Mensonges et vérités.

Si j’ai continué à mentir comme un arracheur de dents, sans vergogne, c’est parce que je crus m’apercevoir que les vérités auxquelles tout à chacun s’accroche sont de la même teneur que le mensonge.

En tous cas elles ont la même fonction. Les vérités sont « empruntées » à une entité collective et nous avons toujours tendance de ce fait même qu’elles possèdent ce vernis de « tradition » à les considérer solides, réelles, indéboulonnables.

Mais si l’on se met en quête à coups de questions, comme il se doit, de la valeur des mensonges comme des vérités… il faut bien avouer que l’on s’engage dans une solitude essentielle dans laquelle peuvent se rejoindre les truands les plus réputés, comme les artistes, ou les écrivains les plus célèbres.

Sans ce cheminement entre vérité et mensonge comment pourrait-il en être autrement ?

Sans cette solitude au début effroyable mais peu à peu aimante, réconfortante, consolatrice, que pourrait il se passer pour qu’on se mette à piller des banques comme à réaliser de somptueuses œuvres d’arts ou des romans poignants ?

Rien.

Il ne se passerait que ce qui se passerait dans la vie de beaucoup de gens, on accepterait tacitement l’état des choses telles qu’elles sont déclarées. Comme des douaniers paresseux. Et on s’engouffrerait dans ce personnage, cette silhouette d’employé, de travailleur, de mari, de père, comme il en existe à l’infini dans les transports en commun.

Mensonges et vérités ne sont que des concepts crées par ceux dont ils ne cessent de profiter et rien d’autre.

Mensonges et vérités ne sont que des cases blanches et noires d’un jeu d’échiquier dont ceux qui tirent les ficelles ont toujours un bon nombre de coups d’avance pour te berner.

Mensonges et vérités ce sont ces deux monstres juchés sur des rochers, Charybde et Scylla, que le voyageur rusé doit traverser sans se faire écharper, sans devenir un naufragé, pour continuer son errance vers un fantasme de « chez soi » et rien de plus ni rien de moins.

C’est déguisé en mendiant que l’on revient à Ithaque c’est la dernière ruse, le dernier mensonge que l’on propose à soi et simultanément à ces proches qui autrefois nous ont connu et qui nous ont oublié depuis longtemps.

Dans ce mensonge réside l’ espoir comme la déception d’être enfin reconnu. Encore faut-il que ceux qui autrefois nous connaissaient en aient envie et qu’ils ne désirent pas se voiler la face sur les réalités et les illusions de tout retour.

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