Fiction et réalité

La frontière entre la fiction et la réalité peut devenir floue. Ne l’est t’elle pas toujours intrinsèquement ? Peut-être est ce notre rapport à ce que nous nommons fiction et réalité que nous pourrions questionner ? Encore une fois un rapport plus ou moins condensé dans une relation binaire au vrai et au faux.

La science qui ne souffrait guère d’un à peu près entre 1 et 0 est désormais conduite à mettre de l’eau dans son vin. Dans l’univers de la mécanique quantique bien des événements ne peuvent ils pas être tout à la fois « vrai » et « faux » en même temps annulant ainsi ces points de repère antédiluviens.

L’observateur fait partie intégralement de l’expérience et, selon qu’il regarde ou ne regarde pas une particule, celle ci peut être fixe ou mobile, onde ou d’apparence solide.

Si le chat de Schrödinger peut être « en même temps » mort et vivant avant qu’un expérimentateur n’ouvre la cage de verre et ne décide de vouloir en avoir le cœur net, la curiosité de ce dernier se confondrait avec la notion de verdict.

C’est la curiosité qui crée le monde qui nous entoure. Est ce que pour autant ne pas être curieux entrainerait sa perte, sa dissipation ? Pourquoi pas …

Il y a eut des pilotes japonais qui sont restés sur le qui vive dans des iles isolées du pacifique et qui croyaient encore aux combats bien après la fin de la dernière guerre mondiale . Ils vivaient dans une réalité qui n’était plus qu’une fiction pour nous.

Allons encore plus loin. Si nous prenons comme postulat que nous sommes tous à la fois différents et uniques, il y a bel et bien autant de réalités que d’êtres vivants sur cette planète. Ce qui crée alors une réalité collective est ce que l’on appelle un égrégore, c’est à dire une concentration de pensées de même nature envers un objet, une idée, un paradigme.

Que nous soyons tous d’accord pour dire c’est de l’eau, de la terre, du feu ou de l’air est déjà troublant au plus haut point si nous revenons dans l’univers des vibrations et des fréquences.

Qu’un objet soit appelé table ou chaise et que nous comprenions toi et moi de quoi il s’agit, ne serait ce que toi et moi est déjà de la nature d’un miracle. Le langage est un miracle dont nous nous servons tous les jours pour créer une réalité collective. On pourrait tout aussi bien l’appeler un jeu avec ses règles, ses gagnants et ses perdants au même titre que n’importe quel jeu.

Mais dans un tel cadre que veut dire alors perdre ou gagner ?

La preuve est alors inventée à cet escient.

Sans la preuve nous ne saurions jamais qui gagne ou perd. Sans la preuve pas de réalité non plus.

Possible que la science soit le meilleur outil jamais inventé par l’homme afin de placer la preuve sur un piédestal.

Durant des millénaires, alors que nous vivions dans des croyances, une pensée magique la notion de preuve était empirique, fluctuante, sujette à interprétation, le vrai et le faux recélaient une ambiguïté de principe, le sorcier ou le magicien, le shaman comme le prêtre bénéficiaient du doute et s’en arrangeait à sa guise.

Sans doute parce que la relation de l’homme au monde était plus complexe qu’elle ne l’est désormais. Malgré les apparences notre relation moderne soit disant à la matière même du monde est devenue enfantine, sans nuance, binaire.

L’importance des scandales de tout acabit que l’on voit fleurir dans les médias alliés à un puritanisme tout droit issu du Moyen Age, l’importance que l’on accorde à la notion de mensonge crée une religion morale ou une morale religieuse qu’on le veuille ou non.

Oserais je penser et dire que nous sommes envahis désormais en occident comme ailleurs dans le monde par les turpitudes directement issues des évangélistes d’outre atlantique ?

Ca ne leur suffisait plus de nous emmerder avec leurs fast food, leur coca cola et leur « rêve américain », ils l’exportent à tour de bras depuis des décennies et nous ouvrons grand la bouche pour recevoir cette nouvelle hostie empoisonnée.

Le profit a su instiguer les valeurs qui le servent à toute la planète, c’est une colonisation de l’esprit où il y a là aussi quantité de morts et d’horreurs que nous ne regardons pas hypnotisés par le flux incessant des nouvelles trouvailles qui ne sont trouvées que pour nous « distraire » d’une réalité peu reluisante.

« Du pain et des jeux » disait César et rien n’a véritablement changé depuis.

Entre le supermarché et la télévision nous nous trainons en nous accrochant à des notions de vrai et de faux qui ne nous appartiennent pas, qui ne nous appartiennent plus.

De là à penser que ce virus tombe à pic pour mettre un joli bordel dans notre réalité collective et nous entrainer à la revoir, à la remodeler il n’y a qu’un pas à franchir facilement.

Tellement facilement que les solutions possibles pour fabriquer cette nouvelle réalité pourraient bien nous faire froid dans le dos.

Si les ressources se tarissent, si l’économie s’effondre totalement qui donc va l’emporter ?

La sauvagerie ou l’intelligence ? Les idées survivalistes ou bien la solidarité ? là aussi la frontière devient assez floue entre l’égoïsme et l’altruisme car le vrai et le faux peu à peu semblent se matérialiser dans ces deux mots pour créer l’avenir.

On verra poindre des nostalgies familières ce recours inéluctable lorsque la notion de choix et de renoncement surgit.

J’en suis déjà victime depuis un bon moment en ce qui me concerne ce qui me permet de revisiter certaines périodes de l’histoire et de retrouver des êtres dont je comprends de plus en plus la philosophie, le courage, et l’humour surtout.

Ainsi je me crée moi aussi ma petite réalité grâce à la fiction, à ma table presque chaque jour se côtoient Rabelais, Tchouang Tseu, Grock, Apollonius de Thiane, Georges Bataille, et tant d’autres encore que j’ai bien été obligé de transformer ma cuisine en salle à manger de château, ce qui pour l’imagination n’est rien du tout.

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :