Le talon d’Achille des solutions d’urgence.

Dans le fond il nous faut toujours des héros pour sauver le monde, que ceux ci prennent des noms modernes, scientifiques, et qu’ils véhiculent surtout de l’espoir c’est à peu près tout ce que nous leur demandons.

Ainsi il en va de la Chloroquine comme du Dépistage, ou de ses avatars les Tests.

Etant d’une nature plutôt imaginative et vieille école certainement, je privilégierais plutôt l’Amabié Nippon, l’Archange Gabriel, où tout bonnement l’apparition de la Vierge pour provoquer en moi un espoir quelconque que toute cette aventure « pandémique » se finisse bien.

Cependant que je ne peux m’empêcher de penser à ce héros Grec réputé pour son invincibilité au combat, le fier, l’orgueilleux Achille, qui comme tu le sais sans doute périt d’une faiblesse imprévue-le penserait t’on- d’une fragilité au talon.

Tous les héros ont une faille prévue à bon escient sans doute par le destin. Ce bon escient qui nous oblige toujours à ne pas trop nous enivrer d’espoir.

En y réfléchissant on peut se demander pourquoi cet enthousiasme serait nocif tout comme est nocive la fréquentation du désespoir.

C’est que, ainsi que nous l’ont enseigné tous les sages de toutes les civilisations disparues, l’excès est notre pire ennemi.

C’est certainement par l’entremise d’une chauve souris que nous allons voir s’écrouler ce monde que nous pensions si solide, si réel, et soudain toutes nos certitudes montrent leurs vrais visages.

Ce ne sont guère que des pansements, des oeillères à la fois pour panser notre insignifiance cosmique et nous obliger à ne regarder que dans la direction décrétée par une poignée de personnes souvent peu scrupuleuses.

Quelle croyance pourrions nous avoir après tant de tragédies , d’horreurs, de déceptions vis à vis de nous autres humains, quelle croyance pourrions nous encore entretenir que tout va certainement s’arranger et le « pourquoi » ne vaut-il pas, à ce point des choses, son vrai pesant de cacahuètes ?

Nous espérons que les choses s’arrangent que tout redevienne comme avant … et surtout que ça continue comme avant.

voilà le fin mot de l’histoire perpétuelle qui ne cesse de se répéter de drames en drames de tragédie en tragédie.

L’obsession de la sécurité des points de repère de laquelle nous ne daignons pas sortir.

Comme de la merde bien chaude, confortable, même si elle ne sent pas bien bon mais qui nous permet malgré tout de résister à l’érosion de l’incertain.

Cet incertain c’est ce lieu pourtant dans lequel sombrent tous les héros il ne faut pas l’oublier.

C’est toujours dans l’incertitude accompagnée d’inadvertance que l’accident fatal se produit, que l’espoir comme le héros se cassent la gueule.

Et pourtant le monde continue d’exister

Et pourtant la planète continue de tourner

Et ces deux faits, ne seraient-ce qu’eux rendent risibles toutes les solutions dites d’urgence que l’être humain ne cesse de trouver pour entretenir l’espérance parfois fabriquée de toutes pièces s’il le faut.

Quand les solutions sont aussi factices que l’espérance qu’elles sont chargées de produire…c’est la découverte du talon d’Achille de tous ceux qui nous gouvernent et en qui nous avons fait preuve d’excès de croyance, d’excès de confiance, envers qui nous avons délégué par notre inaptitude personnelle à créer notre espoir personnel, l’art de se mentir, de nous mentir.

En peinture le talon d’Achille c’est souvent la fatigue de la solitude à traverser , celle des avis préformatés, des poncifs, et des silences mal interprétés. C’est aussi de perdre sa route en peignant des choses sensées plaire au plus grand nombre pour pouvoir gagner sa vie, dans l’urgence et la crainte d’avoir à manquer de quoi que ce soit.

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :