Flamboyance et effet « flash ».

Peut-être que pour comprendre ou connaitre la flamboyance soudaine, celle qui reste imprimée un long moment sur la rétine, il faille s’inspirer de ses antonymes. Il y a le morne, le sombre, l’éteint, le banal et puis tout à coup cette lueur, ce flamboiement qui attire le regard et déjà l’extirpe de la grisaille. Connaitre car il s’agit bien d’une forme de renaissance de la vision au contact d’une présence éclatante. On ne connait bien que par les sens et dans un silence extrême. Ensuite peuvent s’avancer les mots et les pensées, le roulement de tambour des mots et des pensées qui tournoient à vide. Les mots et les pensées ne servant qu’à dissimuler aux regards des dieux colériques la naissance de Dionysos.

Flamboyance des feuilles rousses d’automne qui forme une coiffure un peu folle au dessus de la pâleur du front d’été qui doucement s’éteint.

Ce mot comme un point de départ idéal après avoir découvert le mot clef #Flaming_abstract sur le réseau social Instagram ce matin.

Cette flamboyance serait alors comme le signal et l’événement confondus en un clin d’oeil. Au premier regard la certitude d’une présence. Puis presque aussitôt cet événement serait renversé par les chiens affamés de l’habitude. Dépecé par les pensées. Flamboyance insupportable d’Osiris mis en pièces. Insoutenable éclat des soleils qu’on ne peut affronter clairement, bravement qu’un instant très court avant de s’aveugler.

Flamboyance qui dure suffisamment longtemps pour ne pas la confondre avec l’effet flash qui retombe encore plus rapidement qu’un soufflet.

Encore une fois la différence entre art et décoration.

Il semble que la flamboyance soient disponible encore de nombreuses fois comme un mythe qui abolirait et révélerait la nature vraie du temps. Notre état d’esprit changeant.

Alors que l’effet flash s’épuise totalement brûlant ses réserves de curiosité comme de nouveauté irrémédiablement sans espoir de retour.

Qui peut le mieux apprécier, estimer l’événement du flamboiement sinon le peintre ou le photographe ?

Pourtant tu étais parti comme d’habitude, sans vraiment le rechercher. En mettant bout à bout les habitudes, les minutes et les heures jusqu’à l’oubli. L’oubli, l’antichambre bien souvent de la flamboyance.

Et puis soudain à l’instant T. Au moment où tu ne l’attendais plus du tout elle a surgit.

Un sacrée rouquine, presque une gamine au regard effronté qui soudain se métamorphose en femme, presque en divinité ou en mère si tu n’y prends pas garde.

Rester dans cet entre deux encore une fois est une affaire de tempo et de retenue.

Une touche de plus et tout basculerait. Le flash crépiterait sur les braises d’un secret qui s’évente parce que simplement on se le raconte trop souvent et tout seul à soi même.

Il y a donc au moment de la flamboyance une frontière qui naît simultanément à ne pas dépasser. La même qui sépare l’inachevé de l’inéluctable.

Peut être qu’habiter n’est rien d’autre que cela. Comme peindre. Se tenir entre deux frontières et s’habituer au miracle toujours renouvelé des flamboyances sans pour autant les confondre avec l’avoir et se résoudre simplement à être.

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :