Le cercle restreint des préoccupations ( suite 19/04)

Quelques notes sur l’élément déclencheur. Approfondissement de la personnalité du protagoniste face à l’événement.

Karl Lemmings s’était assis sur le divan du salon. En examinant le désordre de celui ci il tentait d’assimiler la double information qu’il venait de recevoir comme une série d’uppercut qui l’avait amené à une sensation proche de celle qu’éprouve un boxeur qui s’écroule au sol.

Pour ne pas sombrer totalement il tenta d’évaluer chacune de ces informations et se demanda laquelle était la plus importante. Etait ce le cambriolage ou bien la disparition soudaine de son épouse et de sa fille ?

Mais les deux informations finissaient par se rejoindre dans une sensation inextricable de malaise qui paralysait son cerveau.

Que faire dans ce genre de cas se demanda t’il enfin, et toutes les possibilités que lui offrait ce nouveau choix semblaient tout aussi confuses.

Fallait-t’il appeler la police ? Généralement les ravisseurs faisaient tout pour qu’on ne choisisse pas cette voie.

Fallait t’il appeler son épouse sur son portable, ou sa fille ? Peut-être celles ci étaient-elles sorties avant le cambriolage et il avait associé leur absence à celui ci sans discernement avec même une facilité déconcertante, et cette facilité dans la confusion où il était, lui indiquait quelque chose de trouble en lui, comme un désir finalement que les choses puissent se passer logiquement ainsi. Ne souhaitait-t’il pas profiter de ce cambriolage et de cette « disparition » pour associer ces deux informations selon un souhait dont il ne se serait pas rendu compte jusqu’à présent ?

Fallait t’il se dire qu’il était tout bonnement encore endormi dans le train de banlieue par lequel il venait soi disant d’arriver et qu’il faisait une sorte de mauvais rêve ? A un moment il s’apprêta à se pincer mais un bruit provenant de la maison lui fit dresser l’oreille

Il mit quelques secondes à réaliser que c’était la sonnerie d’un téléphone. Apparemment cela provenait de l’étage et il se leva et d’un pas rapide puis gravit l’escalier menant au premier étage.

Même désordre dans les chambres qu’il explora d’un simple coup d’oeil en se laissant guider par l’intensité de plus en plus envahissante de la sonnerie.

Enfin, il trouva l’appareil posé sur la table de chevet, à l’endroit habituel où son épouse avait coutume de le placer le soir. D’un bond il s’en empara et décrocha.

Bonjour Professeur Lemmings comment allez vous ?

Il mit un certain temps avant de reconnaître la voix de son interlocuteur mais comme il l’avait souvent remarqué il suffisait seulement de faire confiance à son intuition première. Bien qu’il n’y eut aucune possibilité que celui ci puisse posséder le numéro de téléphone de son épouse c’était pourtant bien la voix métallique légèrement nasillarde de Lukas Grolle qui était au bout du fil.

Rassurez vous professeur, reprit Grolle votre épouse et votre fille vont bien nous avons décidé qu’il valait mieux nous entourer de quelques précautions afin de vous empêcher de faire des bêtises.

Espéce de… Lemmings était en train de chercher le mot qu’il allait dire pour bien marquer sa colère mais la voix l’interrompit à nouveau.

Nous vous avons vu avec cette journaliste et il est parfaitement évident que tout de notre collaboration doit être tenu dans la plus grande des confidentialités. De plus j’ai décidé d’ajouter une clause officieuse à notre contrat. Il vous reste un mois pour présenter votre prototype et qu’il fonctionne sinon j’ai bien peur que vous ne puissiez plus jamais revoir ni votre fille ni votre épouse.

Passez les moi espèce d’ordure réussit enfin à éructer Lemmings.

Il y eut un moment de flottement, puis quelques bruits de pas dans ce qu’il imagina être un hangar, ou en tous cas un grand bâtiment étant donné l’écho de ceux ci se répércutants, finalement sans doute un parking ….

Et il reconnut soudain la voix de son épouse qui l’appelait Karl c’est toi ?

Oui Valéria je t’entends dieu merci tu vas bien, et Joy ça va aussi ?

Fais ce qu’il demande je t’en prie entendit il et elle semblait pleurer, puis on du lui arracher probablement le téléphone car la voix de Grolle résonna à nouveau dans le combiné.

Un mois vous entendez Lemmings et vous avez tout intérêt à ne prévenir ni la police ni à reprendre contact avec votre amie journaliste. Puis le silence dura, son interlocuteur venait de raccrocher.

Karl Lemmings vit qu’il ne restait presque plus de batterie à l’appareil et machinalement il brancha le cordon d’alimentation à celui ci tout en réfléchissant.

Curieusement il se sentait soulagé de savoir que Grolle était derrière les faits et en même temps intrigué. Passée la sensation de dégoût d’écœurement et de colère qu’il avait éprouvé durant le coup de fil il savait que sa famille ne courrait pas de risque durant le délai qui lui était proposé.

Un mois… En fait le prototype fonctionnait déjà parfaitement , il ne l’avait pas présenté dans la totalité de son potentiel à la conférence de la HLR et il s’en félicitait désormais.

Karl Lemmings consulta la montre que lui avait offert sa fille quelques jours auparavant pour son anniversaire et vit qu’il était presque 20h, puis son regard s’évada quelques instants par delà des baies vitrées du séjour et il vit que le jour tombait lentement.

Il alla ouvrir et fit quelques pas dans le jardin. Il nota que la résidence qui s’étendait autour de lui tout était d’un calme remarquable seul un oiseau chantait, probablement un chant de séduction pour attirer une femelle comme toujours au printemps.

Il tata ses poches pour trouver le paquet de cigarettes encore neuf qu’il conservait depuis quelques jours car il essayait d’arrêter de fumer, saisit entre deux doigts la fine opercule de plastique pour le déballer puis s’arrêta soudain et replaça le paquet dans sa poche. Il comprenait confusément qu’il devait plus que jamais faire preuve de volonté.

Il pénétra à nouveau dans la maison, remit de l’ordre dans chaque pièce puis affamé se rendit au frigo.

Avec quelques restes de viande froide il se confectionna un sandwich puis il alla s’installer devant le home cinéma et consulta quelques instant le catalogues des films sur un réseau de films à la demande. Il cherchait un film qu’il avait vu quelques années plus tôt avec Harrisson Ford, une sombre histoire d’enlèvement là aussi et il se dit qu’il pourrait certainement y puiser quelques idées pertinentes dans les circonstances.

Mais au bout de quelques minutes seulement de visionnage, il se mit à somnoler en constatant que ses pensées étaient emportées par un chaos d’images contradictoires auquel il ne se résolu pas à résister et il s’endormit enfin profondément.

(à suivre)

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