Comment construire sa démarche artistique en 10 étapes #4

Tu peux être qui tu veux

Je ne t’oublie pas, hier soir j’ai branché mon cerveau sur le mot « inspiration » et voilà tout ce qui me vient ce matin je suis allé le chercher cette nuit en voyageant dans la machine à laver des rêves.

J’étais en train de boire mon café en regardant le travail de la veille à l’atelier et un phrase aussitôt est arrivée.

« Tu peux être qui tu veux ! »

Je n’ai pas hésité un seul instant, j’ai posé la tasse et je suis remonté devant mon ordinateur , je savais que ça allait couler à flot, c’était le bon moment de te parler d’une chose importante et m’adresser à toi et à tous ceux dont je fais bien sur partie.

Nous les pauvres gens, les braves gens.

Nous vivons dans plusieurs mondes en même temps, il y a le monde de tous les jours où tu vis avec tes proches et tu as remarqué au bout d’un moment qu’ils te considèrent d’une certaine façon parce qu’ils « croient », ou ils « pensent » te connaitre. Ils ont dressé une sorte de schéma de qui tu es et tant que ce que tu dis et fais entre dans ce schéma, cela ne fait que le conforter et tout va à peu près bien.

Les problèmes commencent généralement lorsque tu dis et fais quelque chose d’inattendu, d’insolite, là ils ont tendance à perdre le fil parce que tout simplement ils ne s’y attendent pas, ce n’est pas prévu, ça les effraie, ou plus généralement ça les dérange, j’adore ce mot.

Comment pourrais tu changer dans un univers familier ? Les gens vont dire « ce n’est pas toi » et les conséquences parfois peuvent être assez graves si tu ne corriges pas le tir.

Alors tu voudrais expliquer ce qui se passe, tu le fais même, mais cela ne fonctionne pas vraiment, sauf si tu es avec des personnes qui t’aiment vraiment pour ce que tu es, pas pour ce qu’elles veulent que tu soies.

Là j’ouvre une parenthèse sur ce que je pense être l’amour véritable envers l’autre. L’amour véritable c’est accepter l’autre bien au delà des limites temporelles, triviales , quotidiennes, cela touche à une notion d’éternité. Aimer l’autre c’est l’accepter et le reconnaître comme étant là de toute éternité et ce quoiqu’elle ou il disent ou fassent. J’ai tellement fait d’erreurs dans ma vie pour parvenir à m’aimer moi-même que cela me semblerait vraiment injuste de ne pas accorder la même chance à tous ceux que je me targue d’aimer s’ils font des erreurs. C’est bien au delà de l’amour propre.

Ce qui n’empêche absolument pas la séparation, où de se détacher pour de multiples raisons de ces personnes. J’ai mis aussi très longtemps à le comprendre également.

Dans le fond nous sommes tous de pauvres gens à moins d’être nés de la cuisse de Jupiter et d’avoir eut cette chance de naître dans une famille qui appartient aux 5% qui dirigent le monde.

Dans le système économique dans lequel nous vivons si nous n’avons pas 5 voitures, 3 maisons avec piscine, un avion privé, et des comptes en banques multiples extrêmement bien approvisionnés nous ne sommes que des pauvres gens.

Pauvre selon la grille de lecture imposée bien sur.

Alors nous tentons de nous raccrocher à des valeurs pour contrebalancer le coup du sort.

Il est d’usage d’être « honnête,sincère,authentique, de tenir sa parole, d’aller jusqu’au bout de ce que l’on fait, je pourrais citer des centaines de mots comme ceux là et tous les dérivés qui forment cet ensemble que l’on appelle des « valeurs ».

Cela m’a toujours étonné qu’on utilise le mot valeur dans la sphère morale comme dans la sphère fiduciaire. Mais dans le fond c’est facile à comprendre puisque le fondement de tout commerce est la confiance.

Bien avant que les tractations commerciales ne soient rédigées sur pierre papyrus ou papier, il suffisait juste de se taper dans la main et de tenir parole. Le monde était plus simple, plus petit aussi et les relations commerciales se restreignaient pour la plupart au niveau local.

Il eut été malséant de ne pas tenir une parole au sein même d’un petite population dans un lieu où tout se sait rapidement par la bouche à oreille, c’était la ruine assurée.

Aujourd’hui c’est tellement différent, mais nous avons conservé cette notion de confiance, de valeurs.

Parfois je me demande même si ce ne sont pas des valeurs que l’on nous obligerait à conserver coute que coute pour que fonctionnent les usines et les banques, à leur seule fin.. mais c’est une voie qui nous emporterait bien loin de mon sujet n’est ce pas.

Donc, bien sur souvent nous réussissons à devenir de braves personnes, des braves types ce qui en écoutant bien qui le dit, a toujours un petit coté péjoratif tu remarqueras.

Dans le domaine artistique nous n’échappons pas à cette règle.

Soit nous sommes tout en haut de la pyramide, sollicités de partout pour montrer nos œuvres, côtoyant la crème de la finance, du spectacle, et les grands média chaque semaine savent qu’ils auront de l’audience en parlant de nos faits et gestes, parce qu’ils transforment ce genre d’artiste en « modèle » inatteignable pour la plupart des gens.

