La douleur fantôme de la jambe perdue.

Le mendiant à la jambe de bois Jacques Callot

Il y a bien des années de cela, de l’autre coté du grillage, un homme agé sortait de sa maison et s’approchait en clopinant.

Il saluait gentiment le gamin et sortait de sa poche des bonbons qu’il lui passait entre les mailles du grillage tandis qu’ils commençaient à discuter.

En général c’était des propos qui avaient attrait au temps qu’il faisait, à la qualité du sommeil de la dernière nuit traversée, et ce matin là le sujet de conversation portait sur l’alignement des hirondelles, installées comme des notes de musique sur les fils electriques.

Elles viennent d’arriver déclara le vieil homme les beaux jours vont enfin commencer. Et c’était vrai quand le gamin se souvenait de tous les bourgeons qu’il avait déjà observes dans le jardin.

Pourtant j’ai encore mal à ma jambe ajouta le vieux, ça veut dire qu’il va quand même pleuvoir dans pas longtemps.

Le gamin fronça les sourcils car il se demandait bien de quelle jambe le vieux parlait.

Alors le vieux lui raconta que régulièrement il sentait encore une douleur à la jambe qu’il avait perdue durant le première guerre mondiale, dans une tranchée.

« Tu vois petit, on s’attache à ce que l’on croit être ou posséder avec une telle volonté, une telle force une telle habitude, que même lorsqu’on le perd on s’imagine encore avoir mal à cet endroit là. Et tu sais pourquoi ? Parce que la douleur rassure dans le fond, elle nous procure quelque chose de solide encore, elle nourrit le souvenir de ce qui n’est plus.

Le gamin le regarda sans comprendre ce qu’il disait, il décida de conserver malgré tout ce propos en mémoire peut-être que cela serait utile d’y penser un jour.

Plus tard durant une de ces journées de pluie, où il devrait rester enfermé à la maison.

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