Colère mystique

Cette colère qui t’agite, ne vient que de la désespérance et de l’oubli.

Tu oublies toujours que je me tiens à tes côtés même si je ne dis mot

Même si tu ne me regardes pas.

Cette colère vient de la fatigue

De l’habitude

Quand tu l’appelles ennui.

Elle vient de la distraction qui te pousse sans relâche vers le dehors

Et que tu confonds avec le mouvement.

Tu me crois infidèle, volage, écervelée parfois

Mais ce ne sont là que des reflets faussés par tes errances.

La nouveauté est aussi un reflet

Insensé

Que crois tu vraiment connaitre ?

Si soudain tu te taisais,

Si tu calmais ton cœur

Et tes pensées

la nouveauté te serait tellement familière

Et certainement tu me verrais

Et parfaitement tu m’entendrais.

La poésie est un moyen de dire l’indicible, d’exprimer ce débordement qui ne peut être contenu et qu’elle aide à canaliser par l’économie de mots.

La raison du mysticisme, qu’elle provienne du dérèglement mental, d’une expérience accidentelle n’est pas le sujet le plus important.

Ce qui est important c’est la contrariété mal gérée en raison de l’égarement que procure vis à vis des autres cette expérience.

Sans doute est-ce la raison également pour laquelle certains mystiques ont besoin de vivre à l’écart du monde, afin de ne pas être dérangé par celui-ci.

Cette notion de « dérangement » est intéressante car il m’a toujours semblé que la véritable voie mystique que je tentais de suivre se devait d’englober le monde et non de s’en écarter.

Bien sur je m’en suis écarté aussi car j’avais beaucoup de difficultés à maintenir l’expérience en présence du monde.

S’en est suivi des périodes d’alternance entre s’éloigner et revenir au monde pendant des années jusqu’à trouver enfin l’équilibre.

Ce n’est donc ni dans la solitude ni dans la foule que se trouve le lieu mais encore une fois dans cet « entre-deux ».

Le danger existe toujours de s’enivrer de solitude comme de s’enivrer du monde et dans ces deux cas la cloison devient perméable entre délire et expérience mystique.

Un des signes du délire est la colère et la contrariété.

elle vient du fait que celui qui marche sur la voie mystique ressent de la désespérance, du doute, et qu’il dégringole d’une sorte de tour d’ivoire dans laquelle il se serait confortablement installé. Cette colère est le signe pour celui qui veut sincèrement continuer le chemin d’aller plus loin encore et de dépasser les raisons de cette colère désormais qu’il les a circonscrites à sa nature.

Cela ne signifie nullement que le mystique ne se mettra plus en colère, mais qu’il sera plus conscient de celle ci lorsqu’il la déclenchera. Elle ne viendra pas « par hasard » , elle fera partie de tous les outils à la disposition du cœur pour s’exprimer selon un mode, une tonalité, une musique. La colère sera désormais inscrite comme une mélodie semblable à toutes les mélodies.

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