Comment profiter des maux de dents (sans se taper la tête contre les murs)

Cela fait maintenant presque une semaine que je résiste, j’ai essayé le doliprane, les glaçons dans le gant de toilette, le clou de girofle, accompagné d’un brossage de dents 4 ou 5 fois dans la journée…j’évite le chaud et le froid autant que je le peux, et la position horizontale aussi afin que le sang se répartissent sur l’ensemble de ma constitution et ne crée pas une pression superflue dans sa partie supérieure.

On peut tenir ainsi quelques jours et rester à peu près calme.

Je ne pourrai bénéficier d’un rendez-vous chez le dentiste que dans quelques jours, vendredi matin, mon calvaire devrait s’achever.

Je suis obligé de me rendre à Lyon car ici dans la commune où je réside le peu de dentistes qui subsistent ne prennent plus de nouveaux patients. J’ai eu beau implorer que c’était urgent, rien à faire, pas de rendez vous avant mars, avril, j’ai même été au bord d’exploser de rire quand une secrétaire médicale avec sa voix suraiguë à prononcé le mot « juin »…

De nombreux dentistes étant partis en retraite, les cabinets sont restés vacants, puis ont fermé faute de repreneur. Il n’y en a plus que deux ou trois pour la commune et ses environs. Ensuite il faudra se rendre à Vienne dans le meilleur des cas, Voiron, Grenoble, Lyon.

C’est une douleur omniprésente qui attire l’attention si je ne suis pas occupé à faire quelque chose.

Autant faire quelque chose pour éviter de trop se laisser solliciter.

Cela me donne l’idée d’écrire ce texte par exemple.

Après tout le mal de dent n’est-il pas un problème qui remonte à très loin, depuis que l’être humain possède des dents finalement.

Selon une étude réalisée par un chercheur américain, David Frayer, et parue dans le Bulletin of the International Association for Paleodontology, l’homme fut d’abord son propre dentiste. Sur le site de Krapina en Croatie, des découvertes de mâchoires et de dentitions plus ou moins bien réparées le prouveraient.

Il y a 130 000 ans Néanterdal tentait de se soulager lui même à l’aide de cure dents et autres artefacts à base d’os ou de pierre lorsque surgissait les maux de dents.

En Egypte le goudron, la résine, trouvés dans la dentition des momies indiquerait que Pharaon lui-même, ce dieu vivant, souffrait de caries.

Art dentaire en Egypte image empruntée au site http://metalonmetalblog.blogspot.com/2012/03/unbelievable-surgical-operations-in.html

Quelques recherches sur le net me portent à croire que c’est donc un problème qui remonte à la nuit des temps.

Cela ne soulage en rien la douleur mais atténue un peu la sensation de solitude que celle ci non partagée par le cercle de nos proches peut provoquer généralement.

La douleur est éminemment subjective comme la solitude d’ailleurs.

La douleur comme la rédaction d’un article de blog peut être racontée de mille et une façons, probablement autant qu’il y a d’individus sur terre. Certains se contenteront de l’évoquer par un « ouille » plus ou moins discret et rudimentaire et ce dans des langues diverses

le Portugais dira « ai! »

le Lituanien articulera un « gerai! »

quant au Zoulou il déclamera sa douleur par un « ouch! »

Le fait que la douleur s’exprime dans l’onomatopée propre à une langue natale, que l’humanité toute entière préfère diversifier son expression quant à celle ci indique un intercesseur entre la source et l’expression de cette douleur.

Une dérivation s’effectue par la cervelle qui va chercher dans la culture, dans la langue dans le mot une façon de la dire, de l’expulser verbalement.

La douleur est universelle mais s’exprime subjectivement au travers de nos outils et habitudes culturels.

Si je ne digresse pas plus que ça et que je reviens à la dent, si je me penche sur ce qu’elle est, à quoi elle sert, à ce qu’elle représente, il y a certainement beaucoup à dire. Sans doute beaucoup trop pour écrire un simple article de blog qui ne soit pas indigeste.

Je pourrais trouver des angles divers et variés pour évoquer ce problème de mal de dents.

En bioenergie par exemple je découvre un article téléchargeable en pdf sur la symbolique des dents : https://energie-denis-sanchez.fr/la-symbolique-des-dents/

 » Chaque dent représente une facette de la personnalité ».

Je ne peux pas faire autrement que de m’arreter un instant sur cette phrase tellement elle m’inspire soudain mille et une idées.

