Dans l’ennui rien ne change jamais.

L’ennui serait un malentendu, une surdité, un handicap trop vite surmonté qui ferait d’un adversaire un ami. A priori une lâcheté directement liée à la notion de velléité.Une somme considérable d’intentions dont aucune ne parvient jamais à la décision. Un paquet de pétards mouillés.

Et l’on se répète alors comme un mantra que rien ne change jamais. Et on tient ainsi une journée, un mois, une année, puis des lustres. Cela n’a aucune importance puisque le temps est rayé des cartes de l’ennui. Il en résulte une errance et une solitude magistrales, une singularité. Un accident qui se prolonge d’une éternité à l’autre dans le cycle des morts et renaissances.

C’est sans doute que l’ennui est en lien étroit avec le souvenir de l’absolu, de l’éternité, de l’immédiateté du monde appréhendé dans une dimension de l’espace temps où tout se déroule de façon simultanée. Sans médiation, sans attente, sans matière. Au niveau quantique de l’être.

Rien ne change jamais c’est l’embourbement de la matière, crée comme frein et comme levier tout en même temps pour revisiter l’âme du monde. Cette âme du monde qui dans sa solitude essentielle a décidé la séparation. Nul ne sait si c’est par amour ou par désespoir, par désir de partage ou de toute puissance.

Ainsi tu peux imaginer être ce voyageur qui débarque dans une région inconnue à qui on aurait alloué tout ce qu’il faut pour survivre ici et qui le considérerait avec dédain n’étant pas encore apte à accéder à l’indifférence.

Indifférence considérée comme une issue au phénomène de la grande roue des transformations.

J’avais une vingtaine d’années quand j’ai aperçu la possibilité d’une fuite dans le détachement confondu vite fait avec l’indifférence. Mais cela n’a rien à voir du tout comme l’ignorance n’a rien à voir avec le silence.

Il m’aura fallu toute une vie pour corriger cette erreur d’appréciation.

Pour autant je retrouve l’ennui fréquemment, en creux entre deux paraboles qu’effectuent l’engouement et le dégoût comme une sorte de vieux copain qui me demande à chaque fois où j’en suis.

Nulle part mon ami, nulle part…. Et c’est souvent le matin de très bonne heure juste avant les premiers chants d’oiseau. Ensuite le jour se lève avec l’agitation générale et l’oubli regagne ses territoires.

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