L’audace paie t’elle encore pour publier un bon roman ?

Qu’est ce que l’audace pour celui qui se targue de vouloir écrire et d’être publié ? Est ce que ça intéresse vraiment les gens de lire les exploits d’un type audacieux auquel ils ne parviendront pas à s’identifier ?

Si Jack London venait d’avoir 20 ans s’y prendrait il encore de la même façon pour écrire des romans ?

Je n’en sais fichtre rien.

Par contre ce qui me fait peur, c’est que l’écriture est devenue désormais une niche comme toutes les autres avec un certain nombre de produits à vendre pour satisfaire une clientèle de plus en plus exigeante quant au genre qu’on lui présente.

Si tu commences à écrire un roman policier et que ton histoire se complique avec une romance, quelques vampires, et deux ou trois scènes pornographiques, tout cela parsemé de citations littéraires et de poèmes de Rumi, il y a de fortes chances pour que les éditeurs ne sachent pas dans quelle case te ranger. Et si on ne sait pas où te ranger généralement tu finis dans les oubliettes, à la poubelle généralement.

D’un autre coté cette contrainte du genre est excellente pour un jeune écrivain qui cherche à vivre de son clavier. L’audace à ce moment là est de faire abstraction totalement de ses propres ressentis et émotions, de les placer à une distance certaine où celles ci ne viendront pas parasiter ses textes.

En un mot de devenir une sorte de tueur à gages.

Les gens adorent les tueurs à gages parce qu’ils croient toujours qu’au fond de ceux-ci réside une raison semblable à leur raison à eux de ne pas avoir basculé dans le meurtre.

Alors un bon roman serait-il celui qui laisse percevoir cette raison où au contraire celui qui mène le lecteur jusqu’au bout de l’histoire en ne donne absolument aucune raison et qui le laisse sur sa faim ?

Pour cela je laisse chacun tout à fait libre de se poser à lui-même la question.

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