Se déplacer

Se déplacer c’est changer de place. Cela semble tellement évident qu’on n’y pense pas. Mais si on devenait conscient de toutes les évidences la magie de ce monde serait l’essentiel. Ce qui n’est pas vraiment le cas, d’après mon expérience personnelle.

Se déplacer c’est souvent le commencement d’une danse durant laquelle on tourne en rond tel un derviche ou un chien qui cherche son coin, un chien ou un chat … en fait tous les animaux le font, ils ne vont pas d’un point A à un point B directement. Il n’y a que l’être humain et la ligne droite diabolique inventée par lui pour lutter contre le tortueux, le sinueux, l’inquiétant.

L’inquiétant est un enfant vieillard qui rit sous cape.

C’est le vieux dragon des légendes qui se tient devant la porte du coffre fort à jouets. Mais ni le dragon ni le coffre ni même les jouets sont importants dans l’histoire. Seulement le déplacement.

Se déplacer c’est changer de place, cette place à laquelle on croit être, celle que l’on pense mériter ou pas. Celle que l’on brigue et qui lorsqu’on l’obtient se transforme en défaite, c’est à dire en insatisfaction, en ennui, ce terreau à désir que l’on engraisse de rêves, de plans sur la comète, de demain , et de si.

Se déplacer contient las et lassé, on se lasse d’un lieu parce qu’on est dans un ailleurs pour ne pas voir. On se lasse d’un ici pour se penser là bas, là haut de préférence.

Se déplacer c’est tenir la dragée haute à la pierre et à la plante, à la grande ourse et à toutes nos vieilles casseroles.

Se déplacer c’est le croit-on changer, c’est un bon début mais c’est oublier le facteur temps. On ne change pas d’un lieu l’autre vraiment, on déplace sa coquille comme un escargot avec un joli sillon de bave étincelante que l’on nomme nos souvenirs, enjolivés à chaque couche nouvelle de nostalgie que l’on dépose.

Se déplacer n’est pas forcément errer, pas plus que s’égarer. Mais souvent quand même. Certains prôneront de bouger son cul comme le font les dindons les poulets de préférence avec la bouche en cul de poule pour être mode.

La danse du ventre la danse de Saint Guy, et tout le tutti.

Se déplacer c’est facile portant il suffit de faire un pas, un pas vers toi, un pas vers l’inconnu, un pas de plus encore et toujours même si à chaque fois le risque de chute est de plus en plus risqué.

Se déplacer c’est souvent chuter

puis se relever et continuer.

C’est d’une simplicité enfantine

Se rappeler comment tout à commencé.

la petite étincelle

le big bang

et l’expansion à l’infini

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