Comment obtenir plus d’efficacité sans travailler plus.

Ce monde est probablement parfait mais il n’a rien à voir avec l’idée que tu te fais de la perfection.

Ce monde est probablement juste comme il n’a rien non plus à voir avec l’idée que tu te fais de la justice.

Si pendant des générations c’était une évidence que la réussite était liée à la notion de travail acharné, il s’avère que ce n’est pas le nombre d’heures passées à bosser qui compte mais l’efficacité, c’est à dire de trouver les bons points de levier qui vont t’aider à obtenir de meilleurs résultats.

Cette réflexion me vient en parallèle de la recherche que j’effectue en ce moment sur la procrastination.

Une nouvelle piste de travail qui prendrait pour postulat de départ que le procrastinateur n’est pas quelqu’un de paresseux, de fainéant qui ne ne travaille pas mais qu’il est en premier lieu inconscient de son incompétence en matière d’efficacité.

La raison principale de cette incompétence vient du fait de ne pas remettre en question le fait que ce n’est pas la quantité de travail qui compte mais l’analyse des résultats quant à celui-ci.

Il existe une certaine catégorie de procrastinateur qui s’ignore en tant que tel. Des personnes capables de passer un temps fou à travailler pour rien. Le monde de l’entreprise en regorge et souvent au niveau des chefs d’entreprise eux-mêmes, mais aussi le monde des artistes, le monde des peintres comme celui des écrivains.

La raison principale à cela est un hiatus qui s’opère entre le rêve, l’imaginaire, et la réalité.

L’entrepreneur, l’artiste lorsqu’ils pensent à un projet ne le voient qu’au travers de leur intuition et ce qui leur manque alors c’est une méthode qui permettrait d’effectuer un sas acceptable pour concrétiser leurs rêves.

Il existe une quantité vertigineuse de méthodes, de formations désormais qui vantent justement l’art de la méthode. C’est une sorte de boucle. On sent qu’on a besoin de méthode alors on se forme à acquérir des méthodes toutes faites.

Le problème c’est que souvent ça ne fonctionne pas. Au début on peut se sentir enthousiaste d’avoir dégoté enfin la panacée, puis très vite au bout de quelques cours, quelques heures passées à suivre ces formations on les laisse tomber.

On peut tout à fait saisir intellectuellement les tenants et aboutissants de telles formations cependant quelque chose en nous les réfute, quelque chose à nouveau résiste et nous les fait abandonner.

Alors on se dit généralement tout un tas de choses culpabilisantes parce qu’on a dépensé évidemment de l’argent, on pensait obtenir un profit de notre investissement de départ en argent et en temps passé. Et on repart de plus belle dans la procrastination évidemment en remettant la tête dans le guidon en s’accrochant à nouveau à la valeur travail, temps passé, efforts tout en sachant pertinemment désormais qu’on se trompe.

Il est possible que de suivre de telles formations n’ait qu’un seul bénéfice authentique grâce à l’échec qu’on essuie, c’est que ce dernier nous offre la possibilité de passer d’une inconscience de notre incompétence en matière d’efficacité à une prise de conscience réelle de cette incompétence.

Evidemment ce n’est pas très « vendeur » pour ceux qui les vendent ces formations. Ils les vendent sans doute en toute bonne foi. Peut-être que c’est la méthode qui a fonctionné pour eux et ils en sont si satisfaits, qu’ils pensent pourvoir régler le même problème chez beaucoup de personne en souffrance.

En fait ils ne font que répondre à la partie émergée d’un iceberg qui s’appelle « la demande ».

Car nombre de personnes qui cherchent ce type de formation pour acquérir une méthode, pour obtenir plus d’efficacité n’auront elles aussi qu’un aperçu partiel de leur demande véritable.

Cette demande implicite c’est comment passer à l’action vraiment sans perdre son temps.

Alors pourquoi le perdre déjà en s’inscrivant à de telles formations ?

toujours cette différence entre intuition et réalité.

On imagine que ce sera génial, que ça va régler tous les problèmes d’un coup de baguette magique. et puis on découvre peu à peu qu’il va falloir encore bosser, investir des efforts et du temps avec le doute naissant alors de plus en plus d’obtenir le résultat escompté.

Ce n’est pas parce qu’on achète une formation qu’on est certain de la suivre et d’en tirer profit. 75% des personnes qui le font le savent, ils abandonnent généralement en cours de route et ils n’osent pas l’avouer car un sentiment de honte ou d’échec les en empêchera.

