Comment lutter contre l’ennui du confinement.

Ce qui est insupportable c’est de regarder la journée filer et d’arriver au soir en se disant : je n’ai rien fait

Ce qui est insupportable aussi c’est de parvenir à cette lassitude qui permet à la lucidité de prendre le pas sur la distraction que l’on vient de traverser et qui nous dit : tu t’es bien voilé la face aujourd’hui en te dispersant dans un tas de choses qui ne servent pas à grand chose.

A la fin de ce type de journée, le malaise est intense et évidemment le risque est grand que nous cherchions encore à l’éviter, à le fuir avec encore de la distraction.

Regarder une émission plus ou moins intéressante à la télévision

Tenter de se concentrer sur un bouquin qui ne nous passionne pas vraiment mais comme on l’a acheté, on se sent bien obligé d’aller jusqu’au bout… ou pas.

Feuilleter des notes, des vieilles photographies, pour se remémorer de meilleurs moments que celui que nous sommes en train de traverser.

Ou bien se coller à nouveau sur les réseaux sociaux pour s’égarer dans le fil d’actualité qui ne cesse de ressasser toujours les mêmes blagues, les mêmes colères, la même angoisse… ponctué ça et là d’invitations alléchantes à se former, à consommer je ne sais quoi… pour meubler finalement et pas grand chose de plus.

Comment s’extraire de cette routine mortifère ? chaque soir on se dit il faut que cela soit différent demain, il faut que je fasse quelque chose de vraiment utile… mais quand nous nous éveillons l’énergie, la motivation n’y sont pas ..nous reprenons exactement nos habitudes.

Ce genre de comportement tu le connais, nous le connaissons tous à plus ou moins haute dose, à plus ou moins haute fréquence. Nous cherchons toujours des moyens pour nous en extraire mais la plupart du temps ça ne nous dispense pas d’y retomber

Une agitation, un désordre, une contrariété, et patatrac tout l’échafaudage vacille et peu de temps après s’écroule lentement comme un château de sable.

Surtout quand on est seul, surtout quand personne ne compte vraiment sur nous.

Quand on n’a pas vraiment ce cadre de responsabilités qui nous oblige à maintenir une attitude, une apparence bien souvent face à des proches, à des collègues de travail.

Cette période de confinement actuelle je l’ai traversé bien des fois dans ma vie. Je peux en parler en expert.

Oh non pas que j’ai été contraint par un virus à rester chez moi et à ne plus pouvoir sortir, non ce n’est pas vraiment cela.

Le confinement dont je parle est bien plus insidieux.

C’est un enfermement dont on ne se rend à peine compte lorsqu’il commence.

On s’enferme dans un lieu pour écrire, dessiner, parce qu’on pense que le calme ainsi sera de meilleure qualité que partout ailleurs.

Et puis on s’habitue peu à peu à cet enfermement.

On se coupe de ses relations sociales, parce que l’ennui d’entendre ou voir toujours les même choses finit par nous agacer, et l’on choisit sa propre compagnie parce que toutes les autres à terme deviennent pesantes.

Et l’on s’enfonce, on creuse cet ennui avec ce que l’on a.

En ce qui me concerne cela a été la photographie, puis l’écriture, et enfin le dessin et la peinture.

Ce qui est drôle c’est qu’en creusant ainsi chacun de ces sentiers on se rapproche d’une intimité qu’on ne savait pas, la notre et de toute notre panoplie de mensonges, de non dits, de biais que l’on a construit tout autour en premier lieu.

Une fois ce premier lieu visité, on passe à un second et puis à un autre comme dans un jeu de poupées russes jusqu’à finalement découvrir caché au fond de tout cela la plupart du temps un gamin ou une gamine recroquevillés sur eux meme qui n’attendaient qu’une seule chose … c’est qu’on finisse par les découvrir.

alors on fait le chemin peu à peu à l’envers

On écrit mais on sait que ça touchera d’autres personnes

On dessine et cela aussi touchera le monde

C’est un cheminement étrange dont je te parle dans ces lignes si tu n’es jamais passé par là tu auras sans doute des difficultés à me croire ou à comprendre mais ce n’est pas bien grave. Chaque chose en son temps.

Une chose importante que j’ai finit par comprendre en tous les cas et que j’avais envie de partager ces jours ci avec toi, c’est que cela ne sert à rien de fuir l’ennui.

Au contraire, il faut s’asseoir au beau milieu de cet ennui et regarder ce qui se passe.

Il faut laisser tomber toutes les illusions de distraction possibles.

Parvenir à ce silence qui ne fait plus peur

Parvenir au Silence.

Et regarder écouter tout ce qui se produit alors.

Cette relation figée avec le monde qui se dissipe peu à peu.

Et soudain découvrir que le monde même à l’intérieur de la cave la plus obscure n’est pas le monde qu’on imaginait.

2 commentaires sur “Comment lutter contre l’ennui du confinement.

  1. Bonjour,
    Je comprends cette sensation de vide, de perte de temps. Votre texte me touche particulièrement…
    Assis au milieu des envies de se distraire, le plus dur est de se mettre debout et d’agir. Agir pour quelque chose, pour quelqu’un, pour une idée, en extériorisant sa propre intériorité… Personnellement je passe mon temps entre la position assise et debout, à m’oublier pour revenir vers moi pour m’oublier à nouveau. Mais peut-être finalement que la chose la plus dur est de ne pas penser à soi tout en étant assis, confiné en esprit.
    C’est peut-être ce que vous dites quand vous parlez de redécouvrir le monde dans le même décor. Sortir de ses habitudes en faisant les mêmes choses.
    Pour sortir de moi sans sortir de chez moi, quand je ne me distrais pas inutilement, j’essaie de philosopher. Et alors quand je reviens je me redécouvre complétement, je diffère d’avant, grandis ou amenuisé, mais autre.
    Merci pour votre pensée,
    Bonne journée !

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