Regarde un peu la reine d’Angleterre, n’est elle pas une artiste ? Elle a même osé jouer son propre rôle dans une publicité vantant les prochains jeux Olympiques …Et ces magnifiques chapeaux qu’elle s’obstine à abhorrer, et ses robes vert pomme …Qui d’autre oserait s’affubler ainsi sans avoir peur du ridicule ? Pas elle et c’est d’une remarquable intelligence lorsqu’on y pense. Sa majesté Elisabeth possède le meme mana que Salvador Dali ou Picasso, elle fait tout bonnement ce qu’elle veut, parce qu’elle est reine, comme ils étaient artistes, ils sont tous dans une sphère supérieure.

Et il est nécessaire pour nous braves gens et pauvres gens que cette sphère existe.

Car c’est de cette sphère que nous allons nous inspirer la plupart du temps, c’est de cette sphère que nous nous inspirons pour décider de nos modèles.

Le mot « modèle d’ailleurs c’est aussi le nom de la personne que l’on désire peindre, comme l’autre nom des mannequins, ces modèles tout le monde sait qu’ils sont la plupart du temps inatteignables. Tout est fabriqué pour qu’ils le deviennent dans notre esprit, ce sont des « stars » aussi lointains que les étoiles.

Et pourtant il n’y a qu’à regarder les réseaux sociaux, combien de personnes tentent par des moyens tellement pathétiques de leur ressembler.

En peinture notamment combien de travaux de ce que l’histoire de l’art de ces 50 dernieres années nous a indiqué comme étant incontournables n’ont pas été copié parfois de façon éhontée en raison de l’ignorance du grand public toujours en quête d’une soi distante « nouveauté ».

C’est que consciemment ou non, nous préférons toujours aller chercher à l’extérieur de soi une écriture artistique, ce que l’on pourrait à tort définir comme de l’inspiration.

Un tel m’a inspiré ou encore je me suis inspiré d’une telle…

Mais ce n’est pas cela du tout ça l’inspiration.

Lorsque j’ai commencé à peindre je me suis tout de suite rendu compte de la difficulté que représentait l’inspiration. Dans ma naïveté je pensais qu’elle devait venir de l’extérieur. Alors j’allais dans les Musées, dans les expositions aussi souvent que je pouvais me le permettre. J’allais « admirer » les « grands artistes » ceux que l’on m’indiquait comme étant le fleuron de l’art classique ou de l’art moderne.

Et bien sur je me débattais avec un sentiment ambiguë qui oscillait perpétuellement entre orgueil, jalousie et humilité. A chaque fois j’étais capable de me dire tout en même temps j’en suis tout à fait capable et je n’y arriverais jamais.

Je revenais de ces explorations artistique chargé comme une pile et il fallait alors que je me mette à peindre comme un dément tout un tas de toiles qui la plupart du temps ne relevaient que d’une sous catégorie. Je copiais plus ou moins consciemment tel tableau qui m’avait fasciné, avec la manière du peintre et je ne m’intéressais la plupart du temps qu’à cette surface des choses. l’aspect « plastique » de la peinture.

Dans cette intention que je nourrissais sans avoir pris le temps d’en mesurer les conséquences pour la suite, j’ai progressé plastiquement bien sur, mais je me suis égaré bien des fois. Je pouvais finalement être n’importe quel peintre que j’aimais et détestais à la fois puisque je désirais lui voler son talent, m’emparer de son pouvoir, de son mana

J’ai ainsi acquis une vraie maîtrise de la peinture tout en me perdant car le résultat final n’était que le sous produit de ce qui existait déjà, de ce qui était déjà acclamé, de ce qui était achevé aussi dans l’histoire et enteriné une bonne fois comme « oeuvre majeure ».

La vie ne manque jamais d’humour, et sur cette lancée j’ai soudain trouvé un job alimentaire au musée du Louvre, rien que ça. Oh c’était un travail peu reluisant, la plupart du temps j’avais à réparer des petites choses, des lattes de parquet disjointes, des ampoules à changer, des toilettes à déboucher, mais ce n’était vraiment pas grave du tout, j’avais cette opportunité incroyable de travailler au musée du Louvre, et de côtoyer les œuvres des plus grands artistes… quelle formidable chance !

Je peux te dire que des que j’avais quelques minutes je sortais en douce mon carnet et je prenais des notes, je piquais la figure géométrique d’une composition, je fouillais l’épaisseur des pâtes colorées au delà des vernis pour retrouver les composants de ces couleurs… j’ai constitué ainsi une bonne vingtaine de carnets durant les deux années que j’ai passé à arpenter les magnifiques parquets encaustiqués des diverses galeries de ce temple de l’art.

Dans cette avidité à capter, capturer, je tentais seulement de résoudre une chose dont je n’étais bien sur pas du tout conscient, mon manque de confiance en moi-même.

Ce que j’estimais être du travail, en récoltant toute cette manne je ne le faisais que dans une intention d’accumulation, pour m’emparer à nouveau des choses, ce n’était pas noble, pas humble du tout, je ne sais pas si tu vois ce que j’essaie de te dire. Je n’étais pas du tout dans les clous de « la bonne valeur ».

Comme je le dis, la vie ne manque pas d’humour et parfois nous interprétons l’humour bêtement pour le transformer en ironie.

Car évidemment lorsque je me suis rendu compte des années plus tard que toute cette accumulation de savoir, d’informations n’était que le butin d’une chasse insensée j’ai eu honte de moi, honte de cette intention que j’avais dirigée de façon « malhonnête ».

Mais c’était encore un jugement de valeur bien sur, la vérité ne se laisse pas enfermer si facilement dans les mots ni dans les jugements.

Ce que je retiens de cette expérience, c’est que j’ai eu de la chance, une chance inouïe et que j’en ai profité comme je le pouvais à cette époque. Le but, les raisons pour lesquelles j’ai rédigé tous ces carnets importe peu dans le fond des choses désormais.

D’ailleurs la preuve en est. Peu de temps après m’être rendu compte de mon égarement, j’ai perdu tous ces carnets dans un déménagement.

Ils n’étaient donc pas si précieux que cela pour que je réussisse à les égarer.

Dans le fond des choses cela m’a mis un peu de plomb dans la cervelle et m’a beaucoup fait réfléchir sur la notion d’inspiration.

Mais c’est quoi l’inspiration ?

A moins d’être initié au shamanisme comme je le suis, ( joke) tu ne vas pas trouver l’inspiration sous le sabot du premier cheval venu, ça je peux te le dire tout de suite.

L’inspiration en peinture comme dans tout ne se déclenche qu’au bout d’un long processus dans lequel le temps perdu et le temps utilisé se côtoient dans des proportions variables.

Généralement on essaie de réduire le temps perdu, tout ce temps où l’on ne peint pas, où les heures, les jours, les semaines, les mois filent sans que tu ne donnes un seul coup de pinceaux. Çà t’est surement arrivé et rappelle toi aussi ce sentiment désagréable qui accompagne le temps perdu … c’est la culpabilité qui tire toutes les manettes n’est ce pas.

Et là je reviens au début de mon texte quand je disais qu’il ne faut pas que tu changes dans un univers familier sans en mesurer les conséquences.

Ici c’est dans ton for intérieur que cela se produit.

Pour une raison que tu ignores la plupart du temps, quelque chose se produit et tu as besoin de prendre du recul par rapport à ton art. Tu restes comme figé pétrifié, en attente, demandeur,et pas grand chose ne vient, il faut encore patienter parfois durant des jours et des jours et là tu t’en veux, tu te dis mince mais qu’est ce qui m’arrive je ne me reconnais plus….

C’est une excellente nouvelle de passer à travers ces moments de désœuvrement.

Il n’y a pas à perdre de temps à se culpabiliser , mais, si vraiment tu le souhaites, tu peux aussi.

peu importe en fait.

Moi je pense qu’au contraire tu devrais te célébrer en donnant à ton corps la récompense d’une bonne ballade, un bon bol d’air et à ton esprit la satisfaction d’aller regarder peut être quelques expos, ou pourquoi pas de jouer à un jeu vidéo, ou encore de lire des livres que tu n’as pas l’habitude de lire. Tout sera bon sauf de peindre vraiment dans le fond.

Si tu ne peux pas peindre, dessine, utilise d’autres média, des feutres, des crayons de couleurs, amuse toi comme un gamin. Prends des vacances loin de ce toi qui t’a trahit en disparaissant et en te laissant les bras ballant un moment.

Ressaisis toi , autrement.

Distrais toi !

La distraction a cela de bon qu’elle permet à ta cervelle de se reposer, tu endors une partie de ton ego, celui qui ressemble à un hamster qui courre dans sa roue tu connais n’est ce pas.

Oui dans le fond tu peux être qui tu veux.

Tu peux passer un temps fou à courir dans tous les sens pour aller chercher des informations à l’extérieur, à t’empiffrer de savoir, et te leurrer finalement toi même peu à peu en même temps que de leurrer les autres par de beaux discours.

Cela fonctionnera surement pour tous ceux qui n’ont pas une bonne oreille.

Par contre pour ceux qui savent écouter ça ne fonctionnera pas. Ils verront tout de suite toute cette panoplie de personnages par lesquels tu es passé pour t’arreter un instant dans une sorte de synthèse afin de t’adresser à eux.

Ce ne sera pas toi et ils le sentiront.

donc tu peux être qui tu veux d’accord, en attendant d’être toi.

Et dis toi aussi que la Reine Elisabeth comme Salvador Dali ou Picasso, s’ils jouent un rôle en public, le font consciemment, parce qu’ils savent au fond d’eux mêmes toutes les nécessités de ce rôle sans se perdre pour autant dans l’illusion. Dans le fond ils respectent une « étiquette ».

Ils savent qui ils sont vraiment, ils peuvent alors se le permettre.

Bonne journée et à demain pour une nouvelle partie

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :