Opéra

Le mot opéra n’apparaît qu’au XVII ème siècle. Les non latinistes n’y verront probablement que de la musique , d’autres plus portés sur l’histoire de la peinture pourraient se souvenir que c’est le nom d’un rouge un peu plus soutenu que lie de vin.

D’autres encore pourront penser à l’idée de composition, à l’artiste qui laisse son empreinte et qui avant la Renaissance était tenu pour quantité négligeable.

A l’artiste on préférait les matières, leur matité ou leurs brillances, leurs qualités, leur préciosité, leur raretés prenaient le pas même sur la couleur. D’ailleurs comme l’indique l’excellent Michel Pastoureau dont je vous recommande de lire les ouvrages, la couleur venait ensuite, après les matières, quant à l’artiste il n’était aperçut généralement qu’au bout de toute la chaîne de critères qui au Moyen Age décidaient de l’importance ou non d’une Oeuvre.

Le fait que l’artiste passe pardonnez l’expression en « pole position » est somme toute une situation récente.

Et puis les temps changent tout le temps, les modes se démodent, rien ne se démode plus vite qu’elles.

Se lancer dans l’art aujourd’hui pour une ou un jeune demande une certaine dose d’inconscience et d’ignorance même au sortir des fameux Beaux Arts de n’importe quelle cité. Ce n’est pas parce qu’on a fait quelques années d’études, 5 en règle général qu’on est devenu artiste. Tout commence même pourrais je dire pour beaucoup avec ce handicap d’avoir fait ce genre d’études.

L’art conceptuel ne veut rien dire pour certains,ne leur dit rien du tout et ils lui rendent assez bien la monnaie de la pièce. En inventant leur art personnel- n’est ce pas déjà un pléonasme désormais ?

Car l’artiste du XXI ème siècle n’a rien à voir avec l’artiste d’auparavant. Il n’y a plus guère d’ateliers de grands maîtres chez qui apprendre son métier, les galeristes aussi, enfin ceux qui méritaient cette appellation également. Etre jeune artiste dans l’âme ne propose aucun laisser passer pas même envers soi-même au départ. Tourner en rond est la porte, les fourches caudines de notre époque, la seul issue possible si on ne devient pas fou avant.

Tourner en rond et utiliser à la fois la force centrifuge et centripète. Sans doute que nos voisins des galaxies proches comme lointaines connaissent tout ça et en use pour se balader dans le vaste univers. Les fameuses soucoupes volantes tournent en rond sur elle même elles aussi bien sur…. sauf que leurs pilotes connaissent les issues, les trous de ver, les raccourcis pour se déplacer d’un point l’autre des milles et une dimensions du temps et de l’espace.

Peut être même des différents univers allez donc savoir.

L’art de tourner en rond mène donc bel et bien quelque part ne vous en déplaise chers amateurs de ligne droite que les chinois considèrent hautement diabolique.

Quel rapport avec la musique classique, avec l’opéra ? Je crois qu’il vous faut pour cela vous débarrasser du sens commun, du qu’est ce que ça veut dire.

Revenir à la sensation de fréquence de vibration, d’onde. Laissez vous porter non par le sens de la musique mais par le tourbillon de sensations qui prennent leur source bien au delà de votre esprit. Au sens même du vide cosmique et des atomes ça tourne attention action !

Et puis à un moment donné une porte s’ouvre on ne sait comment, une issue vers une nouvelle version de soi comme de l’univers tout entier

on repart comme qui dirait à zéro.

Un nouveau monde

un nouveau langage

un nouveau sens à donner à tout.

C’est ce que m’a raconté à mi-mot Thierry Lambert lorsqu’il a commencé à dessiner puis à peindre ses kachinas Navajo.

Cependant par respect il ne pouvait s’emparer des codes et de la culture navajo, il ne voulait rien voler, rien déranger rien trahir. D’ailleurs cela n’aurait eu aucun sens.

Et Thierry et un homme tout d’abord d’un profond bon sens.

Alors il est revenu tout simplement à sa propre cosmogonie, à sa légende personnelle celle que nous possedons tout avant que nous enfilions notre petit uniforme de moi moi moi.

Il a crée ses propres kachinas avec son code à lui, sa grammaire son vocabulaire.

En traversant de nombreuses couches à la fois de savoir de connaissance et de naïvetés de croyances il est parvenu à cette source ce qui n’est pas une ballade touristique je vous le garantis.

Il faut revenir au rien pour que soudain dans un état que je pourrais nommer pré chamanique, une sorte de calice, une coupe simple comme un Graal, tout arrive.

Il faut un rien pour qu’un tout surgisse.

Et le chevaucher ensuite, mais cela c’est une autre histoire que nous verrons plus tard.

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