Tout ça pour ça

Depuis que j’ai levé le pied sur le sucre notamment dans le café, l’amertume de ce dernier par une sorte de fatalité dont je serais l’un des collaborateurs actifs cette fois, l’amertume ne peut plus se dissimuler. Elle est là désormais comme une évidence. Je ne peux ni surtout ne veux la fuir mais au contraire m’en pénétrer et effectuer cette sorte de plongée récapitulative pour en extraire le secret.

Au bout de quelques jours à peine la grimace de dégoût s’est atténuée, la ligne centrale de la bouche est passée du convexe à l’horizontal neutre. C’est dire à quel point le café sans sucre on s’y habitue, comme à tout d’ailleurs si on veut bien se débarrasser de l’illusion, celle qu’on s’invente depuis longtemps par réflexe ou par a priori.

Ensuite on pourrait formuler un truc du genre ah bon finalement ce n’était pas si difficile, tout ça pour ça ? Et cette expression dissimule à peine ce qu’il faut de regret, de déception pour que l’autre en soi puisse y relever une pointe d’ironie, de dérision nécessaires de toutes évidence pour passer à autre chose. Ne plus y penser.

L’amertume serait devenu désormais un meuble comme les autres, mais anoblit d’un je ne sais quoi de neuf du genre céruse. On ne l’appellerait plus l’amertume d’ailleurs mais résignation. La résignation le catafalque de l’amertume. Son mausolée.

Cependant « le tout ça pour ça  » ne disparaît pas complètement des radars. Dans les Bermudes du psychisme il ne cesse de disparaître et resurgir, comme un monstre marin; la baleine du vieil Achab , une sorte de Nessy du ressentiment.

Tout ça pour ça c’est encore revenir à pointer la foutaise du libre arbitre qui s’écaille sur le mur lépreux du fatum.

Tout ça pour ça … et dire que j’y ai encore cru, après tout ça comme je suis bête !

« Tout ça pour ça » c’est comprendre instantanément que les efforts sont vains et s’y accrocher toutefois en oubliant qu’ils ne sont qu’hypothèse dans le cadre d’un but qu’en amont on se sera fixé pour atteindre un autre but dans un jeu de piste.

Ce jeu de piste en art, en peinture est souvent un jeu de l’oie où l’on croit avancer de 2 cases pour reculer de 4 ensuite. Cela énerve au début de retomber sur le doute et la mésestime de soi mais il semble que ce soit néanmoins un parcours presque obligé à proportion de l’orgueil qui pousse vers la stratosphère la capsule de l’artiste. On prend un paquet de jets dans la gueule, ça nous déforme les joues et on croit être transformé en guimauve toute ossature ayant disparue, médusé on reste ainsi en suspens…. la ligne centrale convexe avant de revenir à sa position horizontale.

Tout ça pour ça c’est l’antichambre le purgatoire où l’on voit le vieil Anubis sortir sa balance afin d’opérer à la pesée des efforts et du talent. Du plomb et des plumes. On y restera de longs mois peut-être même des années tant que ce ne sera pas réglé dans une parfaite équanimité.

Tout ça pour une plume et rien de plus mais rien de moins non plus !

2 commentaires sur “Tout ça pour ça

Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :