La qualité des rêves.

Beaucoup d’entre vous pensent qu’ils ne rêvent pas parce qu’ils ne se souviennent plus de rien à leur réveil. Et puis rêver est sans doute devenu un verbe péjoratif à notre époque.On évite d’en parler. Ou alors si on veut parler de rêves on l’exprime différemment avec des mots à la mode. On dira projet, mission, objectif ou je ne ne sais quoi d’autre de façon à indiquer que l’on a bien les deux pieds sur terre.

Etre un rêveur est depuis toujours assez péjoratif.

Cependant que la réalité, ce que nous appelons réalité est un rêve comme tous les autres. Si ce n’était pas le cas expliquez moi comment nous pouvons changer de point de vue, d’avis, d’opinion sur la qualité de cette réalité à tout bout de champs.

Nos rêves nocturnes et ce rêve magistral qu’est la réalité ne sont pas si éloignés. Si ce n’était l’obsession de trouver un sens, une raison à tout et le fait de trouver une stabilité un peu plus grande des choses du monde diurne.

La douleur également peut s’avérer plus aiguë dans la journée , si on se brûle, si on se pique, si on trébuche et tombe. Nos capteurs de sensations semblent être programmés pour réagir selon des lois , c’est à dire des expériences qui en se répétant apportent le même résultat, la même sensation.

Il en va ainsi de la douleur, de la joie, et de toutes les émotions que nous éprouvons. Une sorte de programmation qui nous contient ainsi à penser que ce rêve est un peu plus tangible que tous les autres que nous avons oubliés.

Pour le peintre que je suis la toile est une porte qui me permet de passer entre les rêves, de voyager d’un rêve à l’autre. Je disparais par le mouvement, l’agencement des masses et des couleurs pour me retrouver dans des univers qui, à priori me semblent totalement étrangers de prime abord mais que je découvre familiers une fois le tableau achevé.

N’est ce pas étonnant de constater comme des retrouvailles au moment où, je me retourne je dépose le pinceau, après l’avoir essuyé et me retournant à nouveau quelques mètres plus loin je découvre quelque chose d’insolite et familier « d’un seul coup. »

Ce mélange de l’insolite et du familier me trouble toujours autant après des années de peinture.

Maintenant je dois aussi dire qu’il y a un état d’esprit particulier dans lequel pénétrer et qui se trouve bien en amont de l’action de peindre.

Une forme de nettoyage si l’on veut qui obligerait toujours l’être à se situer entre conscience et inconscience sans s’attacher à l’une ou l’autre, à l’un plus qu’à l’autre.

C’est assez difficile à comprendre car nous sommes immergés dans nos pensées presque tout le temps si bien qu’on n’y fait plus attention.

On mange en pensant à un tas de choses.

On marche dans la vie et on ne voit rien car on réfléchit

On fait l’amour et il arrive que même là on ne soit pas tout à fait là.

La pensée est une sorte de prison dans laquelle nous aimons nous enfermer à triple tour pour ne pas voir ou sentir la réalité du rêve ou le rêve de la réalité. Nous ne sommes que rarement connecté à ce qui est.

Il est probable que la qualité de nos rêves soient étroitement liés avec ce que nous avons coutume d’appeler le « moment présent ».

Prêter de l’attention à nos gestes, à nos sensations au moment où nous les effectuons et où celles ci nous traversent tient à distance l’élucubration de nos pensées. Il n’est pas question d’analyser chacune de ces choses ni de leur donner un sens en toute hâte, comme pour les évacuer.

Mais au contraire se retirer de cette notion d’analyse et d’obsession du sens.

Ainsi dans la journée nous pénétrons désormais de plein pied avec le dream time qui est là depuis toujours. Nous pouvons voyager d’un rêve l’autre sans encombre comme des voyageurs à l’attention tournée seulement vers le but d’être présent.

Cette attention que nous pouvons cultiver dans la journée impacte nos rêves de la nuit. Grâce à cette attention nous pouvons découvrir une intensité des sens et des couleurs notamment que nous ne parvenons pas à ressentir dans le monde de tous les jours tant que nous sommes prisonnier de l’analyse.

2 commentaires sur “La qualité des rêves.

  1. D’un poète de chez moi:

    C’est qu’ils ne savent pas de quoi notre âme est faite,
    Ceux qui blâment ainsi nos âmes de rêver.
    Pardonnons au dédain qu’ils ont pour le poète :
    Sachons plus haut nous élever !…
    Sous les coups assurés et rigoureux du rire,
    Nous irons au hasard, sans cesser d’être fous,
    Et nous finirons tous comme le chien qui crève
    Sous une grêle de cailloux.

    Germain Beaulieu (1900)

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