Lambeaux

Des amas de dessins et de peintures inachevés rangés dans des cartons dont je ne me résous pas à me séparer.

Scories de 15 années passées à intervenir dans des ateliers de dessin et peinture. J’aurais conservé jusqu’à l’essuie tout maculé de taches si je n’avais craint le ridicule associé à tout excès. Toujours cette indicible crainte de paraître bête et qui nous freine dans nos élans, c’est surement la base même de la bêtise.

Pourtant que de belles choses à construire avec ces vieux chiffons durcis quand on les incruste, les aplati, les arrange dans le Gesso, sur la toile.

La période des « matières », l’an passé a été riche en émotions grâce à ces lambeaux sauvés in extremis de l’inutile.

Le but de tout cela était de trouver un sens à ce qui n’en a plus.

Evidemment de belles œuvres qui sont nées de toute cette industrie. De la déchirure à la pliure, l’absence de gomme qui provoque l’usage d’une nouvelle feuille, que l’on froisse ou réduit en boule.Tous ces hasards, tous ces accidents que l’on déplore et qu’on ne veut pas regarder au delà de l’impromptu, de l’empêchement.

Réagencer les sens, désorganiser l’évidence, déranger le train train, voilà ce qui me préoccupait encore l’année dernière.

A partir de quand se pose t’on vraiment la question ?

Que faire de tous ces petits cailloux que l’on sème derrière soi afin de ne pas se perdre ?

Et si au contraire, laisser la place vide et propre était la solution ?

Comme un vase qui attend sagement sur l’étagère sa brassée de fleurs des champs.

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