Creuser un sillon

Amis, c’est une misère que la vie de nos paysans s’ils ne sont riches et opulents ayant avalé leurs congénères dans la sempiternelle course au profit.

C’est une misère vue de loin comme on scrute de temps à autre un mouvement à l’horizon. Un tourbillon de feuilles emportées par le vent. La silhouette tenue d’un oiseau qui la haut se débat dans les bourrasques. On ne donne pas cher de leurs avenirs…et pourtant le tourbillon si fou a t’il l’air comme le martinet ou l’étourneau et notre paysan ont en commun la plus grande des richesses qui ne s’acquiert pas en ouvrant son porte monnaie. Tous et même s’ils n’en ont pas l’air suivent un sillon, leur sillon constitué par chacun d’espoir de désespérance et de régularité.

A chacun sa notion d’espoir comme de déception mais la régularité est une affaire universelle même si celle ci a tendance à produire l’asyncope, le tournis, l’égarement.

Suivre les veines invisibles de la régularité naturelle des choses éternelles c’est tout l’art du boucher qui n’use jamais son couteau comme du tourbillon qui semble disparaître pour ressurgir de plus belle. Les veines du dragon ou son souffle comme en parlent les chinois.

Creuser un sillon il y a mille manières de le faire et tout autant de raisons. Toutes aussi valables les unes que les autres. Mais comment en parvient on a cette évidence ? Nul ne le dit jamais. Il semble que ce soit un secret bien conservé. Et encore plus dans l’atmosphère hystérique du monde actuel.

Cela demande une certaine forme de renoncement d’abnégation. Des valeurs qu’on ne prône plus beaucoup désormais que l’avoir se conjugue plus souvent que l’être.

Creuser son sillon pas une fois mais tous les jours que le Bon Dieu fait c’est bien autre chose que de l’engouement éphémère.creuser un sillon ce n’est pas une lubie de gentleman Farmer non plus.

Creuser un sillon est douloureux et demande de la peine autant que de la patience. Car on ne sait jamais d’avance quels seront les caprices du temps.

Amis et particulièrement toi l’artiste je sais bien que tu comprends ce dont je parle. Cette ingratitude qui te vient en bouche aussi rapidement que l’amertume ne sont que des prémisses. Il faut oublier bon nombre de faux pourquoi afin de tracer droit.

Pour creuser un sillon digne de ce nom il n’est pas nécessaire d’être fort ni intelligent ni même d’avoir un quelconque talent. Il faut juste être dans ton champs chaque jour ou le plus souvent qu’il te sera permis et t’oublier peu à peu…

Tous les sillons ne se ressemblent pas. Et c’est très bien ainsi … en voyageant au travers la France pour me rendre dans le sud ouest j’ai été frappé par la beauté de nos campagnes. Je songeais à cette planète comme à une terre neuve puis peu à peu travaillée par les hommes. C’est une grande émotion qui m’a mis en joie de voir que chaque lopin de terre chaque champs venait pour certains d’être retourné…le retour au départ avant de nouvelles germinaisons de futures récoltes !

Dans ces terres de l’Ariège, de haute Loire, de Lozère tout n’est pas encore mécanisé à outrance et chaque cultivateur peut encore donner sa touche personnelle aux labours à ses sillons.

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