Dérives

Certaines périodes de notre vie, difficiles à vivre, que ce soit sur le plan matériel ou psychique, nous entraînent à chercher une issue ou une consolation. Il est possible que cela puisse se mesurer selon le degré d’hystérie que nous atteignons. D’autres parlerons de l’élévation d’une fréquence vibratoire qui agiterait les molécules de notre corps et particulièrement celles de notre ciboulot. Peu importe en fait les définitions de cette transe qui s’empare de l’être humain dans ces situations de crise où il aspire à s’extraire de l’austérité.

Retenons la transe puisque elle parait être la mieux répandue et la plus compréhensible sur les 5 continents.

Dans toutes les cultures que ce soit par le rituel compliqué, les rythmes lancinants des tambours, la mélopée hypnotique, le football, la « dance », les émissions de variétés, le but recherché est quasiment le même: s’absoudre de la pensée rationnelle pour pénétrer dans une dimension « autre ».

Cette autre dimension peut, elle aussi, avoir quantité de définitions suivant le degré d’évolutions des sociétés qui la nomment. Il n’empêche que tout le monde soit d’accord plus ou moins pour décider qu’il en existe bel et bien une, dans laquelle le rationnel n’a pas son mot à dire, dans laquelle le rationnel est démuni.

C’est à cette frontière entre rationnel et irrationnel que naissent toutes les dérives depuis toujours.

Ces dérives viennent évidemment,encore une fois, de la pensée qui désire coûte que coûte nommer, expliquer, définir, classer et probablement aussi d’une forme maladive d’orgueil et de vanité qui chercherait par tous les moyens possibles et imaginables à élever certains individus au rang de guru, de maître, de savant ou d’expert dans le labyrinthe d’un pseudo savoir ésotérique.

Je crois qu’Héléna Blavatsky fut un génie du genre. D’ailleurs il est fort probable de Spolding, l’auteur de « la vie des maîtres », dont j’ai parlé dans une autre article, a du lire attentivement ses ouvrages qui déjà parlent d’un voyage au Tibet qui dura 7 ans et au cours duquel elle rencontra plusieurs maîtres spirituels de haute volée.

Je ne vais pas ici recopier la biographie de cette dame, Wikipédia l’a déjà fait et je vous laisse le lien ici :https://fr.wikipedia.org/wiki/Helena_Blavatsky

C’est en 1877 à New York que parait son ouvrage « Isis dévoilée » ovationné par l’Herald Tribune lui-même et qui sans doute lui valu en même temps qu’une invitation à appartenir à la Franc maçonnerie, la nationalité américaine un an plus tard en 1878. elle est d’ailleurs mariée à un Franc maçon Henry Steel Olcott, qu’elle a rencontré 4 ans plus tôt lors d’une séance de spiritisme dans une ferme du Vermont. Celui ci deviendra son premier lieutenant dans l’organisation de la « société Théosophique » dont les trois objectifs déclarés sont:

  1. Former un noyau de la Fraternité Universelle de l’Humanité, sans distinction de race, credo, sexe, caste ou couleur ;
  2. Encourager l’étude comparée des Religions, des Philosophies et des Sciences ;
  3. Étudier les lois inexpliquées de la Nature et les pouvoirs latents dans l’Homme.

Le contexte économique et politique de l’époque est le début de ce qu’on appelle « la grande dépression » aux états unis sous la fin de la présidence de Grant qui bien qu’il ait fait un certain nombre de bonnes choses pour son pays termina son mandat dans l’opprobe en grande partie due à la corruption de son administration.

Crise financière, corruption, scandales… La société Théosophique sera alors la bouée naturelle pour bon nombre de cervelles fragiles. Après le naufrage chacun cherche à s’accrocher à ce qu’il trouve, l’irrationnel est alors à la mode et permettrait de s’enfuir, d’échapper à l’âpreté de ce temps de crise.

Il est à noter qu’Hitler quelque années plus tard devait aussi être victime de la même fragilité psychique tout Fuhrer qu’il était et qu’il fut bien évidemment influencé largement dans sa volonté de montée au pinacle la race Aryenne, par les écrits de Madame Blavatsky. ( le lecteur intéressé trouvera un article résumant cette notion de race « racine » ici https://fr.wikipedia.org/wiki/Race-racine#:~:text=Blavatsky%20a%20affirm%C3%A9%20que%20l,100%20000%20ans%20en%20Atlantide. )

Pourquoi j’ai envie de raconter ça ce matin ? c’est sans doute parce que nous sommes aujourd’hui parvenus dans des circonstances similaires, le temps des dépressions et des crises financières et sanitaires. Peut-être n’est ce qu’une simple hypothèse de ma part mais j’ai l’impression que de plus en plus se développent des dérives et bien sur toute une armée de profiteurs qui les utilisent afin de se berner eux mêmes puis les autres toujours à la même frontière celle entre raison et imaginaire.

Dans mon petit bureau où j’écris ces lignes je me sens comme cet officier du roman « le désert des tartares » qui surveille la ligne d’horizon au beau milieu du désert et de temps en temps par fatigue, par espoir aussi j’ai déjà aperçu quantité de mirages venir vers moi.

Mais ma « mission » prime je dois continuer à surveiller, je ne peux pas me laisser à l’hystérie, ni à la transe vraiment même si parfois ce n’est pas l’envie qui me manque, la raison est une chose magnifique, tout aussi belle finalement que l’imagination débordante.

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