S’entraîner à l’effacement

Origine du mot effacer

Effacer c’est retirer la face, la figure de ce qui se présente sur la feuille de papier, sur la toile à l’aide d’une gomme, ou d’une couleur blanche de préférence mais pas obligatoire. Le tout étant de faire disparaître ce qui à l’instant se tenait là visible mais qui provoquait une gène pour celui qui face à face le considérait.

Origine de la volonté d’effacement

Mes premiers pas vers l’effacement en tant que peintre furent assez tardifs. Je ne parle pas ici de recouvrir de gesso de vieilles toiles sans intérêt, non ce n’est pas cela. Je ne parle pas non plus de reprendre un dessin ou une peinture pour l’améliorer parce qu’elle échapperait à un dessein préalable et que je voudrais la remettre dans le droit chemin si j’ose dire , non rien de tout cela.  C’est plus une utilisation de l’effacement pour « révéler quelque chose » aussi paradoxal cela puisse être.

En 2011 j’avais fait une série de tableaux que je jugeais soudain trop chargés, trop colorés . J’étais parti pour les recouvrir de gesso et par chance je n’en avais plus, j’ai donc improvisé en badigeonnant leurs surface de peinture acrylique . La densité de cette peinture étant bien moins opaque que le gesso elle laissait apercevoir au passage du pinceau des éléments de la couche en dessous. En atténuant les couleurs autrefois vives, en les modifiant en gris colorés ne laissant plus qu’une trace à peine visible parfois j’eus cette idée de jouer sur cette semi-transparence en ajoutant de fines couches progressivement tout en réhaussant à certains endroits par des touches de peinture plus franche, ou du fusains une nouvelle structure que cet effacement progressif me proposait.

Une exposition eut lieu en 2011 à la galerie Dedart rue des 3 maries à Lyon qui remporta un franc succès.

Évidemment j’aurais pu continuer dans cette veine et me spécialiser dans cette manière, mais j’étais déjà parti sur de nouvelles pistes de travail.

Je ne pouvais me limiter à ce travail d’effacement à cette époque et je n’ai pas creusé cette voie plus que cela. Dans une certaine mesure j’ai aussi effacé ce filon potentiel.

Il n’en demeure pas moins que le mystère de l’effacement ne m’a jamais quitté pour autant, il ne cesse de travailler en tâche de fond depuis mon enfance en fait et il m’aura fallu des années pour en comprendre son exigence et ses raisons d’être.

Il y a un rapport avec la fin, l’achèvement, la mort probablement qui provoque depuis toujours chez moi une sorte de panique. Comment se peut-il vraiment que nous puissions passer de quelque chose à rien est toujours une énigme cependant qu’avec le temps si on examine le « quelque chose » de manière approfondie on s’aperçoit qu’il n’est pas bien loin d’une certaine idée de rien comme inversement le rien c’est toujours un petit quelque chose, parfois même un grand.

Lien vers site de cette période https://fr.artquid.com/artwork/160256/5576/12_2010_80x80.html

2 commentaires sur “S’entraîner à l’effacement

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