Où est le curseur ?

Comme tu peux changer de réalité à chaque instant tu peux aussi changer d’état d’esprit. A moins que tu imagines n’être que d’un seul tenant, une seule pièce comme nous sont présentés les héros dans les films américains, les western. Le genre de type à la John Wayne qui ne cille jamais. Ou encore si tu es une femme l’inébranlable ou presque et impétueuse Maureen O’Hara. C’est que dans notre culture occidentale la confiance se base sur la cohérence, la suite dans les idées, sur le coté entier des personnes. Toute dispersion est à bannir vu le risque de pertes, de faillites de déceptions qu’elle charrie dans son sillage.

Cette confiance dans une réalité toujours identique, avec ses points de repère permet de calculer des cycles, le temps, avec sa reposante valse des saisons et l’art de naviguer en s’appuyant sur les constellations.

Lorsque ça change, lorsque ça se dégrade, ralentit ou accélère, lorsque le grain de sable vient se loger dans les rouages de la pendule ou du sextant, nous appelons ça un incident, un accident, une catastrophe selon notre volonté commune d’inventer un curseur pour mesurer la peine, le chagrin, la douleur.

Cette notion de curseur comme de mesure est comme le rêve inscrit dans nos cellules, dans notre ADN et son but en définissant une échelle d’intensité est de nous faire éprouver l’existence et son immense richesse de possibles.

Nous restons trop souvent du coté de la peur n’osant pas tenter la traversée des frontières. C’est assez souvent que l’incident se produit comme si une part inconsciente au fond de nous le créait en sous tâche pour nous extirper du confort d’un train train se confondant sans que nous n’y prêtions attention avec l’ennui.

Dans la période troublée que nous traversons la peur est installée sur un beau piédestal plus que jamais. Brandie comme un épouvantail elle sert toujours à éloigner les oiseaux des fruits, à préserver quelque chose.

A quoi sert donc la peur sinon à tenter de préserver cette réalité commune qui vacille dans tous les sens en ce moment même où j’écris ces lignes. La peur est une résistance au changement. Comme elle en est souvent aussi le désir profond, inconscient.

C’est de ces deux forces opposées peur et désir que l’atroce et le merveilleux jaillissent à chaque instant comme un joli son de cymbales.

Ce même son de cymbales si je me souviens bien de ma mythologie de poche qui servait à couvrir les vagissements du dieu Dionysos nouveau né.

Du coup pour conclure cette affaire de curseur le mieux est peut-être de ne pas trop s’y attarder sauf pour monter le son de Stranger on the shore que j’ai retrouvé ce matin avec un bonheur paisible.

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