L’un et le tout

Imaginez que vous tombiez soudain sur un livre, une personne, une simple phrase qui remette totalement en question le fondement de qui vous croyez être. On se croit flamme on n’est que mèche_ disait dans une de ses chansons Jacques Brel par exemple. Imaginez que d’un seul coup votre monde s’effondre totalement, que vous perdiez vos repères, que vous ne sachiez même plus où se trouve le Nord.

Oh il faut bien que cela vous arrive au moins une fois ou deux dans votre vie n’est ce pas. Se sentir perdu. Se sentir seul à en crever d’abord de chagrin. Passer par le chagrin pour parvenir à une étrange paix. Pas encore la joie.

Imaginez alors à quoi vous seriez tenté de vous raccrocher pour ne pas couler à pic trop vite. A l’alcool ? Aux femmes ? A la religion ? A la spiritualité ? Aux jeux de hasard ? Les possibilités de freinage ne manquent jamais.

Et pourtant vous parviendrez au fond ne serait ce que par curiosité vous savez. Y a t’il un fond ? C’est l’éternelle question que l’on ne cesse de se poser. Y a t’il un sens ? Y a t’il une issue ? Y a t’il un fond ?

Si vous désirez recueillir des avis, des remèdes, des astuces il y a de nombreux forums et tutoriels sur internet sur comment effectuer un deuil. Que ce soit le deuil d’un proche ou le votre c’est toujours à peu près la même recette de cuisine qui vous sera servie.

Et évidemment tous les chantres du développement personnel ne tariront pas de louanges sur le fait que quelque chose de « spécial » vous est enfin arrivé, que c’est une excellente chose malgré les apparences que vous devriez considérer comme un cadeau du ciel.

Cela m’a toujours gêné que l’on se rue sur moi lorsque les signes du chagrin sourdaient malgré les efforts que je faisais pour ne pas les montrer. Je ne partage pas facilement mes véritables chagrins. Les autres oui, très facilement, les superficiels comme l’arrivée de la feuille d’impôts, ou encore un licenciement, un divorce, ou bien un cambriolage… ces évènements qui nous font exister en tant que victime du sort dans le cercle social.

Cependant le vrai chagrin est ailleurs.

Il est existentiel. C’est le chagrin de James Bond dépêché par la Reine pour sauver le monde qui a totalement oublié sa mission. Une sorte d’Alzheimer qui se serait abattu un beau jour sur les véritables raisons pour lesquelles on est là, seul absolument, même entouré d’une foule de connaissances et de quelques rares amis.

C’est ainsi seulement que l’on peut estimer une distance entre l’un et le tout. Ce tout dont on a pu penser parfois qu’on en faisait partie.

Alors il n’est pas rare de sombrer dans l’imaginaire et de s’accrocher à quelques bribes d’idées flottant dans l’air du temps.

L’absolu, Dieu, L’intelligence de l’univers, la loi de l’attraction, la pensée positive…

Autant de placébo qui nous permettent un temps de supporter l’insupportable.

Mais s’interroge t’on vraiment sur ce que l’on pense, pourquoi on le pense , d’où cela provient ?

Tout ce courant New Age n’a véritablement pas grand chose de nouveau au 21 ème siècle. C’est par ignorance qu’on le croit nouveau seulement.

Car qui vraiment se souvient des Philalètes de l’école philosophique d’Alexandrie au 3ème siècle de notre ère, terme qui sera par la suite récupéré au XVIII -ème par le marquis Charles-Pierre-Paul Savalette de Langes pour nommer un rite Franc maçon. Qui se souvient encore de Ammonios Saccas et de ses disciples que l’on appelait les analogistes car il avaient coutume d’interpréter les mythes, les légendes et les contes selon une logique d’analogies et de correspondances ? Analogies qui à terme faisait surgir l’extase de façon impromptue, la grâce si l’on veut. Pour l’un des plus réputés Porphyre  » le theosophos est « un être idéal unissant en lui-même la qualité d’un philosophe, d’un artiste et d’un prêtre du plus haut niveau »

Rien de nouveau sous le soleil… Porphyre aujourd’hui aurait des milliers d’abonnés sur sa chaine Youtube. Tout comme un grand nombre d’acteurs anciens qui se seront emparé de ces prémisses théosophique pour fonder la fameuse « société théosophique ». Je n’ose même pas imaginer la puissance numérique d’une Blavatsky ou d’un Rudolf Steiner désormais ? Ni l’interprétation ou plutôt la somme d’interprétations erronées que l’on ferait de leur contenu. Car il fut un temps où la société de Thulée où grenouillaient les fondateurs du national socialisme allemand s’imprégnaient à s’en faire péter le gosier des conclusions du naufrage apocalyptique déjà de l’Atlantide et de la survivance de la race Aryenne.

C’est comme en tous les domaines il y a ceux qui pensent, qui réfléchissent par eux-mêmes et puis il y a tous les suiveurs qui viennent glaner ce qui les arrangent pour se conforter autour d’une identité économique politique ou éthique souvent sans queue ni tête.

Il me semble que les germes d’une nouvelle connerie magistrale ne sont pas loin d’être en place, bien arrosés déjà par un bon nombre de poncifs New age ou théosophique sous perfusion.

Peut-être que c’est tout ce que l’on a inventé de mieux pour faire face à la sauvagerie qui ne manque jamais de ressurgir quand les systèmes économiques et politiques s’effondrent justement. La fameuse barbarie se tient toujours aux portes de la cité, de Rome.

Mais est-elle si sauvage ? si néfaste et si hostile finalement cette sauvagerie ? Si un et tout ne sont qu’une seule et même chose alors le barbare n’est-il pas le pendant de celui qui s’impose en tant que citoyen civilisé ?

Dis moi quelle est ta civilisation je te dirai quel est ton barbare. Ce qui est assez drôle c’est d’écouter parler certains écologistes, ou féministes et ensuite un véritable sauvage islamiste… je ne les trouve pas si éloignés que ça dans leurs propos et la véhémence avec laquelle il les rapportent … mais d’où donc les rapportent t’ils leurs propos … de la nuit des temps à coup sur et ils l’ignorent.

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