Le mensonge nécessaire de l’histoire

Sans histoire il n’y aurait pas d’humanité, sans mensonge il n’y aurait pas d’histoire, sans mensonge pas d’humanité, tout cela tourne en boucle ce matin. Et, pour en revenir sans arrêt à la peinture, il est possible que la traversée de ces derniers mois, ce désert, ne soit qu’une révolte contre une capacité à mentir comme à changer de point de vue encore, et encore sur ce que je puis être en tant que peintre, mais plus encore en tant qu’homme.

Que serait cet homme qui se contenterait de tacher la surface abolissant dans un même temps l’histoire et les mensonges ? et dans quel but surtout ?

Quelle obscure volonté de « vérité’ encore et toujours ne serait-il pas encore en train de fomenter. Une nouvelle histoire, un nouveau mensonge, éloignant à nouveau l’homme de lui-même, comme cet Ulysse qui ne parvient jamais à retrouver Ithaque ni plus que Pénélope.

Les dieux encore une fois (ou le destin) auraient bon dos pour soulever le poids de raisonnable à donner à cette affaire.

Les dieux seraient la raison la plus raisonnable lorsque toutes les autres seraient épuisées.

Le destin finalement y retrouverait la place, celle qu’il n’a jamais cessé d’occuper caché sous les intrigues, sous les costumes des personnages romanesques, tous ces fantômes mus par le mensonge du « libre arbitre ».

La peinture sans histoire et sans mensonge peut-elle vraiment exister et quel serait alors le but recherché par le peintre autre que de trouver une nouvelle vérité ?

Cela dans un sens expliquerait parfaitement le dégoût éprouvé à l’apparition de toute forme, tout embryon de forme suggestive, celle qui se prêterait à l’interprétation immédiate, à l’invention d’une pseudo vérité ou d’un antique mensonge.

Cela dans tous les sens expliquerait la métamorphose des formes qui ne s’arrête jamais d’un tableau l’autre sans volonté d’arrêt sans volonté de répit, cette course effrénée du peintre entre Charybde et Scylla, le mensonge et la vérité.

« Comme vous êtes compliqué môssieur le peintre » intervient soudain Monsieur Loyal

Le peintre ne répond pas il continue à chûter sans relache comme à se relever , n’est ce pas la seule chose qu’il sait véritablement faire ? tomber et se relever dans la peinture comme un Auguste au milieu d’une piste circulaire, dans la sciure et les reliquats d’huile durcis

Tout à coup voici aussi le mime Marceau qui revient à la charge pour peindre un mot d’amour infini avec des gestes pleins d’ailes et de doigts et ce sans prononcer le moindre mot. Empruntons lui le pas songe le peintre en se prenant à nouveau les pieds dans sa blouse. Mais regardez le donc, le voici qui dégringole à nouveau juste pour rire ou pouvoir se relever, nul ne le sait.

2 commentaires sur “Le mensonge nécessaire de l’histoire

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :