Objectifs et passage à l’action.

En chacun de nous il est d’usage de considérer qu’il y a deux personnages antagonistes. L’un est l’architecte, et l’autre l’artisan.

Il ne sont pas souvent d’accord en ce qui me concerne car l’architecte ne cesse de remodeler ses plans au fur et à mesure où les idées lui viennent, ce qui met en rage l’artisan car bien souvent ce que propose l’architecte remet en question ses plannings, son stock de stratégies, la pertinence de ses outils, des matériaux etc.

Ce conflit permanent est certainement une des sources principales de ce que l’on a coutume d’appeler la procrastination.

Il en résulte une sorte de bouderie de l’un envers l’autre, et les deux personnages se renvoient la balle pendant que le temps file inexorablement et que rien ne se fait.

En fait c’est la grande différence entre le rêve et la réalité dont nous parle ce conflit.

L’architecte passe son temps dans les rêves, pour améliorer ou préciser ses idées tandis que l’artisan ne cesse de maugréer en observant le manque de réalisme bien souvent des tâches à mener à bien.

J’ai emprunté cette idée à Stan Leloup qui en parle avec finesse dans la formation qu’il propose sur son site marketingmania et qui « s’intitule la méthode des 90 jours. »

A la vérité j’ai acheté cette formation, j’ai bien suivi à la lettre la plupart des modules comme un bon artisan, puis quand l’architecte s’est réveillé, il m’a fait douter, et j’ai évidemment du mettre toute la suite de cette formation en stand by.

Il faut dire à la décharge de l’architecte que ces formations que proposent désormais tant de sites, de marketeurs sont extrêmement attrayantes et qu’elles nous incitent à croire qu’elles vont régler bon nombre des problèmes que nous rencontrons en tant qu’indépendant.

La problème surgit cependant quand je considère ma boite mail et que je vois s’empiler toutes ces offres alléchantes qui globalement ne cessent de façon séduisante de vouloir t’inciter à « passer à l’action« .

Accompagné d’une urgence la plupart du temps ( « attention la formation disparaît à minuit », « ou vous avez perdu votre droit de retrait de 250 euros » , ou bien encore « si tu n’as pas compris l’importance pour toi, passe vite ton chemin »)

Une pression tout à coup commence à surgir au fur et à mesure de la lecture de ces emails.

Et puis au bout d’un moment, comme c’est toujours la même chose présentée légèrement différemment, on se fatigue et on n’ouvre plus le contenu.

Une sensation mitigée s’installe alors dans laquelle on se reconnait comme pigeon et en même temps comme incapable.

Je te laisse deviner qui de l’architecte ou de l’artisan ressent le plus ce malaise …

A quel part de nous même ces emails s’adressent t’ils ?

Au fond, si tu ne passes pas à l’action après tout çà c’est que es ni plus ni moins que le roi des cons.

Et en ce qui me concerne c’est assez facile de le penser environ une ou deux fois par jour.

Je reconnais dans cette sorte de stupéfaction exactement le même phénomène lorsque mon épouse m’interroge sur ce que je fais en peinture.

« tu te disperses trop »

voilà ce qu’elle ne cesse de me dire.

Elle n’a pas tort je travaille extrêmement vite et les tableaux peuvent s’enchainer dans une meme journée sans qu’aucun n’ait un rapport avec le précédent.

Je me suis demandé si je n’étais pas frappé d’une sorte d’idiotie congénitale, si je n’étais pas un crétin magistral, et à quoi finalement cet acharnement à la dispersion pouvait bien me servir …

Il se pourrait bien qu’en peinture et ce contre toute attente je ne fasse alors que de « passer à l’action » sans relâche en me fichant pas mal de l’architecte.

Ce que représente l’architecte alors dans le cadre de la peinture, c’est celui que je tiens en dehors de l’atelier.

C’est toute cette masse de plans sur la comète, de rêveries fatigantes, cet éreintement du à la tergiversation.

Je laisse tout dehors, je bondis sur ma toile et je ne pense à rien, je peins et c’est tout.

Parfois ça me plait,

rarement en fait,

et d’autre fois, ça ne me plait pas mais je ne m’attarde jamais trop sur tout ça.

Je reprends une nouvelle toile et je m’y remets.

Parce que ce que j’ai compris c’est :

peu importe le résultat !

peut importe la satisfaction ou le dégout que je pourrais attribuer à tout cela,

cela ne sert strictement à rien du tout.

J’ai mis à l’écart tout jugement, toute appréciation personnelle et justement cet écart m’offre une totale liberté de passer à l’action non pour atteindre quelque chose vraiment,

je n’ai pas d’idée de but,

c’est plus un entrainement à agir là tout de suite sans se poser de question.

C’est vivre tout bêtement.

Je me demande parfois ce que cela pourrait donner si je passais à l’action ainsi dans tous les domaines de ma vie dans lesquels j’ai coutume de procrastiner…

Et dans ce cas que faire de l’architecte si je ne cesse jamais de le mettre à l’écart de tous les processus d’action ?

Voilà une question sur laquelle il pourrait bien être utile de s’attarder pendant cette étrange période de confinement que nous traversons.

Pourtant c’est simple, tellement simple peut-être de décider d’un objectif et de s’y mettre dans le cadre d’un durée, j’ai du faire cela mille fois dans ma vie.

Ce qui bloque alors est ce un refus d’organisation qui resterait figée pour une durée déterminée désormais ?

Est ce que je m’organise mal ?

Est ce que je mets la barre trop haut ?

Est ce qu’il ne faudrait pas remporter d’abord de petites victoires comme un convalescent qui peu à peu retrouve l’usage de ses jambes, de son corps ?

C’est sans doute sur cela que je vais travailler dans cette période étrange que nous traversons.

Me fixer des objectifs qui me parlent vraiment, qui ont un sens, et les réaliser dans le cadre d’une semaine , d’une journée, d’une heure s’il le faut.

Rien que pour voir ce que ça donne sans être trop attaché à cette notion de résultat encore comme lorsque je peins.

Je te tiens au courant pour la suite évidemment, tu n’as juste qu’à t’abonner à ce blog si ce n’est pas déjà fait.

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