Pensée nomade

En rangeant l’atelier je retrouve des petits formats que j’avais complètement oubliés. Ils sont tout aussi hétéroclites que ce que je fais d’ordinaire et à nouveau je me suis senti envahi par une sensation bizarre. A mi chemin entre la culpabilité et la joie que déclenche depuis l’enfance ma fronde contre la norme en général.

En général en chef de plus en plus…

Bref j’avais encore le choix entre me cogner la tête contre un mur pour me lamenter, planter ma queue dans un pot de pâte à tartine puis m’auto sucer, ce qui devient de plus en plus difficile mais pas encore tout à fait impossible avec l’age.

Ou alors me calmer en buvant un verre d’eau glacé et réfléchir 5 minutes.

Ça me rappelle l’histoire que raconte Paul Bowles dans une nouvelle intitulée le scorpion.

Un scorpion demande à un chien de lui faire traverser un fleuve. Le chien réplique t’es dingo si je te prends sur mon dos tu vas me piquer.

-Mais non rétorque le scorpion je te promets

Et c’est comme ça qu’au beau milieu du fleuve le scorpion ne peut pas se retenir et pique le chien.

Air larmoyant du chien en constatant le méfait et la trahison

C’est ma nature je n’y peux rien dit alors le scorpion.

C’était un constat à la fois désespérant autant qu’encourageant. On ne change pas sa nature me dis je en refermant le bouquin. Et en même temps que je me disais ça j’ai du voir tout un tas de belles illusions s’écrouler.

Encore partagé entre le soulagement et la déception. Et toujours aussi crétin devant le choix.

C’est sans doute ce mécanisme du choix qui fait toute la différence dans la vie.

Je choisis de ne peindre que des doigts de pieds jusqu’à la fin de mes jours

ou bien un coup une vulve, un coup un cul, un coup une aisselle, un coq et pourquoi pas un âne.

Bâté de préférence !

Oh la la encore toute cette panade de réflexionlogie sitôt que je marche sur des débris de verre. Panser vite pour ne pas sentir la déchirure.

Nomade du coup ça me va bien.

Nomade ça fait mongol ou tatare ou rom ou gitan bref ça fait caravane, tente et feu de camp. Suffisamment pour foutre le camp d’ici justement.

Ici ou là c’est kif kif bourricot. Des poteaux auxquels on s’attache pour se rassurer de n’être pas ailleurs. Un peu comme dans un cimetière on flanque les dépouilles, pour se rassurer qu’elles soient là et nulle part ailleurs.

Une sédentarité du cadavre qui nous arrange au delà du prétexte d’aller recueillir je ne sais quoi.

Nomade et pensée je me suis dit

pensée nomade

sans racine

pierre qui roule en se foutant des mousses.

Au bout du compte tout cela revient au même tout ce qui est mâché et ce qui ne l’est pas

dans la cuvette fondamentale

une merde et un peu de pisse

circuler c’est tout.

2 commentaires sur “Pensée nomade

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