Du ridicule comme vecteur de progrès.

A peu près tout ce qui est à première vue ridicule devrait attirer ton attention. Le ridicule aurait la fonction de donner du relief à certaines idées sans lequel elle sombreraient dans la gravité des platitudes permanentes.

Rappelle toi qu’il y a plus de 1000 ans c’eut été parfaitement ridicule d’imaginer sans crier à la sorcellerie, une femme comme Marie Curie, et pourtant Hildegarde de Bingen existait déjà, elle n’était pas vraiment une sorcière mais une nonne, et cherchait dans des processus de pourrissement les lois de la métamorphose en mort sèche et en mort humide.

Encore aujourd’hui la plupart des gens trouveraient cela parfaitement ridicule. Et pourtant grâce à sa curiosité, à son élan vers l’inconnu, avec toute sa foi dans le divin, et certainement une bonne dose d’humour, elle a certainement permis à la pharmacopée comme à la musique de progresser.

Le ridicule et le sérieux sont des catégories fluctuantes au cours du temps et tout dépend peut-être de notre façon d’interpréter l’information en général. Si l’on remonte à la source de celle-ci, si tu te posais la question de savoir à quoi sert l’information, de nos jours tu conviendras qu’un glissement sémantique s’est opéré entre information et mot d’ordre. Notre perpétuelle soif d’information nous transforme en alcooliques sans même que nous nous en apercevions. Sauf que ce n’est pas l’alcool dans ce cas qui dirige nos vies, mais le politique.

Actuellement la plupart des informations n’ont que des objectifs politiques. Actuellement l’information ne sert qu’à construire une opinion si possible en faveur de ceux qui veulent la modeler dans leur intérêt.

Mais l’information est ce seulement un mot d’ordre comme le disait d’ailleurs fort justement dans son époque Gilles Deleuze ?

Si l’on remonte à la source de l’information comme du politique on trouvera certainement de bonnes raisons pour qu’elles soient devenues si essentielles dans nos vies à certains moments de notre histoire, et souvent tout à commencé par quelque chose d’éminemment ridicule, comme placer une graine dans la terre, dépecer un animal pour se vêtir, placer un totem en bois au milieu de la place d’un village.

Ces choses si on les regarde froidement ne sont rien d’autre que des actes provoqués par des informations ridicules, puis elles sont devenues familières, nous ne les avons que très peu remises en question pendant des siècles, c’est ainsi que le ridicule se sera transformé en évidence.

L’esprit humain rationnel n’est pas quelque chose de si ancien que cela, la plupart du temps nos actes reposent sur des émotions et des croyances, ce qu’ont très bien compris les publicitaires qui ont à vendre des produits aux grandes masses de consommateurs.

Si on ne jouait pas sur l’émotion et la pulsion, si on laissait les gens réfléchir à l’utilité réelle d’une Porche ou d’une Rollex , si on remontait logiquement à l’origine de ces actes d’achat on verrait alors que leurs motivations sont d’une pauvreté indicible la plupart du temps.

A quoi sert l’information ? a quoi sert-t’elle ontologiquement, avant qu’elle ne soit happée par le politique ou le publicitaire ?

Il se pourrait que la fonte des glaces libère tout un tas d’informations enfouies depuis des milliards d’années qui n’attendaient que le moment propice pour resurgir.

C’est un événement qui nous touche tous intellectuellement d’accord mais dont nous ne pouvons pas mesurer la portée réelle. Il se pourrait que la glace contienne d’anciens virus comme de magnifiques idées et j’ai bien conscience que ce que je t’écris pourra te paraître parfaitement ridicule.

Nous ne cessons de découper la réalité en tranches et le ridicule n’est que le pendant d’un sérieux de convention. Comme en peinture l’art moderne serait le pendant de l’art classique. Mais si l’on s’enfonce vers la source à la fois de l’information et de l’art qu’est ce qui peut vraiment lier ces concepts si ce n’est le « vivre ensemble ? »

Comment vivre ensemble avec cette masse infinie d’informations libérée par les grands bouleversement climatiques, par la panique de ne pas pouvoir les gérer comme on dit car c’est aussi une particularité de l’esprit humain de vouloir contrôler le plus de choses possibles ?

La panique rappelle le cri du Dieu Pan, de la nature qui a toujours effrayé l’homme. C’est pour ne pas céder à la panique, pour résister, s’opposer à celle ci que les gouvernements, les cités, les lois, les institutions existent.

Or désormais nous sommes en train de nous apercevoir du ridicule de toutes ces barrières que nous avions posées contre un ennemi invisible et que nous considérons pourtant comme bien réel. Le hasard, l’imprévisible sont les armes de Pan généralement, mais seulement parce que nous pensons avoir engagé une guerre contre lui.

Le hasard et l’imprévisible sont peut être des offrandes rejetées par la raison de notre époque en vertu d’une rationalité qui n’a plus vraiment de raison d’être justement. L’effritement de l’information comme l’effritement du politique comme des écailles tombant des yeux devraient nous alerter sur l’origine de nos actes posés jadis.

Le ridicule devrait désormais être plébiscité plus que tout autre idole car de toutes évidence, il sera le seul vecteur de tout progrès à venir encore.

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