Comment construire sa démarche artistique en 10 étapes #3

Récapituler

C’est dimanche et je me suis réveillé très tôt, hier soir, épuisé par une journée de travail bien remplie je m’étais décidé à aller me coucher de bonne heure et comme je le fais souvent je me suis endormi en pensant à un mot… « Récapituler ». Comme on le dit souvent « la nuit porte conseil  » et je peux t’assurer que c’est vrai.

Ce matin je vais tenter de classer toutes les idées qui me viennent car elles sont nombreuses.

Récapituler est un mot que j’ai trouvé dans un ouvrage de Carlos Castaneda il y a de cela bien des années. J’étais étudiant et ma vie était un désordre sans nom. J’avais l’habitude de fuir le petit appartement où nous habitions ma compagne et moi car m’accrocher à une idée, à réviser mes cours par exemple était alors au dessus de mes possibilités.

J’avais souvent l’impression de perdre mon temps en relisant mes notes de cours, en me les rabâchant, dans le fond je te l’avoue je m’ennuyais terriblement et mon esprit alors exigeait sans relâche de s’évader vers ce que l’on appelle communément « l’ailleurs. »

Tu dois connaitre certainement cela, nous sommes tous passés par là à plus ou moins forte dose…

C’est plus fort que toi, il faut que tu te libères de quelque chose, que tu t’en éloignes au plus vite. Et pour mon compte à cette époque, je sentais un besoin impérieux d’aller marcher dans les rues de Paris.

Je ne saurais vraiment t’exprimer tout le bien être que ressentaient mon corps et mon esprit lorsque je descendais enfin les escaliers quatre à quatre et qu’une fois ayant tiré la lourde porte de l’immeuble, je redécouvrais à nouveau la rue, les gens, le bruit des voitures et des autobus. Il y en avait beaucoup, nous vivions à l’époque dans un immeuble place de la Bastille.

J’éprouvais un plaisir sauvage alors, à fuir encore plus loin de tout ce bruit, en empruntant le boulevard Henri IV pour rejoindre tout au bout l’île Saint-Louis, et encore plus loin le quartier de Saint-Michel que j’affectionnais particulièrement.

Mon corps alors prenait le relais de ma tête et je ne peux te dire combien de temps je marchais mais j’adorais cela, je ne comptais pas les heures.

Le rythme de mes pas finissait toujours par trouver une sorte de vitesse de croisière, mon esprit se calmait alors et je me retrouvais dans une sorte d’état de conscience confortable dans lequel mon attention comme la main d’un petit enfant attrapait doucement l’environnement en s’en détachait en même temps sans effort.

Lorsque je revenais à l’appartement après des heures de marche parfois, j’étais vraiment calme et alors je me remettais au travail de façon moins désordonnée, je parvenais à analyser mieux le fouillis de tout ce contenu que j’avais à ingurgiter, à classer les choses par importance, et la tache du jour se trouvait accomplie finalement très rapidement comme facilement.

A cette époque, pour payer mes études je travaillais chez des architectes comme archiviste, et puis plus tard comme photographe de maquettes et de chantiers.

Je passais beaucoup de temps dans la petite entrée de l’appartement à tirer des images sur un agrandisseur. Le lieu était étroit mais j’avais fini par bien m’organiser et mon travail était efficace. Parfois quand nous étions en période de « charrette » l’urgence exigeait que je passe la nuit entière à travailler pour livrer les tirages le lendemain.

Curieusement cela ne me posait aucun soucis, bien au contraire, c’était un challenge que j’accueillais toujours calmement. Je n’avais qu’à bien m’organiser et les choses se passeraient de la meilleure façon je le savais, j’avais vraiment confiance en mes capacités.

Si je te raconte tout cela ce n’est pas gratuit tu t’imagines bien. Ce que je voudrais te faire comprendre c’est que la difficulté alors à travailler sur les matières que j’avais choisies dans un cursus universitaire, était bien supérieure aux difficultés professionnelles que j’aurais pu rencontrer et que je rencontrais d’ailleurs.

Mais la différence était dans le point de vue d’aborder ces difficultés.

L’université je m’y étais engagé finalement parce qu’il fallait que je fasse quelque chose après le bac. C’était pas vraiment un choix mûrement réfléchis, mais plus une sorte d’obligation, de contrat tacite que je m’étais imposé. Alors que le fait de développer des photographies, même dans un cadre professionnel, c’était une passion.

La différence c’était l’envie, le plaisir, la motivation et le désir de m’améliorer toujours plus.

Il en va de même je crois pour tout un tas d’engagements que nous prenons dans la vie, parfois sans vraiment réfléchir, sans vraiment nous interroger.

On se dit que c’est ainsi, une sorte de fatalité ou bien un coup du hasard pour lesquels on se retrouve à tel endroit, accompagné de telle ou telle personne, et exerçant tel ou tel métier.

Ce n’est pas vrai ?

Il n’y a pas vraiment de jugement à poser sur cela, à de rares exceptions je pense que pratiquement tout le monde vit cela.

Ceux qui choisissent vraiment leur vie sont extrêmement rares. Sinon on n’entendrait pas autant de plaintes dans les couloirs des entreprises et les gens ne feraient pas ces têtes d’enterrement dans les transports en commun tu ne crois pas ?

La plupart des gens sont soumis au hasard finalement, nous appellons ordinairement cela la chance ou la malchance seulement parce nous éprouvons un décalage par rapport à nos désirs profonds, ces désirs que nous avons fini par les mettre de coté, par compromission, par obligation par … on a a toujours de très bonnes raisons de mettre son coté son désir comme ses intuitions premières tu remarqueras.