Si à chaque fois que j’ai perdu une dent, j’ai aussi perdu une facette de ma personnalité … que reste t’il donc de moi à présent… je n’ai jamais été vraiment attiré par la pose d’implants.. Toujours trouvé que je n’avais pas vraiment les moyens pour cela avec ma vie de bâton de chaise. Ce qui fait que j’évite la plupart du temps de sourire trop largement afin de ne pas exhiber mes béances comme mes carences.

J’adore la philosophie des vieux esquimaux qui lorsqu’ils ne peuvent plus mâcher de poisson cru, lorsqu’ils n’ont plus assez de quenottes pour dévorer les phoques ou les baleines, finissent par se résoudre à ne plus mastiquer et se contentent de soupes et de purées.

Bon les esquimaux me soulagent un peu mais creusons un peu plus cette histoire de dents

Sans doute que tu n’as pas oublié toutes les péripéties liées à la perte de tes premières dents sans doute cela t’évoque encore quelque chose tiens , par exemple :

La fée des dents où la petite souris

Les enfants qui perdent leur premières dents ont l’habitude d’imaginer, et la tradition continue toujours de nos jours à entretenir cette croyance, qu’une fée ou la fameuse petite souris viendra chercher la dent placée sous l’oreiller et laissera une récompense en échange.

Cette notion d’échange est intrigante n’est ce pas ? et tout d’abord pourquoi certains parlent t’ils d’une fée alors que d’autres parlent d’une petite souris ?

En me promenant un peu je découvre ce site : http://ludo-lidia.over-blog.com/article-la-legende-de-la-petite-souris-et-de-la-fee-des-dents-104159154.html

Il y a deux sources différentes à cette histoire d’échange dent-argent comme nous l’indique cet article très bien documenté. D’une part l’histoire anglo-saxonne de la fée des dents:

En 1927 Esther Watkins Arnold publie « The Tooth Fairy », la Fée des Dents » premier véritable conte pour enfants sur la petite souris. et d’autre part une source française « La Bonne Petite Souris » de Madame d’Aulnoy 1650-1705 dans laquelle une fée se déguiserait en petite souris pour se cacher sous l’oreiller d’un roi et lui grignoter l’oreille…

La perte des dents de lait est un moment important dans la vie, du moins est-il choisit comme initiation d’un état vers un autre dans toutes les cultures du monde.

La dent de lait elle même semble posséder des vertus extraordinaires et sera utilisée dans des opérations magiques afin d’acquérir des qualités particulières où se débarrasser de difficultés extérieures ou intérieures. Broyée et mélangée à certaines soupes elle procurerait ainsi un tonus et un renouveau formidables ….pour les sorcières et sorciers qui en sont évidemment toujours extrêmement friands comme des rognures d’ongles de doigts et de pieds comme chacun de nous le sait.

dessin animé qui montre finalement le désir de perdre une dent pour que l’opération magique de l’arrivée de la petite souris se produise.

Placer une dent de lait de préférence dans un nid de rats ou de vipères serait une excellente solution afin qu’aucun sorcier ne puisse s’en emparer.

Cette pureté de la dent de lait, échangée contre une pièce de monnaie par des parents se dissimulant dans l’image d’une fée déguisée elle-même en petite souris …. m’indique aussitôt que l’origine de toute cette histoire prend sa source plutôt dans une tradition ancestrale de cannibalisme à peine voilée.

La pièce d’argent alors serait la solution découverte pour passer du cannibalisme à la découverte du presque semblable, l’animal puis de glissement de sens en glissement de sens à la carotte et au navet.

Ainsi la perte des dents de lait est-il effectivement un événement important pour l’humanité toute entière qui nous conduira un de ces jours, au pranisme c’est à dire de ne plus nous nourrir que d’amour et d’air .. De plus en plus de personnes semblent croire à ce « nouveau » courant de pensée que connaissent depuis des millénaires tous les « sadus » vivant au bord du Gange.

Sadus image provenant du site https://www.voyagevirtuel.info/galerie/displayimage-11-4449.html

Mais je digresse, je m’égare, je fouille sur le net et aussi dans la mémoire bien sur …

En vidant la maison de mon père il y a de cela quelques années j’ai retrouvé un carton à chaussures dans lequel, parmis tout un bric à brac ,se trouvait des dents enveloppées dans du papier de soie.

Comme celles ci étaient entourée par des médailles militaires lui ayant appartenu ainsi que de vieilles photographies de mes grands parents, j’en ai déduit que ce devaient certainement être ces fameuses dents de lait qu’il avait perdues enfant, et qu’elles avaient été durant toutes ces années préservées comme un trésor pour finir dans ce carton que je découvrirai un jour par inadvertance.

