet que l’on lançait la même intention et au final le but serait atteint dans une sorte de synchronicité d’intention entre l’objet, la cible et moi.

je ne savais bien sur encore rien de la physiques quantique et de ses étranges particularités.

Mes relations avec les filles d’abord puis les femmes m’auront également apporté bien du fil à retordre, entre le désir, l’amour, la haine, le ressentiment, la jalousie, quelle jolie pagaille à traverser.

Là il ne s’agissait plus de seulement attraper un oiseau ou dans tuer un , non c’était bien pire il fallait s’arracher le cœur carrément, jusqu’à ce que je comprenne qu’il valait mieux pour moi d’être un véritable voyou, et de conserver le tout petit bout qu’il me restait intact.

Je m’en souviens encore de toutes ces longues heures d’attente pour qu’elle arrive enfin. A croire que dans le fond c’était l’attente plus que l’arrivée qui me plaisait le plus. Je tirais tout un tas de plans sur la comète sur la façon de l’embrasser, de la dévêtir, de respirer l’odeur de son corps et de sa chevelure… et puis elle arrivait enfin et dans la suite d’événements qui ne tarderait pas à se produire rien de tout ce que j’avais longuement mûrement imaginé, rêvé ne se produisait.

J’en étais désarçonné, évidemment, la réalité ne correspondait jamais à ce que je désirais, mais c’était tellement évident que je n’avais pas les moyens d’y penser dans ma complexité narcissique habituelle.

Je voulais pénétrer les corps, les cœurs et les âmes, je ne connaissais rien d’autre. Pénétrer c’était imposer une direction à mes envies, mes désirs dans l’espoir sans doute d’en finir avec ceux ci, qu’ils se calment une bonne fois et qu’ils me fichent la paix. J’avais tellement peur de mon désir finalement que je l’avais transformé en une sorte de monstre obtus, une arme, une lame tranchante uniquement destinée à découper et à trancher dans le vif du monde.

La féminité accueille tout sans résistance vraiment, elle s’ouvre de plus en plus, contourne les obstacles quand elle se retrouve confrontée à ceux ci, comme l’eau d’une source elle s’écoule inexorablement jusqu’à rejoindre les plus vastes océans.

Les femmes m’ont accueilli ainsi très exactement comme un rocher sur leur chemin, elles ont tenté un moment de mesurer ma solidité, ma vigueur, ma matière puis elles m’auront contourné puisque c’est exactement la nature des choses de ne pas s’attarder trop longtemps sur ce qui sert à rien.

Et de ces élans, de ces affrontements, de ces évitements pour finir j’ai aussi appris énormément de choses bien sur.

Au final je peux dire que mon exigence à vouloir obtenir sans vouloir obtenir, exactement comme je le pratiquais déjà gamin, m’aura permis de vivre mille vies aussi diverses que variées et aucune en même temps. L’un de mes grands regrets est de ne jamais avoir eu d’enfant. Et en même temps je ne serais pas celui qui je suis à présent si j’en avais eu.

Je ne sais pas si c’est une bonne ou mauvaise chose, parfois j’ai honte simplement de m’être écarté si loin du chemin naturel des hommes, de ne pas avoir accepté de me taire, de vivre comme tout le monde, et de la boucler. Cela m’arrive encore parfois, mais j’ai fini par en prendre mon parti. Pour compenser le fait de ne pas me reproduire, de me propulser dans un après moi, je me suis dirigé vers l’art.

Ce fut assez innocemment d’ailleurs au début, juste un plaisir que je cherchais à entretenir comme on entretient des braises. et puis j’ai commencé à réfléchir, à me prendre la tête sur le pourquoi du comment comme d’habitude.

Aujourd’hui cela va mieux, je suis plus calme vis à vis de ces trois mots. cela ne veut pas dire que je ne traverse pas de grands moments de blues quand je pense à la vie, à l’art et aux femmes. Non ça je crois que je ne pourrai jamais m’en séparer c’est une forme de drogue nécessaire qui m’oblige toujours à me remettre en question sur ces trois mots.

Aujourd’hui j’avais juste envie de partager cela avec toi, et maintenant je te laisse à tes occupations et vais reprendre les miennes en te souhaitant une belle journée.

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