Paix et confusion

Certains parlent de pain. Il ou elle a mangé son pain blanc et il ne reste plus désormais qu’à entamer le pain noir. Sous entendu que ce dernier serait moins bon, plus dur à avaler et à digérer. Encore une fois la coutume veut qu’on installe des catégories bien distinctes entre le bon et le mauvais, avec de temps à autre une nuance ou deux entre le potable, le passable pour « faire aller ».

Il en est de même avec les sentiments de paix et de confusion. On s’y installe souvent en inventant un rapport entre les deux et là aussi, on tente de « faire aller ».

C’est peut-être comme lorsque tu es sous la douche finalement, tu n’as pas fait attention et tu te brûles ou tu te gèles et le mitigeur est alors là pour tempérer les choses. Certains aiment passer du brûlant au glacé ne serait ce que pour éprouver leurs limites au contact de ces deux extrêmes avant de se résoudre à mitiger leurs élans vers ceux-ci.

D’expérience la paix et la confusion sont étroitement liées. On ne savoure jamais autant un état paisible qu’après être passé par la tourmente. Et au plus profond de la débine on peut se souvenir qu’on a un jour connu la paix.

L’idée séduisante de se caler dans un entre deux rassurant élimine d’emblée la saveur que le paradis autant que l’enfer peuvent produire. Au bout du compte cette sorte de tempérance ne mène qu’à une antichambre aussi ennuyeuse que la salle d’attente de l’ANPE, l’agence nationale pour l’emploi. Un purgatoire dans lequel on tourne en rond refusant la peur imaginaire qui pourrait nous tomber dessus à sa périphérie.

Cela arrive peu à peu avec le temps. On ne s’en aperçoit pas tout de suite. Et finalement on se retrouve à vivre bon an mal an une vie tiède.

Seule finalement la peur reste tapie dans l’ombre, ce monstre fantasmagorique qui nous barre la route parce que tout bonnement on n’a pas envie de l’emprunter ne serait ce que « pour voir »…

Il y a des degrés dans la paix comme dans la confusion. De la quiétude à la sérénité comme du doute à la certitude branlante jusqu’à la fausseté. Et d’ailleurs y a t’il une seule certitude certaine qui nous permettrait d’y asseoir comme sur un trône la paix ? De mon coté j’ai eu beau chercher, j’avoue que je n’en ai trouvé aucune.

Illustration Jason Pollock

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