Pesanteur et légèreté

La première chose qui me vient à l’esprit c’est cette image pataude d’albatros à terre en contraste, comme ne manque pas de l’évoquer le poète, avec l’élégance de son vol.

L’âge et le poids, la lourdeur vs la jeunesse la légèreté et la fluidité de gestes et de pensées.

C’est une motivation suffisante pour marcher le plus possible durant ces derniers jours , 10 000 pas au moins me dit l’application installée sur le smartphone.

Ce hiatus entre ce que l’on est et ce qu’on pense être dans le registre de la pesanteur comme de la légèreté ne se saisit vraiment que dans le déroulé de l’action.

Bien sûr je ne peux manquer d’avoir honte parfois quand je comprends toute la vanité de cette gymnastique mentale qui ne cesse de me procurer une impression d’effort, de mouvement alors que somme toutes une inertie pesante caractériserait bien mieux ce que je représente physiquement.

Il n’y a qu’à se retrouver fortuitement sur une plage de l’océan Atlantique pour se retrouver nez à nez avec la difficulté de se mouvoir. Dans le sable marcher en s’enfonçant à chaque pas rappelle inexorablement la pesanteur du quintal à trimballer.

On cherche une densité serrée du sable sous le pied pour éviter de se morfondre. Et on se souvient évidemment de cette époque où l’effort n’existait pas, ou l’effort signifiait liberté, plaisir et joie sauvage en courant éperdu vers la vague.

Perdre du poids est un mot d’ordre que je ne cesse d’entendre depuis l’enfance via mes parents pour commencer. Et bien sur là dessus aussi je résiste. Depuis la cinquantaine je crois même que j’ai éprouvé comme une sorte d’élan à me goinfrer de tout et n’importe quoi. Comme une revanche de tant d’années à crever de faim qui s’accorderait avec le dégoût de la séduction.

C’est dire combien l’apparence physique peut être en lien chez certains êtres avec le manque ou l’excès de confiance en soi.

Mais là….considérer comme une torture de marcher sur le sable c’est trop!

Il n’est pas question de séduction ni de dégoût mais bien plutôt d’une prise de conscience vis à vis de cette lourdeur terrifiante qui envahit toute une pensée au delà du corps lui même.

Même ma peinture mon écriture tout cela est d’une lourdeur soporifique. C’est tout à fait ce qui me vient là tout de suite en regardant quelques oiseaux voltiger sur fond de ciel bleu.

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