Deuil

Les deux frères sortirent du véhicule. Celui qui semblait être le plus âgé sortit un trousseau de clefs de sa poche et il ouvrit la porte de la maison.

C’était une maison semblable à toutes les autres dans la résidence. Cela ne valait pas vraiment la peine de s’attarder à lui trouver le moindre charme. Pourtant les deux hommes s’attardèrent un instant devant le seuil.

Le chien ne surgirait pas de la pénombre pour leur faire la fête, il ne verraient pas non plus la silhouette de l’homme qui avait été le père apparaître lentement à la suite de l’animal.

Une béance semblait freiner l’entrée de la maison.

Pourtant ils entrèrent et allèrent directement vers les fenêtres la grande baie vitrée du salon pour chasser à grands renforts de manivelle l’obscurité et l’odeur de renfermé.

Méthodiquement ils commencèrent par l’étage. Et aussi par chacune des pièces , sans un mot ils descendirent tous les meubles tous les cartons pour les empiler dans le camion.

L’opération leur prit la journée et d’un commun accord puisque l’aîné avait encore beaucoup de route à faire pour rejoindre Lyon, ils décidèrent de ne pas prendre de pause à l’heure du déjeuner.

Enfin, vers 17 heures tout fut terminé.

Ils entrèrent une dernière fois dans la maison, totalement vide désormais et refermèrent toutes les fenêtres ainsi que les stores.

Puis ils ressortirent. L’aîné sortit un paquet de cigarettes de sa poche et en proposa une à son cadet.

Non cela fait maintenant 5 ans que j’ai arrêté dit il

Ils s’embrassèrent maladroitement puis ils se tournèrent une dernière fois pour regarder la maison. Une maison semblable désormais à toutes les autres tout autour.

L’aîné grimpa dans le camion et effectua une manœuvre puis il adressa un petit geste à l’autre pour prendre congés, et enclencha la première pour rouler au pas et sortir de la résidence.

Un commentaire sur “Deuil

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :