L’important est de participer ?

« « Le plus important aux Jeux olympiques n’est pas de gagner mais de participer, car l’important dans la vie ce n’est point le triomphe mais le combat ; l’essentiel, ce n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être bien battu »

Il parait que cette citation attribuée à Pierre de Coubertin prendrait sa source, son inspiration dans un sermon prononcé par l’évèque  de Pennsylvanie, Ethelbert Talbot, prononcé le 19 juillet 1908, au cours des Jeux de la IVème Olympiade à Londres.

Du coup cette citation est assez mal considérée car elle prend la forme d’une excuse facile à exhiber face à toute défaite.

Je crois que cela fonctionne si l’important dans la vie se résume à la victoire, ou si Compostelle est le but ultime gommant tout le parcours effectué pour l’atteindre enfin. Ce qui n’est évidemment pas le cas en ce qui me concerne.

Toute victoire a une finalité triste si c’est une finalité. Les clameurs et les fanfares ne sont là que pour masquer les hurlements d’effroi, la peur, la désespérance engrangées en chemin vers elle. La victoire c’est une autre appellation de la solitude essentielle des hommes lorsqu’ils pensent avoir gagné quelque chose sur l’insoutenable. Cependant la victoire, aucune victoire ne fait refluer l’insoutenable. Depuis le temps ça se saurait.

L’important c’est de participer ? c’est au bout du compte un choix issu d’une fatigue, celle que l’on emmagasine, que l’on stocke, que l’on thésaurise à seulement observer.

Les enfants ont cette faculté liée à leur impuissance de pouvoir observer le monde en restant en retrait de celui ci. Les enfants observent et peu à peu il leur est réclamé de participer et c’est ainsi qu’ils deviennent des femmes et des hommes, lorsqu’ils participent pleinement à la vie collective d’une société. C’est ce que la société désire de chacun de nous. Libre à chacun ensuite d’obtempérer ou pas- ce qu’on appelle liberté désormais ne tient qu’à ce choix.

Ne pas participer et rester ainsi dans une marge à regarder la vie passer, c’est souvent ce que l’on attribue aux poètes, aux artistes, dans l’imagination populaire. Rien n’est plus erroné que cela on peut observer et participer , s’engager même s’il le faut.

Ce qui fait que l’on quitte la position d’observateur pour atteindre celle d’un acteur ? cela est personnel à chacun. Cela peut tout aussi bien être une émotion, une raison, une capitulation, une volonté de résistance, ou de collaboration s’il le faut.

C’est dans ce no man’s land entre observation et participation que souvent une vie cherche un tuteur pour se dresser à hauteur de femme à hauteur d’homme comme une plante en pot a besoin d’aide pour croître et se développer, atteindre à la maturité à défaut d’avoir la chance d’être en terre pour projeter ses racines et vivre spontanément.

Nous sommes comme des plantes en pot désormais la plupart d’entre nous, coupés d’un terroir, d’un territoire s’enfonçant comme des continents oubliés dans l’imaginaire individuel, dans la folie si l’on veut puisque cette mondialisation accompagnée de ses dogmes universaux ne présente pas encore tout à fait son vrai visage et que nous le fantasmons encore dans nos solitudes.

Ce qui faisait la grandeur d’une France n’était qu’un rêve éphémère balayé par l’âpre profit qui peu à peu déshumanise la planète sans que nous résistions vraiment à la débacle. Nous sommes dans la position de ces enfants qui n’ont que l’autorisation implicite d’observer la dégradation sans qu’on leur laisse même l’idée de pouvoir agir, de pouvoir intervenir.

On nous parle comme à des enfants. Pas qu’ici en France, partout dans le monde c’est la même chose. les dirigeants se sont transformés en clown de cirque dans un spectacle ou l’effroi et la promotion pour la lessive se mélangent dans un grotesque achevé.

Cela nous fait rire quand ça ne nous fait plus pleurer ou nous insurger. Le rire voilà donc tout ce qui nous reste pour contrer l’inéluctable ? l’observation et le rire comme des gosses assis sur les gradins d’une théâtre, d’un cirque infernal.

L’important c’est de participer ? Oh mais oui bien sur absolument, même maladroitement, même si on risque les quolibets, les insultes, la mise à l’écart bien sur !

L’important c’est à un moment dire ça suffit j’ai envie de participer et d’arrêter de regarder le monde assis sur mon banc me permettant ainsi avec une facilité déconcertante de donner mon avis sur tout, de donner « mon opinion », sans débourser quoi que ce soit de peine d’effort, d’engagement véritable.

L’important c’est de participer ? Absolument et peu importe la victoire la défaite comme peu importe la naissance et la disparition des hommes c’est l’entre deux l’important ce que l’on fait durant ce petit laps de temps, durant ce surgissement qui compte.

C’est tout simplement une loi contre laquelle nul ne peut décider de se mettre en travers, même Diogène qui désirait rencontrer un indifférent n’a pas atteint son but qui était de rester à ne rien faire à observer …. des siècles encore après on devine bien qu’il a participé à sa façon à l’élaboration de la pensée humaine.

Participer comme on le peut avec les moyens que l’on possède même si médiocres pensons nous qu’ils sont vaut mieux que rien.

Parce que rien c’est rien nada, néant ce n’est pas ce que la vie ni l’univers veulent, si c’était le cas ça se saurait depuis le temps !

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