L’âme slave

Dans les veines dansent encore le souvenir de la marmotte écoutant les grands vents qui déchirent le silence.

La lisière noire des forêts ponctuée ça et là d’un battement de cil, un œil jaune de louve

surveillant la nuit.

La peur et le désir, globules rouges et blancs

Des luttes fratricides.

L’élan blanc affolé le soubresaut des carpes dérangées par le bruit des sabots

sur la glace des batailles. Ekaterinodar.

Et bien sur Ici dans l’aorte la voix plaintive de Baba Yaga chante un petit air mielleux

pour attirer les garnements.

Le sang rejoint les steppes, survole en jaillissant, se déployant comme un vol de migrateurs la pauvre isba. Une pointe de flèche passe au dessus de mes aïeux qui rentrent la tête dans leurs épaules en rêvant de renouveau.

Du rouge et du blanc.

Tes lèvres rouges sur la neige blanche, éternel Noël sans père Noël.

Seulement un grand père Gel

quelque part enfoui. Une part de son cœur et de son âme enfouis là auprès de ses camarades.

On pouvait encore dire camarade même vêtu de blanc alors.

Dans les veines et aussi dans la déveine souvent tout est là. Cette nostalgie, la fille avenante qui vient s’asseoir sur les genoux de l’homme qui boit pour oublier le temps présent.

Dans la déveine pas très catholique car méprisant l’entrelacs. Plutôt orthodoxe.

Ici on rit et on pleure fort comme le vent, la pluie. C’est permis.

On s’embrasse et on se tue comme on joue à saute mouton.

Quelle importance vraiment ?

Pour la chanson m’a dit le vieux au fond.

Pour la chanson, ne l’entends tu pas ?

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