Ne rien dire c’est aussi participer

S’abstenir de tout commentaire, se taire. Regarder le flux des informations, ou ne pas le regarder, se laisser traverser ou le traverser comme un guet en sautillant d’une info l’autre.

Mais il faut participer me dit quelqu’un dont j’oublie déjà le nom. Un autre moi écumant de bave les yeux rougis par la peine à suivre, la peine à jouir sans doute aussi.

Ainsi participer serait le fameux mot d’ordre du jour. Comme un menu de dé-confinement affiché devant la porte de tous ces petits établissements dont la descente en flamme ne propose aucun doute sur leur fin.

Participer devant le poste ou ailleurs qu’importe à partir du moment où l’acceptation du mot en soi provoquerait cette foultitude d’éjaculations intempestives démontrant par A plus B que la vie est là, qu’elle l’a toujours été et qu’elle sera.

Cependant il arrive que l’on soit tellement frappé de stupeur, hypnotisé par la révélation des réflexes pavloviens médiatiques qu’une prise de conscience subite, à la rapidité supraluminique nous atteigne, nous envahisse, nous déstabilise totalement. Impression d’être soudain un protagoniste de « the Walking dead » en train de tirer sur ma clope en regardant tout ce foutoir, tous ces zombies passer à tous les étages du social, de l’économicoécologicomachinbidulechouette. Désolé fallait faire un bon mot, un gros mot et je m’en fiche qu’il ne soit pas répertorié par les experts du bafouillage commun.

Entre gens qui n’ont pas vraiment grand chose à se dire il en faut toujours un qui donne le la. Hier c’était le président, demain ce sera quelqu’un d’autre, l’important n’est pas celui qui le donne bien sur. Le la est cet os à jeter en pâture à l’opinion qui, pendant un temps donné va largement se pignoler via les média ubuesques. Se pignoler à la façon d’un critique d’art déguisé en rombière d’extrême droiture adossée au cadre géométrique d’une masturbation verbeuse perpétuelle. Chacun participe comme il le peut .C’est De Courbertin qui le dit.

Sauf qu’il parlait de sport cette activité encore pire que toutes les autres activités humaines, hormis la guerre et le travail bien sur.

Du coup pourquoi faire des hiérarchies encore en vertu d’un bon sens, du bien dit ou du mal dit ? Temps perdu, participer c’est suffisant le reste on s’en fout.

Je ne prétends pas être à l’écart, pire ou meilleur que qui que ce soit. J’ai mes colères comme mes engouements comme tout le monde bien sur. Mais parfois je bénéficie d’une sorte de grâce comme ce matin par exemple ou plutôt cette nuit qui me procure une position tout à fait spéciale devant ma feuille.

Uniquement devant ma feuille je le précise. Parce que sinon je n’ai pas vraiment grand chose à dire sur tout ça, je veux dire quelque chose qui apporterait une plus valu à l’ensemble de la chose dite.

Dans ces cas là je vais peindre. Je peins de plus en plus quand justement je n’ai rien à dire de particulier. Est ce que l’on peint pour s’exprimer ? Je ne le crois plus vraiment en ce qui me concerne, on peint pour faire silence encore plus. Mais tout cela ne sont que des mots bien sur, rien à voir avec la réalité vraie, le ressenti.

Le top serait que même dans l’écrit je parvienne à ne rien dire du tout. Ce serait fort !

Encore quelques efforts et de la régularité.

En faisant confiance au temps qui sait y faire en aplanissant tout va savoir si je vais pas y arriver enfin.

Un commentaire sur “Ne rien dire c’est aussi participer

  1. Eh oui, palabrer, encore et toujours, mettre son grain de sel, commenter tous et tout, réagir plus qu’agir ou vouloir comprendre et discuter… moi, je préfère respirer et envoyer de l’énergie…

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