Tout ne se passe pas où on le pense

Tout ne se passe pas où et comme on le pense. Je veux dire dans un lit, sur une table ou adossé au mur de l’entrée. Non parfois le vertige surgit soudainement et c’était exactement à cela que pensait Bernie en écoutant Mel lui parler.

Elle avait commencé à évoquer la possibilité de se rendre au supermarché pour acheter une boite de tomates pelées et puis il l’avait à peu près suivit jusque là sans encombre. Ce n’était pas à proprement parler une conversation passionnante, mais quelque chose dans sa façon d’en parler était parvenu à détourner Bernie du décolleté de Mel.

Elle parlait avec un débit lent et traînant et faisait quasiment une pose entre chaque mot Il avait mis un petit moment à le découvrir.C’est par le silence entre chaque mot qu’elle était en train de l’aspirer en elle. Ce n’était pas de cette façon qu’il avait imaginé les choses entre eux.

Quand il sentit que seules ses oreilles étaient encore à l’extérieur de cette béance et qu’il n’allait plus tarder à disparaître au fond de celle ci, il eut un sursaut.Un réflexe de survie, il eut l’impression de ressortir tout gluant d’un pot de mélasse. Alors il alluma une cigarette et lui dit

-Faut pas trop que je traîne, Mollie ne va pas me rater au tournant sinon.

Et il rentra la tête dans les épaules en prenant la direction du vestibule priant pour que Mel ne lui fasse aucune réflexion.

Enfin parvenu au rez de chaussée il tira la lourde porte de l’immeuble derrière lui. Il commençait tout juste à pleuvoir et il sentit à cet instant qu’il pouvait partir sans crainte le cœur léger.

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