Tu vois c’est assez simple finalement de récapituler, c’est un peu ce que je viens de faire dans ces lignes. tu n’as juste qu’à remonter le fil de ta propre histoire, retrouver les lieux, les personnes qui t’entourent dans ces lieux et te poser des questions par rapport à ce que tu fais là , comment et pourquoi en es tu arrivé là ?

Il y a toujours un fil conducteur qui t’apprendra l’écart précis que tu as établi entre ton désir initial et comment tu t’en es rapproché ou éloigné.

Il n ‘y a pas à éprouver trop longtemps les émotions que tu vas traverser, car tu vas les retraverser, les bonnes et les mauvaises évidemment. ne t’attarde pas trop sur tout ça , ce qu’il faut conserver à l’esprit c’est cet écart que tu as construit au fil des années entre tes rêves et ce que tu es finalement devenu.

Maintenant je vais te donner une clef très importante pour déverrouiller toutes les portes fermées sur lesquelles tu ne manqueras pas de tomber. Des blocages qui t’empêchent de traverser les choses de façon fluide si tu préfères. Sans que tu ne restes scotché sur une situation plus de temps qu’il ne le faut.

C’est le pardon.

ne ris pas.

tu crois que je vais te parler de spiritualité ? pas vraiment !

Je vais te parler d’un remède.

le pardon est le remède principal à bon nombre de traumatismes, de difficultés émotionnelles que tu ne vas pas manquer de retrouver dans ce travail de récapitulation.

Tu as perdu tellement d’énergie, tellement de toi-même dans ton cheminement.

Tout le monde connait cette fatigue mais ne sait pas comment s’en sortir, alors on cherche à se distraire par tous les moyens, mais une fois qu’on se réveille les années ont passé, et ça ne va pas mieux du tout, n’est ce pas ?

Si je te parle de tout cela dans l’élaboration d’une démarche artistique, je peux t’assurer que ce n’est pas une blague, ce n’est pas pour rien. Je suis passé par tout ça.

Tu ne peux pas t’imaginer combien de personnes croient dur comme fer qu’elles ont agi selon leur volonté, leur désir, alors qu’elle n’ont fait qu’emprunter ce désir à d’autres, alors que ce désir d’être ceci ou cela ne reposait finalement que sur du mimétisme et rien de plus.

Vouloir valider ta fonction d’artiste c’est le but rappelle toi ! Alors ça va être hard je te préviens, mais il faut commencer par la valider auprès de toi en premier.

Et énoncer le pourquoi tu es une ou un artiste de toutes façon sera une nécessité tôt ou tard… dans la quête de cette nécessité tu admettras qu’il faudra au plus vite que tu te débarrasses du superflu.

Tu ne peux pas y échapper. Où alors tu vas encore t’illusionner de longues années et la chute sera encore plus dure lorsque tu te réveilleras.

Ce travail de récapitulation je ne te demande pas de le faire tout de suite, mais je voulais te dire qu’il était essentiel que tu commences à y penser en prenant les notes dont je t’ai parlé dans mes textes précédents.

Ne prends pas des notes pour acquérir un savoir, mais pour t’aider à mieux récapituler, et c’est ainsi que tu auras accès à la connaissance de ce qui te motive, à ton vrai désir.

Il ne s’agit pas d’accumuler, mais de se débarrasser de tout ce qui parasite le désir, tout ce fatras que l’on a posé dessus pour le taire, pour être « comme tout le monde ».

Pardonner c’est revenir à une situation douloureuse dans laquelle tu as perdu une grande partie de ton énergie, de ton rêve, de ton coeur, de ton âme, appelle cela comme tu voudras peu importe. Retiens juste que par le pardon tu peux la récupérer.

Pardonner, c’est se soulager d’un poids en le remettant à un tiers. Ce tiers peu importe le nom que tu vas lui donner, Dieu, le destin, la vie, l’univers, peu importe.

Ce qui compte juste c’est que tu admettes que tu as été ignorant à un moment ou que l’autre a été ignorant, que vous avez tous été ignorants en fait et qu’il ne sert de rien de garder cette charge plus longtemps.

Alors tu pardonnes, à toi à l’autre, à tous les autres, et tu poses ta charge là par terre comme un paquet devenu trop lourd trop encombrant pour que les loups les oiseaux les anges ou les démons s’en repaissent ou s’en régalent. Imagine plutôt qu’ils s’en régalent si cela peut t’aider encore plus.

Et toi est ce que ne te sens pas plus léger soudain ? regarde, tu as comme des ailes aux pieds… ça va t’aider à aller bien plus loin désormais.

Je ne cite guère mes références, je ne suis pas un universitaire obligé de prouver par des notes de bas de pages perpétuelles de « prouver » ce qu’il dit à d’autres universitaires d’ailleurs la plupart du temps.

Mais je vais quand même te mettre un lien pour ce petit livre de Carlos Castaneda qui m’a énormément aidé à voir le monde autrement que celui que j’avais toujours connu avant cela.

Ne prends pas tout le bouquin pour argent comptant, prends ce qui te parle, ce qui fait écho avec les choses que tu considères sensibles au fond de toi

Passe un bon dimanche !

.https://livre.fnac.com/a4041184/Carlos-Castaneda-L-herbe-du-diable-et-la-petite-fumee?

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