Ceux qui vendent ce type de formation le savent pertinemment et ça ne les empêche pas de continuer à le faire. De leur coté pour se donner la bonne conscience de continuer ils vont s’appuyer sur le fait qu’ils ont fait le job. Que leur proposition était correcte puisque encadrée par des règles, un argumentaire de vente prometteur avec de toutes petites lignes qu’on ne lit jamais. Or c’est dans ces petites lignes qu’il est inscrit par exemple que le remboursement en cas d’insatisfaction du client ne sera effectif que s’il peut prouver qu’il a bien suivi la méthode en fournissant des preuves de son engagement, de son travail.

C’est à dire à quel point cela ne laisse aucune chance au procrastinateur que tu es et tu laisseras tomber toute l’affaire en te morfondant n’osant avouer à personne ta nouvelle défaite.

Evidemment tu peux me répliquer que c’est facile, qu’il faut réfléchir avant de mettre les pieds dans ce genre d’engrenage et tu auras certainement raison. Sauf que le procrastinateur n’est pas du tout dans ce type de logique. Il est d’ailleurs appâté et ferré par l’émotion bien plus que par la logique. Les vendeurs ont bien compris le fonctionnement de l’achat compulsif, et tout l’irrationnel qui se cache derrière celui-ci.

D’ailleurs c’est souvent un comble de constater des les premières lignes des argumentaires de ventes qu’eux mêmes-les vendeurs de formation- sont des procrastinateurs impénitents, et ils vont jouer en virtuose sur cet élément parce qu’au font c’est probablement la seule vérité de tout leur baratin. Ingénieux en diable n’est ce pas ? Il faut au moins leur reconnaître ce talent.

En évoquant ainsi leur faille qui ressemble tellement à la tienne ils te font miroiter une issue possible à ton problème. A cas où tu ne savais peut être même pas que tu avais ce genre de problème. Peut-être qu’à la base tu n’avais qu’un léger désagrément, une sorte de malaise vague en t’inscrivant à leur offre la première fois. Généralement un bonus gratuit en échange de ton adresse mail. Et puis voilà la cohorte des mails qui arrivent chaque jour avec à chaque fois une définition de plus en plus précise de ce malaise qui porte désormais un nom : tu procrastines, tu n’as pas d’organisation, tu perds trop de temps, il est temps de passer à l’action.

Quel procrastinateur n’est pas littéralement obsédé par le fait de passer enfin à l’action ?

voilà donc un mécanisme que j’ai bien sur expérimenté moi-même afin d’en parler si intimement, si naturellement avec toi. et comme je te le disais devenir conscient de mon incompétence m’a coûté de l’argent, du temps, pas mal de culpabilité et de honte et j’aurais pu resté confortablement installé dans ce constat si une volonté de gratitude formidable ne m’invitait pas à écrire chaque matin toute l’expérience que je tire de ce genre de mésaventures.

Si j’analyse cette expérience je découvre que je ne me faisais d’abord pas suffisamment confiance pour m’inventer ma propre méthode d’efficacité.

Je pensais pouvoir gagner du temps en espérant avoir une sorte de solution miracle, quelqu’un que j’aurais rémunéré aurait fait le tour d’un problème pour moi et me fournirait les réponses enfin à mes questions.

Mais dans le fond quelles étaient ces questions ? Pourquoi soudain l’envie de devenir plus efficace m’est t’elle venue ?

Pourquoi avais je tellement envie de modifier quelque chose dans ma vie au point de payer quelqu’un qui ne me connait pas et que je ne connais pour me donner des solutions ?

quel était le véritable objectif de tout cela ? L’objectif conscient est assez simple à imaginer mais c’est bien plus l’inconscient qui m’intrigue et qui est une source infinie d’inspiration désormais.

Si je fais un peu mes comptes je n’ai passé que quelques mois à vouloir régler ce problème de procrastination.

Donc j’ai pris conscience de ce que c’était.

J’ai compris que ça ne servait à rien d’en être honteux ou fier.

Que le travail dans lequel je me jettais n’était qu’une sorte de fuite, un nuage d’encre

Si après tout ça je n’ai pas la satisfaction d’avoir effectué des progrès

Je ne sais pas ce qu’il te faut.

Plus sérieusement encore je sais à quoi me sert la procrastination et surtout comment la rendre utile.

Si j’ai une heure devant moi comme ce matin pour écrire un texte

Je vais tenter de développer un maximum d’idées pendant 50 mn en tournant en rond comme un lion dans sa cage.

Et sans doute que ce sera dans les 10 mn qui restent que l’intuition géniale, la fulgurance va advenir.

Une fois que l’on a expérimenté cela on a fait encore un nouveau bout de chemin non ?

On est passé de l’inconscience d’une incompétence à une compétence inconsciente sans même s’en apercevoir.

Ce n’est pas rien.

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :