Il était une fois

Lorsque le séisme arriva il y a des milliers d’années de cela le petit groupe composé de poètes, de savants, parmi lesquels les mathématiciens le plus renommés sur Terre et sur Orion , le pays des Dieux, ainsi que les architectes, les artistes, les botanistes, et les travailleurs et travailleuses du sexe, mais aussi le clergé composé d’ailleurs par les précédents, tout ce petit monde était fin prêt.

Ils avaient construit une sorte de navire insubmersible et lorsque le vent commença à se lever ils firent entrer les animaux qu’ils avaient pris soin de sélectionner puis il refermèrent derrière eux la trappe et attendirent que la tempête passe. Celle ci comme il est d’usage ne dura pas moins de 40 jours et 40 nuit et c’est au matin de ce dernier jour, le premier d’une aube nouvelle qu’on décida de lâcher les premières colombes.

Comme celles ci ne revinrent pas, on organisa un banquet avec ce qu’il restait de victuailles et de vin de grenade en estimant que tout était terminé et qu’il fallait s’en réjouir et qu’on ne tarderait pas à apercevoir d’un instant à l’autre la terre ferme.

Bien sur lorsqu’ils atteignirent les premiers îlots quelque part dans ce que nous appelons désormais le Tibet les chaines montagneuses pour la plupart se situaient sous l’eau. Cependant il y avait suffisamment de place pour rebâtir la première cité et pour ne pas commettre les mêmes erreurs que naguère, on décida, une fois le minimum vital assuré, de développer les facultés de l’esprit plus que les outils et autres technologies qui avaient fini par mener le monde ancien à sa perte.

Parmi tous ses savants et poètes il s’en trouvait un qui ne parvenait pas à s’arracher à la nostalgie du passé. Alors que la plupart des jeunes s’étaient décidé d’un commun accord à aller de l’avant et étaient fort désireux de tout oublier pour inventer un futur meilleur, lui méditait à l’écart tout en feuilletant de vieux ouvrages qu’il avait réussit à préserver de la ruine.

Le vieil homme se nommait Vama ce qui signifiait dans la langue de l’ancien monde « gauche ». Et ma foi si la signification de ce mot vaut toujours de nos jours, on peut dire qu’il était extrêmement maladroit en toutes choses. Lui donnait-t’on la moindre tache à accomplir il se débrouillait toujours pour la rater. Sa vie ordinaire n’était d’ailleurs rien d’autre qu’une longue succession d’échecs mais comme c’était un bon bougre il était le premier à en rire au point que beaucoup hésitait en le regardant à le prendre pour un idiot ou pour un saint homme car son savoir par ailleurs était illimité.

A bien y réfléchir le jeune Dek qui l’observait depuis un bon moment se demandait si Wama n’était pas quelqu’un de très adroit bien au contraire de rire de lui-même avant que quiconque ne veuille le faire. Ce qui est drôle dans cette histoire se disait Dek- dont le nom provenait d’une racine signifiant « adresse », « habileté » c’est que le vieux semblait être son exact opposé en apparence.

Dek quant à lui réussissait tout sans le moindre effort et évidemment pour la petite communauté il était devenu peu à peu un personnage qui comptait.

Sa spécialité était la poésie. Aussi lorsqu’il était temps le soir de se réunir dans les premières pièces construites de l’immense palais en chantier, dans cette nouvelle ville baptisée Shambhala, Dek était plébiscité par le petit groupe pour chanter les vers narrant les épopées les plus lointaines que presque tous étaient au bord d’oublier.

Peu à peu les deux hommes Vama et Dek se rapprochèrent. Leurs intentions étaient si bien ajustées que l’on pourrait invoquer la destinée et la précision quasi mathématique de l’univers, à moins que cette conjonction ne fut insufflée par les dieux qui suivaient avec une grande attention la naissance de cette nouvelle société.

Vama racontaient à Dek tellement de faits étonnants que ceux ci existaient son imagination d’une façon prodigieuse et il écrit ainsi des milliers de vers au grand plaisir du vieux qui se laissait bercer par la voix magique du jeune homme.

Vajrapani descendit des cieux sur son chariot volant et les surprit tous les deux en pleine discussion. Grace à son pouvoir d’invisibilité il resta un long moment à écouter les deux hommes puis au moment qu’il jugea le plus opportun il décida de leur apparaître.

Lorsqu’ils le virent Vama et Dek se prosternèrent comme il est d’usage depuis toujours lorsqu’on voit apparaître un dieu. Vama avait déjà vu apparaître plusieurs fois dans son existence Vajrapani et il sentit son cœur se serrer de gratitude en le voyant car à chaque fois l’habitant de la lointaine Orion prodiguait des trésors de félicité. Il admira son corps parfait et sa beauté. Le temps ne semblait avoir aucune prise sur Vajrapani , le blanc de ses yeux était toujours aussi vierge que la première fois qu’il avait croisé son regard d’une profondeur étonnante.

Dek quand à lui était mort de peur c’était la première fois qu’il voyait apparaître un dieu. Bien sur il avait entendu un certain nombre de récits mais il était envahi par une confusion dans laquelle se mêlaient la panique autant que l’excitation.

Comme d’habitude Vajrapani ne parla pas longtemps. Il alla droit à l’essentiel. Il s’adressa aux deux hommes et leur demanda de créer une nouvelle langue qui permettrait aux générations futures d’avoir accès à toutes les connaissances accumulées depuis la nuit des temps.

Ce ne sera pas une langue profane parlée par le peuple mais une langue pour chercheurs, pour ceux qui désirent remonter à la source de toutes les vérités et des mensonges.

vous y inclurez toutes les catégories de la connaissance à l’instar de ce petit groupe que vous formez tous ici à Shambhala. Pas la peine de faire de la littérature cependant car le temps presse, d’autres bouleversements sont encore à venir.

Et c’est ainsi que Vama et Dek se mirent au travail sous l’injonction du dieu d’Orion qui les visita encore une fois ou deux avant qu’ils ne disparaissent totalement dans l’oubli des hommes. Cependant la langue qu’ils ont crée existe encore et tous ceux qui cherchent peuvent encore y avoir accès.

Elle se nomme sanskrit ce qui signifie à la langue parfaite car sans aucune fioriture elle relate l’ensemble de la connaissance humaine , passée présente et à venir dans le cadre de la pensée d’un dieu et de la grande roue des milles et une transformations.

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