Tout est dans la manière.

L’art de peindre ne semble pas grand chose à coté de l’art d’en exprimer les tenants et aboutissants. Lorsque je vois, sur les différents réseaux sociaux, les précautions, la délicatesse et la cohorte de laïus dont leur auteurs forment ainsi des écrins à leur production, cela me rappelle la première fois où j’ai été obligé de pénétrer dans une boutique de la marque Nespresso.

Un type costumé vous tient la porte dès l’entrée et vous déroule un tapis rouge en vous harcelant de propositions melliflues pour venir goûter ceci goûter cela. La capsule Nespresso est vraiment le bijou dont le magasin et les vendeurs constituent l’écrin.

Le malaise ressenti est du même acabit lorsqu’on me présente des tableaux comme du café de cette façon là et je me demande si ça ne vient que de moi évidemment. Je suis tellement prêt toujours à m’accuser de tous les défauts de la terre en premier, par vanité certainement, par bêtise aussi, par éducation très certainement.

Mais à certains moments j’arrive tout de même à remonter des profondeurs de l’ineptie et en remplissant les poumons d’air frais, la cervelle mieux irriguée je me dis : tout de même ça c’est exagéré !

Disserter sur un tableau est ce que ça sert à quelque chose vraiment sauf à capter l’attention d’un spectateur éventuel. Encore que j’en connaisse pas mal qui détestent qu’on les dérange lorsqu’ils regardent. Lorsque cette intimité se forme entre le regard et la surface de la toile est ce que c’est nécessaire de rompre le charme par un discours par un titre même ? Je ne le crois pas, je ne le crois plus.

Il faut faire confiance à l’intelligence des gens quoiqu’on en dise ou pense même si la masse est idiote absolument, l’individu surprend toujours.

« Tout est dans la manière » je me disais cela ce matin en écoutant les voix radiophoniques sortir du poste en déjeunant. Comment monter le moindre événement en épingle en faire des tartines est une spécialité de journaliste.

Il se pourrait d’ailleurs que la publicité en général se soit abreuvée à la source folliculaire depuis belle lurette.

Cela explique le formidable pouvoir des médias désormais dont l’esprit de cancan aura tout envahi jusqu’à la moindre oeuvre d’art dont on se sentirait obligé d’établir une chronique.

A coté de cela j’ai l’air vraiment d’un homme préhistorique. Je peins et je flanque mes tableaux à la queue leu leu sur un rebord de fenêtre pour qu’ils sèchent. Ensuite je les publie sur les réseaux sociaux avec quelques mots clefs que je manie d’ailleurs maladroitement car dans le fond des choses je crois que ça ne me passionne pas.

De moins en moins de discours, de publicité, juste le tableau et puis voilà. Ce qui explique surement ma faible audience également car je ne réponds pas à tous les commentaires, à tous les like au moindre signe d’intérêt du spectateur. C’est une manière frustre, évidemment mais ainsi je conserve le temps nécessaire pour peindre sinon je crois que je passerais des heures à chercher mes mots pour répondre des choses sensées.

Peut-être est ce encore là une interprétation erronée de ma part d’ailleurs, les gens ne veulent pas tant de choses sensées si ça se trouve qu’un petit signe amical qu’il me gène aussi de fournir par avarice probablement. C’est que je pense que l’amitié les affinités en général nécessitent un investissement en temps énorme que je ne possède pas ou du moins que je ne possède plus à 60 ans désormais.

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