La trivialité

Un peu comme un crabe qui marche de traviole. Sa carapace lourde, encombrante. Mais une fois la bestiole ébouillantée, une fois armé d’un casse noisette pour lui briser les pinces, quelle saveur !

J’ai toujours été fasciné par la trivialité. Par le dégout premier qu’elle faisait naitre comme une ébauche d’un chef d’œuvre à venir. Aussi n’ai je cessé durant ma vie de la fréquenter au plus proche, de la caresser même, longs préliminaires, jusqu’à la pénétrer. Ni plus ni moins.

Je suis issu d’une race barbare qui a besoin de croire qu’il faut boire le sang de ses ennemis pour s’accaparer leur pouvoir.

Mais lorsque les guerres s’achèvent, lorsque s’étend le désœuvrement, j’ai parfois des renvois. Des flatulences que j’expulse par des pets sonores ou par des textes souvent confus.

C’est que finalement la trivialité se sera emparé de moi par surprise à force de la fréquenter de l’étudier. De ne pas vouloir la repousser au delà de je ne sais quelle frontière comme une effrayante migrante.

La trivialité me fait marcher en crabe, nager en poisson entre deux eaux. Et finalement j’aime assez son impact sur ma mobilité. ça me change de la ligne droite et chiante.

La seule différence c’est sans doute que j’en suis conscient. Que j’en joue énormément. Pour voir.

Pour voir quoi ? je me le demande sans avoir vraiment besoin de réponse. Je me le demande comme la fameuse question qui se confond en torture pour faire parler les suspects.

Mais je ne dis rien. Tout reste scellé.

Un jour probablement je finirai ébouillanté, les pattes et les pinces brisées par un casse noisette ou une casse couille.

Ce n’est pas bien grave, je m’y entraine depuis le début. Je suis au bord d’être fin prêt.

Un peu comme Jésus sur sa croix qui attend le coup de grâce du légionnaire Romain tout en le bénissant malgré ses doutes.

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