Le jugement et la condamnation

L’être humain, c’est une évidence ne peut se passer de juger. Il juge son prochain et se juge soi-même sans relâche. Que ce soit en bien ou en mal peu importe. Il faut donc considérer que c’est un de ses attributs au même titre que l’est sa parole, le fait de se tenir debout ainsi que sa difficulté chronique à développer une pensée personnelle.

Juger est une occupation qui occupe une bonne partie de nos pensées et de nos dires. Cependant une confusion semble s’opérer entre juger et condamner.

Il est possible de juger, de prendre conscience de ce jugement et pour autant ne pas le confondre avec un verdict, une condamnation celle ci n’étant toujours qu’une conséquence.

Nous ne pouvons échapper à l’idée de séparation comme à la dualité. C’est pourquoi tout au fond de chacun de nous les idées de bien et de mal ne cessent de se disputer la primeur de notre humeur.

Vouloir s’extraire de cette dualité est une erreur qui provoque cette confusion entre jugement et condamnation.

Nous voudrions être bons, être meilleurs au dépens d’un mauvais et d’un pire, les rejetant, les condamnant.

Or notre unicité repose sur l’équilibre de ce que nous nommons « bon » et « mauvais ». On ne peut en supprimer un sans nuire à l’autre.

C’est pour cette raison que tout le courant New Age, ainsi que la PNL, le développement personnel et aussi un mysticisme de pacotille ne cessent de m’agacer. Ils font partie de cet amas d’informations et de mots d’ordre qui produisent ou sont directement issus de cette fameuse pensée unique qui s’étend désormais à toute la planète.

Le fait de se dire qu’il faut s’améliorer, de se sentir mauvais ou sale sous la pression de poncifs d’origine judéo-chrétienne distillés par ces nouvelles formes du dogme est une ineptie encore pondue par le culte du profit.

Si je suis bon je gagne le paradis, si je suis mauvais l’enfer.

Ainsi on prend conscience, on juge et condamne tout en même temps dans une simultanéité dont il est rare qu’on s’interroge sur son bien fondé.

Entre juger et condamner il existe un intervalle, un temps, un silence qu’il serait bon de laisser se déployer comme entre deux notes de musique au lieu de vivre ainsi dans une perpétuelle cacophonie de nous-mêmes.

Il suffit de lire les journaux ou bien d’allumer la télévision pour comprendre à quel point la rapidité entre juger et condamner est proche de la vitesse de la lumière.

La question que je me pose alors est de savoir si tout cela provient d’une une volonté politique, financière, puisque désormais la finance et la politique ne font qu’un comme le pouvoir et l’avidité enfantent le profit.

Ceci est un jugement évidemment, un jugement personnel. Cependant quel serait le contraire, l’opposé de ce mécanisme ? Que penser d’un altruisme permanent un amour perpétuel des uns envers les autres ? Je me demande si ce ne serait pas encore plus invivable. En tous cas pour moi surement.

Car on donnerait encore des mots d’ordre, une orientation de pensée à l’altruisme et à l’amour. Et les enfermant dans des mots, des définitions on les trahirait de toute évidence.

C’est en explorant les deux cotés, « le bon » comme « le mauvais » ces mots posés par le collectif sur la moindre de nos pensées, de nos actes, en les revisitant de même qu’en les jugeant soi-même que l’on peut en saisir une essence personnelle. La condamnation n’est pas une nécessité. Il n’y aurait rien à prouver à l’autre dans ce cas là.

C’est en pénétrant dans ce genre d’égoïsme que l’on peut vraiment agir cependant pour le groupe tout entier.

Ces derniers jours je me suis acharné sur un grand format en vain. Je me suis jugé et j’allais me condamner de tout un tas de mots à l’aulne de je ne sais quoi quand j’ai décidé de faire une pause.

J’ai pris un format plus modeste et en attendant je me suis mis à peindre un visage sans vraiment y penser comme on gribouille sur un bout de papier quand la conversation téléphonique s’embourbe.

Et depuis tous les élèves qui passent à l’atelier voient ces deux images. Une grande toile en jachère qui ne cessent de se modifier au cours des semaines et ces irruptions de petits formats qui visiblement les enchantent.

Toute l’histoire de ma vie est là que ce soit en peinture et dans le reste entre un acharnement vain et une spontanéité souvent géniale. Vais je me condamner pour autant ?

5 commentaires sur “Le jugement et la condamnation

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