Enfermé dans la tête.

Ce confinement que nous traversons tous et ce de manière mondiale désormais est une métaphore prodigieuse.

Si ce petit virus de rien du tout provient effectivement d’une chauve-souris qui, la plupart du temps est aveugle et se déplace au radar, si l’on veut bien aussi se souvenir de l’allégorie de la caverne de Platon, on peut toujours trouver des liens entre toutes ces choses.

Nous sommes essentiellement constitués de cette nécessité d’établir des liens entre les choses, notre intelligence s’est construite au cours des milliers d’années de cette façons, nous n’y pouvons pas grand chose, disons que c’est le destin, la fatalité ou ce que tu voudras finalement car cela n’a pas vraiment d’importance.

Nous cherchons des liens entre les choses dans quel but ? pourquoi ?

Parce que nous sommes enfermés dans nos têtes.

Je ne vois que cela.

Et il y a toujours plusieurs façons bien sur de vivre cette situation, car il faut bien la vivre, nous n’avons pas le choix non plus.

Soit tu la vis bien

soit tu la vis mal

Je le laisse le choix de décider ce qui est bon ou mauvais, ce ne sont finalement que des directions pour orienter des pensées et pas grand chose d’autre.

Le moteur de ces pensées est en revanche digne d’intérêt en tous cas

Qu’est ce qui va te pousser des le matin à t’arracher les cheveux ou à raler sur ta vie et sur le monde ?

Qu’est ce qui au contraire va faire que tu savoures un thé et observes le jardin, les premières feuilles et que tu prêtes enfin attention à un chant d’oiseau ?

Tout le monde n’a pas de jardin je sais mais admettons que tu sois enclin à ouvrir ta fenetre, en ce moment même en ville on peut à nouveau entendre les oiseaux chanter …

Je pense à tout cela ce matin et à toutes ces personnes enfermées autrefois dans des camps, camps de prisonnier, camps de concentration..

La grande masse de tous ces pauvres gens était bien sur terrorisée, dans le plus grand désespoir lorsque par wagons bondés ils étaient parvenus à survivre au voyage et qu’on les précipitait dans des baraquements glacés sans nourriture ou à peine.

La grande masse se désespère ou au contraire pousse des cris de joie d’une violence difficile à supporter comme dans les matchs de football, la libération des pays occupés , l’election d’un démocrate à la chute d’un dictateur.

Que ce soit dans le malheur ou la joie une sorte d’hystérie collective nous emporte en masse à certains moments de cette histoire collective.

Et puis il y a les solitaires, ceux qui n’ont pas l’habitude , ceux qui ont peur de la transe collective,et parmi ceux là ils y a les dessinateurs dont j’ai retrouvé la trace peu à peu ce matin .

En allant à Venise je m’étais arrêté, il y a des années de cela, devant une galerie où des toiles de Zoran Music me happaient littéralement.

Je m’en souviens comme si c’était hier, il y avait vraiment quelque chose de tellement puissant dans ces dessins et dans ces peintures que les larmes me sont immédiatement montées aux yeux. Ce qui est assez rare en matière de peinture, je ne me laisse pas impressionner tant que ça je peux te l’assurer.

Mais ce jour là j’ai pleuré devant ces toiles. Et encore aujourd’hui je ne sais pas si j’ai pleuré de tristesse ou de joie. L’émotion ressentie était si forte qu’elle paraissait gommer toute ces catégories dans lesquelles on a l’habitude de la ranger.

Ce jour là j’ai découvert deux choses : un immense peintre et comment une émotion n’avait pas besoin d’être nommée pour tout emporter de moi dans un même instant , au même moment à la fois dans les abysses et les splendeurs de cet organe étrange qu’est le cœur humain.

Si j’ai envie de t’écrire ces choses aujourd’hui, c’est que dans cette histoire de confinement, d’enfermement dans nos têtes nous avons toujours le choix de basculer vers la joie ou vers la tristesse, parfois aussi nous n’avons pas le choix l’émotion nous plaque au sol ou nous fait croire que nous pouvons marcher sur l’eau…

Cependant comme tu dessines c’est une excellente idée de mettre tout cela un peu de coté à un moment de ta journée. Tu peux t’installer dans un endroit tranquille, poser mentalement toutes ces pensées et ces émotions, et te vider la tête en dessinant.

Se vider la tête et regarder dans la ligne de crayon, dans le trait, dans la valeur de gris ce qui vient se déposer, est ce trop plein ou trop vide , est ce ou pas ce qui te préoccupe en ce moment.

Et puis ensuite une fois le dessin terminé, tu peux le ranger dans un tiroir, dans un classeur, et ne plus du tout y penser. Tu auras fait quelque chose de mystérieux et de tout simple, tu te seras « exprimé(e) » et cela vois tu… aucun enfermement aucun confinement n’est assez puissant, n’est assez fort pour t’empêcher de le faire si tu en éprouves la nécessité.

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