Jeter son dévolu

Souvent incapable et indigne de les aimer encore, de les choyer ou de les entretenir, ils m’entourent silencieusement désormais, témoins omniprésents au procès de mes inconstances.

Parfois me vient à l’esprit de tout jeter, de m’en débarrasser, tel un pape jetant le dévolu au bénéfice d’un plus méritant que je ne serai jamais.

Ainsi le désordre est-il à la fois le lieu de mon procès comme celui de mon ivresse.

Ce qui m’a conduit à la confusion des objets comme à la confusion des êtres ?

L’illusion du manque d’amour certainement.

Et je ne saurais te dire la beauté cruelle de ce souillon que tout le monde pense connaitre et fuit.

Pourtant n’est ce pas dans la plus grande pauvreté que le manque révèle le nécessaire ?

Et sais tu aussi

Que l’on peut tomber amoureux du manque comme du strict nécessaire ?

Tu t’attardes ainsi à adorer la servante pour retarder le moment de rencontrer la maîtresse.

Quel dépit te permet de penser qu’elle fut injuste ? De victime ou d’accusé te voici juge ?

Alors tu t’installes à la colle avec l’absence.

Et vois comme c’est facile de lui donner mille corps, mille bouches que tu pourras couvrir de baisers

En abandonnant les souvenirs d’hier et ne pouvant t’attacher aux projets d’un lendemain.

Tel un pape ayant jeté tous ses dévolus, et qui ne reçoit plus.

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