Éponge, porosité, imperméabilité.

Cette nuit rêves bizarres. Depuis quelques temps je m’entraîne à retrouver la lucidité dans mes rêves. Le problème c’est que je perds la mémoire assez souvent encore, au matin,de ces périodes de lucidité. D’ailleurs elles mêmes peuvent se classer sur divers modes. Super lucidité qui vient du narrateur de rêve ( est ce moi ? peut-être pas ) disons donc un narrateur qui serait l’observateur sur attentif du moindre détail de ces rêves. Cependant l’esprit critique parait en vacances. Cette super lucidité ne se mélange pas avec la critique.

le narrateur relève toutes les informations pêle mêle.de la plus insignifiante en apparence jusqu’à la plus grosse sans jamais effectuer le moindre jugement.

Ensuite la lucidité peut se décliner en moyennement lucide avec des trous comme dans le gruyère, sorte de conscience nageant la brasse papillon entre du visible et de l’invisible ou plutot du compréhensible et non compréhensible. Encore qu’il soit possible que dans la profondeur des rêves on puisse tout à fait se fabriquer ses deux notions de façon arbitraire.

Ce que je nomme compréhension onirique n’a rien a voir avec la compréhension de la vie diurne, » normale. Elle semble avoir sa propre logique interne. C’est dont un rêve de logique à l’intérieur de l’illogique qui formerait alors ce critère de lucidité. La présence seule d’un effort. Ce qui ne veut évidemment pas dire que tout cela soit très logique.

Cette nuit donc je me suis vu ( narrateur ) vivant dans une demie clarté ou demie obscurité à mi chemin entre la surface et le fond de l’abyme.

J’étais une éponge.

J’avais des sensations d’éponge. Et soudain en attrapant une sorte d’animalcule qui passait par là, à ma portée, j’ai senti mes cellules envelopper ce bidule, une fabrication effrénée autour de la proie avec une sorte d’avidité, une fébrilité dont je ne me souviens à aucun moment de ma vie être capable. Meme en me goinfrant de frites ou de chamalot je ne peux atteindre à une telle rapidité mais surtout à une telle voracité.

Surprenant. Une éponge carnivore.

Surprenant d’autant plus que je me suis aperçu que je ne possédais pas de tube digestif.

Au lieu de ça je grossissais au fur et à mesure que la proie diminuait jusqu’à ne plus être qu’une enveloppe vide, un boyau qui flotta dans l’eau et dont je m’éloignais enfin rassasié.

Bon ça me parle du savoir ce rêve je le sais en tant qu’éponge dans mon rêve en train de le rêver. Disons que c’est ce qu’interprète la lucidité du narrateur de mon rêve. Et si je le retiens au réveil c’est qu’une passerelle s’est belle et bien formée entre ce que l’on a coutume d’appeler l’inconscient et le conscient.

Le savoir est cette nourriture dont je me suis goinfré pendant des années…. impression de millénaires et de quantités innombrables qui soyons clair ne peuvent logiquement entrer dans le cadre seul de ma petite existence.

Alors serais aussi lucide dans ce rêve éveillé qu’est l’écriture pour admettre sans broncher sans rigoler que ce savoir je le traque depuis mars, et depuis bien d’autres planètes encore où j’ai vécu jadis avant de finir pour je ne sais quelle malédiction ou bénédiction dans ce trou du cul galactique qu’on nomme la Terre.

Au bout du compte oui. Je reste perméable à ce genre d’hypothèse. Par modestie uniquement. Ce n’est pas que puisse m’enorgueillir d’appartenir à une race extraterrestre quelconque surtout une race supra intelligente.Non.

J’ai vécu certainement des milliers de vies comme autant de périodes de lucidité oniriques plus ou moins valables plus ou moins artificielles tout comme mes pseudos états de conscience dans cette vie terrestre.

Je peux donc théoriquement si je le désire plutôt que de systématiquement rechercher la porosité spongiaire et me goinfrer devenir imperméable désormais et découvrir les rêves du carbone, depuis le silex au diamant. Si j’en reviens ou si le narrateur parvient à en revenir, pourvu qu’il puisse encore s’exprimer par un langage compréhensible par d’autres.

Il y a toujours ce risque de s’enfoncer ainsi dans le rêve et d’en revenir avec des onomatopées, des borborygmes, des pas grands choses d’intelligible pour autrui ce qui renforce la solitude immense de l’univers ce qui absolument contre productif par rapport à la mission initial qu’il se donne à chaque instant.

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