Ce qui était impossible est devenu possible.

Paul ouvrit les yeux et tenta quelques instants de se souvenir de son rêve. Mais il su presque aussitôt qu’il était une nouvelle fois trop tard. La chambre avec la tapisserie vieillotte qui recouvrait les murs , la table ronde et la chaise en paille où il avait déposé ses vêtement avaient resurgis avec une netteté décevante.

Comme chaque matin il lui fallait prendre le parti qu’il ne pouvait conserver qu’une impression générale, tantôt bonne et agréable, tantôt malsaine et obscure de son existence nocturne.

Ce matin pourtant il tentait en vain de qualifier son souvenir. Mais celui ci était resté vague, la rapidité avec laquelle avait resurgit le réel était bien plus puissante que tous ses efforts.

Il se leva pour se rendre à la fenêtre et tira les rideaux. C’était la fin mai et il faisait un temps splendide. Cette année là, la température avait une fois de plus battu tous les records des années précédentes. Le speaker de sa station de radio favorite l’assurait déjà l’été serait très certainement caniculaire.

Paul se rendit sous la douche et régla la température afin d’éprouver ce petit frisson de fraîcheur qui le réveillerait définitivement.

C’est à ce moment précis où il se servait un café bien noir que la voix commença a lui parler.

-Regarde toi tu vis vraiment comme un con !

C’était d’une netteté incroyable, tellement incroyable, réel que Paul éprouva un spasme qui lui parcouru tout le corps. Il regarda un instant tout autour de lui pour s’assurer qu’il n’y avait personne et il n’y avait effectivement personne. La voix provenait de lui, de l’intérieur de lui et elle semblait tellement impérieuse qu’elle le tétanisa.

-Et oui tu croyais peut-être t’en sortir, mais je t’ai retrouvé. Mon pauvre Paul comme tu es minable, j’espère que tu en es bien conscient !

Paul ne bougeait plus. La panique l’avait totalement envahi comme si les murs de la chambre avaient été doués de mobilité et qu’ils s’étaient rapprochés prêts à l’écraser comme dans une scène d’un film d’Indiana Johns.

-Ce n’est pas un rêve Paul reprit la voix, je t’ai retrouvé et je ne te lâche plus désormais. Tu ne peux plus t’échapper.

Paul tenta d’émettre un son mais c’était impossible. Sa gorge était nouée.

Il fit des efforts pour se lever de la chaise mais ses fesses étaient soudées à celle ci.

Il était prisonnier de cet instant et de la voix dans la chambre qui allait devenir de plus en plus exiguë. Déjà sa respiration devenait haletante, son cœur s’était emballé et cognait contre ses tempes. Puis le pire surgit en même temps qu’il pensa au mot « diable ».

Le diable était dans sa tête, dans son corps tout entier, il le possédait totalement sans qu’il ne puisse en comprendre la raison.

-Il n’y a aucune raison Paul, c’est comme ça, je surgis , à l’improviste et je m’empare des personnes, j’en fait mes marionnettes.

A un instant Paul tenta de s’accrocher à l’idée d’impossible, tout cela était impossible.

Mais un rire sinistre l’envahit tout entier et son corps se brisa sous l’emprise de l’ironie dissimulée au delà de ce rire sans qu’il ne puisse lui résister.

-Pense tu vraiment qu’il existe une frontière précise entre l’impossible et le possible Paul ?

Puis le temps sembla à nouveau se remettre en branle, les murs de la chambre s’écartèrent de l’homme. Il sentit un brin de paille mordre la chair de ses fesses nues, puis il porta sa tasse à ses lèvres et le gout amer du café acheva de le rassurer parce que tout bonnement se rassurer était la seule issue possible.

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