Pourquoi raconter des histoires ?

Ce blog comme énoncé quelque part ( et vue mon organisation légendaire je ne saurais précisément dire où) est un laboratoire plutôt bordélique. J’ai bien tenté de regrouper les textes que j’écris quotidiennement par catégories en ajoutant à chaque fois des étiquettes mais j’admets que je m’y perds le premier. Je n’ose donc pas imaginer ce que ce désordre produit sur toi cher(e) abonné(e) ou visiteur(e).

L’urgence d’écrire qui m’a maintenu en haleine depuis deux ans, se heurte désormais à quelques difficultés qui m’incitent à douter du bien fondé de ce que j’ai coutume d’appeler mon partage généreux et bienveillant et qui dans le fond n’est peut-être, pour les plus lucides d’entre vous , qu’une sorte d’exhibitionnisme, un acte onaniste qui place le lecteur dans une position de voyeur et donc sans doute laisse une sensation malsaine.

Cette prise de conscience, fondée ou pas, m’oblige à pénétrer un peu plus en moi-même pour chercher les motivations réelles qui se cacheraient à la fois derrière l’idée de bienveillance, comme au delà de ma geste plus ou moins héroïque ou pour être moins poétique, ma masturbation publique.

Pourquoi ce besoin impérieux de vouloir raconter des histoires et avant tout à moi-même ? Et pourquoi utiliser ce blog comme levier pour le faire ?

Après tout je pourrais très bien écrire mes histoires sur des cahiers que je rangerais dans un tiroir comme bon nombre de personnes le font, sans déranger personne.

D’ailleurs le fait que j’utilise le mot « déranger » n’est pas innocent. Il y a effectivement une envie profonde de déranger par ces textes. Mais surtout elle ne s’adresse sans doute qu’à moi-même.

J’écris pour me déranger.

Je raconte des histoires pour me déranger.

Je publie mes textes sur ce blog pour voir ce que ça donne ensuite comme si je me tendais moi-même une sorte de miroir par le seul fait d’appuyer sur le bouton « publier », pour rendre publique ce dérangement.

Un genre de selfie mal digéré…

Est ce que je veux le rendre public pour me venger d’avoir été « arrangé » comme autrefois on culbutait les filles par une accumulation de mensonges qui prend sa source au plus profond de moi, mais aussi dans le cercle familial, au sein même de cette société de consommation qui devient de plus en plus inhumaine et imbécile ?

C’est possible.

J’ai souvent l’impression d’être un manœuvre qui doit charrier des tonnes de merde dans une brouette qu’on lui aurait flanquées dessus pour le faire taire. Une accumulation de déchets, des milliers de camions poubelle, des dépotoirs entiers , ce poids gigantesque sous lequel on l’aura enseveli afin qu’il ne puisse jamais s’exprimer autrement que par ce qu’attendent de lui le cercle familial, le cercle des proches, le cercle des milles et une professions que j’ai exercées, le cercle économique et politique, le cercle spirituel imposé par la religion ou les nouvelles théories neurolinguistiques , le cercle moral à l’intérieur duquel la binarité bien ou mal ne cesse de créer des ravages dans les cervelles dans le seul but si on réfléchit bien à tout ça d’être occupé, de passer le temps pour ne pas trop penser à la mort.

Tout ce que j’écris dans ce blog ne parle jamais de rien d’autre que de cela.

Une tentative en direct pour tenter de m’extraire de la merde, une merde qui est tout autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ma cervelle d’écrivain.

Car pas de doute je suis un écrivain.

Je vois déjà des sourires de moqueries comme de soulagement. Je les imagine comme à chaque fois que j’ai pu déclarer que j’étais un peintre, un chanteur, un photographe. C’est à dire ce genre de déclaration toujours à double tranchant, un boomerang qui,si vous ne faites pas attention vous reviendra irrémédiablement en pleine figure.

Je ne suis plus à ça près.

Et à vrai dire c’est bien plus important de me le dire à moi-même, de me le rappeler chaque jour plutôt que d’attendre une validation extérieure plus ou moins hypocrite.

Je suis donc un écrivain qui raconte des histoires pour s’extraire de la merde jusque là j’espère que tout le monde suit.

Moi oui.

Une fois l’enjeu réel trouvé je crois que ça ne sert pas à grand chose de broder plus, il faut juste relever les manches et se remettre au travail en tentant à chaque fois, chaque jour de s’améliorer un peu.

C’est un vrai travail n’en doutez pas et comme tout travail il y a une période d’apprentissage, des erreurs, des échecs qui proposent à chaque instant pour celui qui l’entreprend de tester sa motivation réelle.

Depuis deux ans que j’écris sur ce blog j’ai énormément appris sur moi-même et sur mes motivations.

J’ai appris à ne pas me poser de question quand il était l’heure d’écrire.

J’ai appris à ne plus regarder toutes les notifications que je recevais et leur absence aussi,prendre tout cela de façon équanime.

J’ai appris mon orgueil, ma vanité, ma prétention, ma naïveté, mais aussi ma ténacité et mon courage en regardant en face mes paresses et mes lâchetés.

Rien que tout cela ne vaut-il pas tout l’or, tous les likes toutes les notifications ?

Bien sur que oui !

Désormais me voici riche d’avoir exploité toute ma pauvreté et il me semble que ce blog a rempli sa fonction première au bout du compte.

M’apprendre à être plus confiant en moi-même.

Aujourd’hui j’ai envie d’autre chose.

Ceux qui me suivent régulièrement auront compris que je me dirigeais vers des récits de fiction de plus en plus et d’ailleurs je suis actuellement une formation pour continuer à m’améliorer dans ce but.

Je dois donc travailler à nouveau d’arrache pied pour me diriger plus loin et à visage couvert cette fois.

Je pourrais rédiger un faire part, bien sur pour vous annoncer la bonne nouvelle,

Il est né.

le « Il » narratif va voyager désormais dans des personnages, dans des histoires de fiction inventées de toutes pièces.

Mais si tu me fais déjà confiance toi qui m’aimes tu sauras toujours me retrouver tout au fond de toutes ces histoires

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