La dent de lait vestige de l’innocence enfantine qu’une mère finalement plus attentionnée que je l’aurais pensé aura su conserver dans du papier de soie.

J’ai conservé l’image d’une grand mère pas très gentille car trop gentille en apparence et peut-être que finalement ce mal de dent me permet de revenir sur cette image, de la revisiter et au travers des années résoudre des difficultés, des interprétations par nature erronées. Peut-être que ces maux de dent me permettront d’aller quérir les bons mots pour me souvenir plus justement, plus humainement au delà de l’émail posé par dessus l’os et qu’ainsi si je puis dire je reviendrai soit au nerf de la guerre, soit à la substantifique moelle…de toutes mes expériences enfantines, à leur « réalité » intrinsèque, objective…

La dent n’est donc pas qu’une dent, elle représente toute une symbolique de l’être et le fait d’utiliser le terme de maux de dents peut facilement permettre d’imaginer une relation avec les mots que l’on voudrait dire, comme ceux qu’ils nous est impossible d’exprimer.

Si s’exprimer soulage, alors les mots que l’on ne peut pas dire, les mots que l’on s’obstine à taire pourraient chercher malgré tous nos efforts, à s’exprimer dans les maux, et que ces maux se localisent à ce point que l’on puisse parler d’un mal de dents n’est certainement pas innocent.

Je ne peux pas m’empêcher soudain de penser à la caverne primitive, celle de Platon bien sur, mais aussi celle de Neandertal, comme à celle que représente la bouche, celle du nouveau né.

La bouche est la zone sensorielle la plus développée à la naissance nous dit cet excellent article :http://www.mieux-etre.org/Quand-les-dents-se-revelent-outil-de-connaissance-de-soi.html

Il est à noter que l’apparition des dents de lait correspond à une rupture avec la mère et à la découverte de l’autonomie chez l’enfant. Entre la bouche et le téton désormais s’interposent ces objets solides et tranchants qui mettent un terme à la notion fusionnelle de la relation.

Il y a désormais cette barrière de dents ( dedans) entre maman et moi qui mettra fin à jamais à cette sensation d’unité que nous avons vécue ensemble sur le mode sensitif et dont notre cerveau conserve une nostalgie plus ou moins précieuse pour chacun de nous.

Possible que l’on s’en soit voulu mutuellement certainement de façon animale c’est à dire de façon apparemment déraisonnable.

Entre ces deux termes de la mère et l’amer mon âme aura toujours erré afin de combler ce vide.

Le vide d’une dent perdue, d’une molaire, d’une dent de sagesse, surtout les dents du fond lorsque j’y pense, alors que j’ai su conserver comme une promesse, une parole à tenir absolument les canines et les incisives.

La question que je me pose finalement c’est ce que je pourrais mettre derrière ce terme si facile qu’utilise mon épouse parfois lorsqu’elle m’apprend ma « négligence », lorsqu’elle la pointe comme une défaillance en me caressant le peu de cheveux qui me reste.

Pourquoi es tu si négligent me murmure t’elle alors ?

Sans doute est ce parce que ce mal de dent m’est parfois nécessaire que je n’éprouve pas le besoin d’y pallier en amont. Sans doute la raison de toutes nos négligences provient t’elle d’une quête enfantine, comme d’une rage, une colère à la fois d’avoir perdu une sensation paradisiaque que de vouloir par la sagesse, la folie et l’introspection, l’écriture tenter d’y remédier.

J’ai traversé quelques heures en rédigeant ces notes qui proviennent de ce mal de dent, et j’ai essayé autant que faire ce peu d’atténuer la tragédie et le drame qui naissent confusément par la douleur vive.

En écrivant j’ai extirpé des idées, des mots qui ne valent que ce qu’ils valent pour ceux qui les liront mais qui auront quand même eu cette particularité de me tenir tranquille assis sur ma chaise pour te les dire autant que pour me les dire.

La fatigue est là désormais, comme après une séance de sport où l’achèvement d’un tableau c’est une bonne fatigue et je crois que je vais en profiter, la douleur se calmant pour aller dormir un peu.

En ouvrant grand mes oreilles, mes yeux et ma cervelle toute entière j’ai fini par éviter de me cogner la tête contre les murs et rien que pour cela je me dis que c’est à la fois chouette d’avoir un mal dedans et de ne pas se laisser aller à se cogner la tête contre les murs.

Pour finir je trouve une dernière image en m’amusant… c’est en tapant la requete « adam » que je tombe sur celle ci … adam, l’adn …cela me semble tout à coup important sans que je ne sache pourquoi. C’est toujours intéressant après une longue introspection de tomber sur le mystère !

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